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Interviews :: Interview de Lacrimosa

Interview de Lacrimosa


Même si un webzine comme Metalship commence à jouir d'une réputation flatteuse sur la toile, nous restons, nous qui travaillons par passion avant tout sous les ordres tyranniques de notre webmaster, des amateurs avant tout. Aussi, quand l'occasion nous est donné d'interviewer un groupe qui nous tient à coeur, c'est comme un rêve enfant qui se réalise. Ce ne fut pas facile, mais l'obtention de cette interview exclusive de Tilo Wolff, leader de Lacrimosa, pour évoquer avec lui ses vingt ans de carrière est un peu comme un aboutissement, un grand soulagement, surtout que l'homme s'est montré très sympathique, tout comme son équipe au sein de Hall Of Sermon, sa maison de disque. Nous allons donc faire un voyage dans le temps, en s'arrêtant sur certaines dates ou albums phares dans la carrière de ce groupe à la renommée internationale, étrangement ignoré en France. Allez comprendre...


Metalship : Hello Anne, Hello Tilo. Comment vous sentez-vous maintenant, 20 ans après les débuts de Lacrimosa ?

Tilo Wolff : Bien ! Merci beaucoup ! Je n'ai jamais pensé à la possibilité de faire de la musique durant tout ce temps et d'être accompagné par tous ces fans à travers le monde. Et encore, si nous décidons de nous arrêter demain, l'inspiration que le groupe laissera aux autres musiciens et formations dans le metal, le gothique ou le rock fera que Lacrimosa vivra encore longtemps. Et ça, ça ressemble à un miracle !


Metalship : Tilo, tu avais 18 ans quand tu as créé Lacrimosa et Hall Of Sermon. pourquoi as tu créé ton propre label ? Pour être certain d'être distribué ?

Non, je voulais être indépendant. Tu vois, il y a tellement de personnes dans les maisons de disques qui te disent ce que tu dois faire ou non. Et pour cette soi-disant scène indépendante, c'est exactement la même chose. Et je ne voulais pas que quelqu'un qui n'a jamais fait de concert ou composé la moindre chanson me dise ce que je dois faire. Aussi, j'ai créé ma propre maison de disque.


Metalship : Angst a été publié en 1991. Comment peux-tu décrire ton style et comment y es-tu venu ? Et pourquoi utilises-tu l'allemand quand l'anglais est plus couramment usité ?

J'utilise l'allemand, ma langue maternelle, sans penser "commercial" ou "plan marketing". J'ai toujours voulu transmettre mes émotions à travers ma musique et le meilleur moyen pour moi d'y parvenir est d'écrire dans la langue que je connais le mieux. Je n'ai jamais été tenté de copier d'autres groupes, d'autres styles. Pourquoi le ferai-je ? Cela existe déjà et il y a beaucoup de choses que j'écoute et que j'admire, mais pourquoi faire quelque chose à l'identique ? Je ne rentrerai jamais dans ce schéma, mais je peux faire, développer mon propre style et c'est ce que je fais. En revanche, je ne peux pas nommer ou définir un style particulier pour Lacrimosa tant il y a de connections avec différents genres musicaux.


Metalship : Avec Satura, on commence à déceler des influences plus metal. Qu'est-ce que tu apprécies dans ce style et pourquoi s'en servir pour Lacrimosa ?

J'ai toujours écouté du metal et du gothique. Cependant, le gothique est trop soft à mon goût et le metal pas assez émotionnel. Aussi, j'ai pensé à créer une musique émotionnelle et heavy.


Metalship : Sur Inferno, on trouve Copycat, une chanson très particulière pour Lacrimosa. Peux-tu nous en parler ? Pourquoi l'interpréter en anglais ?

Certaines expressions ne fonctionnent pas en allemand. Tu sais, la langue allemande est riche et fleurie - comme le français - mais elle peut être rugueuse. Et si parfois ça peut être très drôle d'entendre les gens chanter de cette façon, ça ne fonctionne pas forcément. Tu vois ce que je veux dire ? C'est pour ça que j'opte pour l'anglais quand la chanson l'exige et que les expressions sont disgracieuses en allemand.


Metalship : En 1999, tu délivres le magnifique Elodia. Peux-tu nous parler de cet album vraiment très fort émotionnellement ?

C'est certainement un album très spécial dans notre histoire ! Pas seulement parce que, à mon avis, les compositions sont particulières, mais aussi parce que ce disque aurait très bien pu signer l'arrêt de mort de Lacrimosa et de Hall Of Sermon. La production de Elodia a coûté vraiment très cher et à la fin, j'étais à court de moyens et j'ai vendu ce que j'avais pour pouvoir l'achever. Je n'avais plus rien, plus de maison, presque plus de quoi manger, j'étais fauché. Et si cet album avait été un flop, je ne sais vraiment pas ce que je serai devenu...


Metalship : Deux ans plus tard, tu proposais Fassade, encore assez particulier. Le thème de l'amour est toujours là, mais d'un point de vue différent, plus "social". Comment le considères-tu, neuf ans après ?

