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Interviews :: Interview de Zuul FX

Interview de Zuul FX


A l’occasion de la sortie de « The Torture Never Stops » prévu pour le 28 février, je pars à la rencontre de Steeve Petit, alias Zuul, le fondateur et leadeur de Zuul FX. L’entrevue est prévu près de l’Elysée Montmartre dans un café où l’ami Steeve entre avec beaucoup d’enthousiasme et la bonne humeur qu’on lui connait.


Metalship : Qu’est-ce qui a conduit au départ d’Aurélien ?

Aurélien a pris un autre chemin, il avait d’autres priorités dans la musique, il avait d’autres projets. Et mieux payés que du metal.


Metalship : Peux-tu nous présenter Clément ?

Clément est le batteur qui joue officiellement avec le groupe T.A.N.K. Il nous a justement été présenté par Aurélien il y a un peu plus d’un an. On avait un concert qu’on ne pouvait pas rater, on avait donc besoin d’un batteur à ce moment-là, car on avait des contrats. On ne pouvait donc pas faire n’importe quoi. On a essayé d’opérer avec un autre batteur et Clément est arrivé, il a assuré l’intérim sur d’autres concerts. Ça a été un peu la révélation parce que Clément a pour moi tout ce qu’il faut chez un batteur metal. Après c’est de la subtilité, Aurélien est un excellent batteur et ça je ne le renie pas, mais je trouve que Clément a un côté plus metal que lui. Personnellement, ça me correspondait plutôt pas mal, et j’étais même assez surpris des plans que Clément faisait sur nos propres morceaux. Il y avait une vraie interaction entre nous en live, un autre feeling, c’est un truc important pour moi. Avant de faire du metal, je faisais beaucoup plus de jam avec du monde, je suis assez sensible à ce genre de chose.
Donc…
Tu vois, je parle beaucoup ?! (Rires)


Metalship : Oui, mais c’est bien, ça fait de grosses réponses. Comment ça se passe avec votre label, XIII Bis Records ?

A vrai dire, ça se passe super bien. J’étais un peu perplexe au départ, tu vois, tu changes de label et c’est vraiment flippant de refiler le boulot à quelqu’un d’autre. Sachant qu’on avait sorti le DVD (cf : « Live in the House ») par le biais de la prod de 8Machine, notre prod, et Snake. On a surtout bien vendu le DVD, on en a vendu 1200, ce qui est plutôt pas mal. Même plus que bien, tous les labels pensaient qu’on en vendrait 200-300, ça fait une différence, et on a gagné de l’argent avec ça. Pour le nouvel album, on se demandait si on devait le faire nous-mêmes, ou passe par un label, sachant que quand tu passes par un label, il y a la promo qui suit derrière. C’est surtout une épine en moins et en même temps, il y a la qualité du travail que fait XIII Bis qu’on ressent maintenant. On a plus de propositions qu’avant. On bénéficie de la distribution de Warner, ce qui est un très bien pour un jeune groupe comme nous…


Metalship : Comment te sens-tu avant la sortie de l’opus ?

Je me sens un peu comme quand je vais chez Sympa … (rires) On ne peut pas dire que je sois dans une période simple de ma vie en ce moment, j’ai envie de dire que … deux ans de travail sur cet album. Rien que sur la réflexion, tu te dis « putain, ça y est, il va sortir ce truc ! ». Et surtout, on va commencer à jouer de nouveaux morceaux, donc oui, hâte ! Hâte qu’on soit sur la route.


Metalship : Est-ce que tu pourrais me décrire le nouvel album, « The Torture Never Stops » ?


On va dire, entre guillemets, qu’il y a une différence technique, musicale. Il s’agit en plus d’un concept album, une sorte de métaphore d’une société zombifiée. Musicalement, on s’est basé sur la technique. Les parties de guitares sont davantage chiadées, Karim fait des solos qui sont d’un niveau impressionnant. Enfin pour moi, c’est très beau. La basse-batterie est d’un niveau assez soutenu. Clément nous a apporté beaucoup d’éléments…. Batteristiquement parlant. C’est un peu plus technique qu’avant, et ça a été un plaisir d’approfondir la musique. On a toujours fait les albums en studio, on arrivait avec des compos et des riffs. On composait et on enregistrait, on a toujours travaillé comme ça. C’est la première fois qu’on fait de la vraie prod’, qu’on s’est posé pour écouter ce qu’on a fait.


Metalship : Quels retours avez-vous reçu à propos de cet opus ?

On a eu de très bons retours. Quand le label a eu reçu l’album, tout le monde l’a trouvé très bien, tout comme certains médias. Bon, des gens nous ont un peu détractés, mais dans l’ensemble, c’est vraiment satisfaisant.