Oui, c'est un album exceptionnel parce qu'il est le seul Lacrimosa à traiter des problèmes sociaux de notre société. J'adore l'écouter encore aujourd'hui et je reste encore en phase avec chaque mot, chaque phrase que j'ai pu écrire et dire à cette époque et c'est un album assez dur. Je besoin de temps et d'être au calme pour l'écouter. C'est plus qu'un album.


Metalship : Tu joues avec orchestre et choeurs. Comment travailles-tu avec eux ?

Tout dépend de la production. Avant toute chose, j'écris toutes les orchestrations et on commence à répéter. En parallèle, j'enregistre les basiques, comme la batterie, la guitare, la basse et ensuite je contrôle le tout avec le chef d'orchestre. Aujourd'hui, je préfère enregistrer par sections, en commençant par les cordes, puis les instruments à vent et les cuivres. Et tout à la fin, nous enregistrons les choeurs.


Metalship : Le DVD et le double live Lichtjahre prouvent que Lacrimosa a une très bonne réputation dans de nombreux pays... Mais concernant la France ?

Je ne sais pas... Personnellement, je passe pas mal de temps en France, en vacances, surtout à Paris et j'ai déjà entendu des personnes me dire qu'ils n'aiment pas l'allemand et que du coup, ils n'écoutent pas Lacrimosa.


Metalship : Pouvons-nous espérer que Lacrimosa joue en France dans un futur proche ?

J'adorerai rejouer en France ! J'aimerai vraiment m'y produire à nouveau, parce que je me sens bien dans ce pays, mais malheureusement, nous n'avons pas d'invitations de la part des promoteurs pour organiser un concert... hélas.


Metalship : Schattenspiel n'est pas qu'un vulgaire best of. Peux-tu expliquer ce que tu voulais faire (et je l'ai attendue, cette version symphonique de Copycat !) ?

Haha ! Ja, je voulais proposer quelque chose de spécial pour ceux qui ont permis que tout cela soit possible, qui ont fait que nous ayons pu célébrer ce vingtième anniversaire. Tu vois, quand un groupe sort un best of, il n'en a rien à foutre de ses fans, parce que ses fans ont déjà tous les albums. Ce qu'il veut, c'est toucher des personnes qui ne le connaissent pas à travers une compilation de leurs morceaux les plus connus. Pour ma part, j'avais envie d'offrir quelque chose aux fans, pas à ceux qui n'en ont rien à faire de Lacrimosa. Aussi, nous avons fouillé dans nos archives pour en extraire des chansons que nous n'avions pas utilisé à l'époque pour diverses raisons et j'ai également composé deux titres spécialement pour cet anniversaire.


Metalship : As-tu des news concernant le futur album ?

Oui, j'ai de nombreuses idées et j'ai commencé à en enregistrer quelques unes et je peux me risquer à avancer que le prochain album sera une grosse surprise. Jusqu'à présent, chaque disque de Lacrimosa a été une petite révolution et là, ça en sera une grosse !


Metalship : On ne peut pas évoquer Lacrimosa sans parler de ses pochettes. Peux-tu nous présenter Stelio Diamantopoulos et nous expliquer comment vous travaillez en collaboration ?

Stelio est un artiste grec qui vit en Suisse., je l'ai rencontré à travers notre passion pour le surréalisme. Il avait déjà peint une pochette pour le groupe de metal Victory quelques années plus tôt et je lui avais demandé s'il pouvait transformer une idée que j'avais eu pour la pochette du premier album, qui était la foire de Noël pour Angst. Et il est revenu me voir avec cette magnifique toile et depuis, je décris ou je note toujours mes idées pour l'album à venir, ou j'essaye de retranscrire toutes les émotions que je souhaite exprimer à travers la musique et les paroles et il accompli la pochette à partir de cela.


Metalship : Cette interview se termine. Merci beaucoup pour ton temps et ta patience. Souhaites-tu rajouter quelque chose pour tes fans français ?

Oui, merci à tous pour votre patience, de votre attente pour notre venue en France. Je souhaite vraiment que Lacrimosa puisse jouer plus fréquemment en France. C'est étrange, nous tournons énormément en Asie ou en Amérique Latine, mais nous éprouvons de telles difficultés à jouer dans des pays frontaliers de la Suisse !
Merci à toi aussi, Frédéric, pour ta patience concernant l'attente de mes réponses qui arrivent un peu tard !!!!


Metalship : Mes remerciements vont à Jo, qui a corrigé ma traduction en me disant que je n'était pas une buse finalement.

A Tilo Wolff, bien sûr, pour tout ce qu'il a accompli avec Lacrimosa et Snakeskin et pour avoir répondu à peine une tournée terminée.

Et bien entendu Nadja Kissner, pour avoir fait que cette interview soit possible.


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ajouté par Elric des Dragons, le 24 août 2010 pour Metalship

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Commentaires


Voir les 2 commentaires précédents
Mais fais toi plaisir Nano......
jeu. 26 août 10- 23:22  
Oh oui oh oui!
ven. 27 août 10- 00:19  
ça serait vraiment bien oui !
lun. 30 août 10- 09:29  
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