Metalship : Comment s’est passé la composition ?

Karim et moi, on s’est mis à composer à deux, on a fait toute les prémaquettes. Avant de commencer à écrire, l’idée était que l’on ne soit que deux à le faire, puisqu’au niveau du timing, tout le monde n’était pas dispo pour ça. « Live Free Or Die », était davantage compromis qu’un album qu’on aurait pu concevoir à deux personnes. Comme on l’avait composé à plusieurs, je suis un peu déçu de ce système et, pour moi, ce n’est pas une très bonne idée de travailler à plusieurs alors qu’on avait commencé à deux. Ça fait beaucoup de paramètres et avec le recul, je reconnais les fautes que l’on a faites. Si c’était à refaire, je le ferais clairement différemment. A deux, ça a plus d’impact, alors que quand on a trop de monde, ça part vite dans tous les sens. Cette fois, on a envoyé les plans aux autres, ils ont apporté leur patte, leurs styles. Ça ne pose pas de problème aux deux autres. Pour Shag, tant que les morceaux déboitent, tout va bien. Et c’est la même chose pour Clément, qui a ensuite posé sa patte sur nos compositions.


Metalship : On ressent encore quelques influences ici et là, comme Devildriver ou Rob Zombie avec « Bipolar Confusion », mais beaucoup moins que dans vos albums précédents. Est-ce que vous avez eu cette envie d’aller plus loin ?

Effectivement, en tant que musiciens, nous voulions aller plus loin, faire quelque chose de plus personnel en gardant l’imagerie du groupe. Par exemple, le premier album a été conçu comme ça. A vrai dire, il y a quelque part un retour sur ce premier opus, et en même temps une évolution. Je pense que ça va nous emmener loin, quand je vois le travail du management, c’est énorme. Avant de venir, il expliquait qu’il y avait des bons retours sur le booking, à l’étranger, en festival. Apparemment l’album a un très bon impact. On est sur la bonne voie, et même sur la bonne voie. Franchement, je croise les doigts, mais il y a des de très bonnes choses qui vont surement se faire, qui sont à deux doigts d’être signées.


Metalship : Peux-tu nous parler des paroles de ce nouvel album ?

Par rapport au concept, c’est vraiment une métaphore sur la société. Je les ai écrites comme un synopsis de film. Ça démarre sur l’histoire d’un type qui perd la personne qu’il aime…. Ca a l’air très bateau comme ça… Et ce type, il a tout le ressenti, que ce soit la haine, le manque, l’amour, tout ce qui va avec. Les textes déclinent de ça, au moment où il perd la personne, qui lui reste dix jours à vivre. Ce passage là c’est « the Maze », il y a « Beat the Crap Out » c’est le moment où il reprend confiance en lui et apprend que si la personne est morte, ce n’est pas pour rien, c’est parce qu’une personne l’a tuée. Petit à petit, il zone, devient finalement une sorte de mort vivant. Il devient schizophrène. Lui-même ne sait pas à la fin s’il est devenu un zombie, ça se base sur des flashs. Je l’écris vraiment comme un synopsis, puisque j’aimerais vraiment réaliser cet album en film. C’est d’ailleurs en projet.


Metalship : Qui a confectionné la pochette de l’album ?

C’est moi. J’ai établi ce visuel il y a quatre ans, avec l’image des monstres. J’avais déjà créée la pochette vu que je faisais tout en même temps, mais finalement, comme l’album est parti dans un autre délire, ça n’avait plus lieu d’être. Dans mon état d’esprit, j’étais déjà parti pour écrire un truc comme ça à la suite du premier album, mais on est finalement parti sur autre chose. Evidemment, le timing, la prod’, la tune, tout se découle. Personnellement, je trouve qu’on était un peu en otage, on était en studio, il fallait que les trucs se fassent. La pochette, je l’ai ressortie il y a quelque mois, quand on travaillait sur le thème. On avait des compositions, mais on n’avait pas le fil rouge de tout l’album, sachant qu’on ne savait pas si on ferait un concept album ou non. Résultat des courses, ça en est devenu un. J’ai soumis l’histoire aux autres… comme un mec qui fait de la soumission. (Rires). Je trouvais que l’idée tombait très bien, sachant que je trouve que c’est un visu qui reste assez en dehors des thèmes des zombies. Je ne voulais pas un monstre avec des grandes dents, super maléfique. Plutôt une sorte de type qui est resté un an dans la flotte, tout gonflé, tout bizarre. Je trouvais ça sympa.


Metalship : Avec qui étiez-vous entouré ?

On était entouré de nous-mêmes, on s’est vraiment enfermé et on a tout produit nous-mêmes, c’était plus simple comme ça. Tout le monde a fait ses prises, on a pris le meilleur de ce qu’on pouvait avoir en terme de son. Suivant nos moyens aussi ! Et après, on a travaillé dessus, c’était aussi simple que ça. Les batteries ont été enregistrées dans notre local de répétition. Beaucoup de gens trouvent que c’est synthétique à mort, mais c’est un peu l’idée justement. Le problème du deuxième album était que la batterie était moins produite. J’aime quand c’est froid, quand ça claque.


Metalship : La machine donc ?

La machine, complètement. Fear Factory ou ce genre de groupes, c’est typiquement le genre de trucs que j’aime. C’est synthétique, j’aime quand c’est un peu chimique. Sans que ce soit inhumain. Par exemple dans Fear Fact’, des fois, tu te demandes comment c’est fait.
Sais-tu quels morceaux seront joués lors des concerts ?
Justement, c’est la grande question du moment. On n’est pas tous d’accord, ça se joue à un ou deux morceaux prêts. On jouera certainement « The Maze », « Beat the Crap Out », « The Torture Never Stops ». Après c’est encore la grosse question. Pour « Bipolar Confusion », je ne sais pas, Clément ne l’aime pas plus que ça. On va essayer de lui mettre des bâtons dans les roues.


Metalship : C’est toi le patron !

Ouais, exactement ! (Rires) En ce moment, on est en train de revoir la set list. Maintenant, on a trois albums, on se contentera pas de faire dix à douze morceaux par live, on va jouer plus longtemps, jusqu’à 18 titre, soit le double de ce qu’on joue d’habitude. Quand on fait beaucoup de concerts, c’est beaucoup plus puissant.


Metalship : D’ailleurs, vous jouerez le 4 mars prochain au Nouveau Casino de Paris. Quelque chose de prévu pour cet évènement ?

On va faire un boum je pense, non ? (rires) Sérieusement, des choses commencent à se mettre en place. Actuellement, on est en train de voir pour organiser une résidence pour travailler les morceaux. Même des autres dates, vu que c’est ce qui va en découler pour notre future tournée. On met tout ça en place, c’est encore en travail. On essaie de faire tout en temps et en heure, mais ce n’est franchement pas évident.


Metalship : Tu sais avec qui vous allez jouer ?

Pour l’instant, y a pas de groupes avec nous. En première partie j’imagine. On va faire le Betizfest avec Madball et le Durbuy. On va aller aussi en Suisse, à Lausanne. On est en tête d’affiche d’un festoch’ étudiant qui ramène en général 4000 personnes. Ca va être ambiance festival en campus, ça va être génial.


Metalship : Avec quel groupe rêveriez-vous de jouer ?

J’aimerais bien avec Slipknot. J’aime bien le groupe, j’aime bien leur attitude. Je les connais un peu et ça me ferait plaisir de partager l’affiche avec eux. Pareil avec Machine Head.


Metalship : Quels sont tes meilleurs souvenirs de tournée ?

Avec les Pro-Pain, c’était vraiment un truc incroyable. Je ne sais pas comment t’expliquer. C’était fiesta sur fiesta, on a même fait une deuxième tournée. La première s’est super bien passée. Ils nous ont demandé de revenir parce qu’ils ont kiffé. En fait, dans la vie, les Pro-pain et nous, on n’est pas très éloigné. On est un peu les même gens, on va en club, on fait des trucs à côté, pas spécialement que dans le metal. On sort et on se marre.


Metalship : A ton avis, qu’est ce qui manque au metal français pour percer aux Etats-Unis ?

Les médias français je pense, les webzines et tout ça. Certains poussent vraiment, et aident vraiment. La presse française metal, en revanche, n’aide pas du tout. Les maisons de disques ne gagnent pas d’argent, c’est aussi ce genre de chose qui fait défaut. Ils vont dire que c’est le problème de la notoriété, si les gens ont envie de vous écouter, on parlera de vous. Je pense que c’est un peu le chat qui se mord la queue. Nous, on fait beaucoup de boulot pour qu’on parle de nous, mais ce n’est pas toujours très efficace. Même quand on vend des disques… Chacun a son opinion par rapport à ça, j’aurai toujours les miennes, ils auront toujours les leurs. C’est un peu genre « t’as raison et moi je n’ai pas tort ».


Metalship : Quels sont les prochains projets de Zuul FX ?


Déjà, on va faire des dates, des tournées. Hormis cela, on a déjà préparé quelque compos. A mon avis, d’ici la fin de l’année prochaine, on va certainement enregistrer autre chose, histoire de bien faire chier les gens qui nous adorent !


Metalship : Et bien merci pour cette interview mon petit Steevy,

Je te laisse le mot de la fin !

Merci loulou et merci à Metalship.


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ajouté par Choko, le 9 février 2011 pour Metalship

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