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Interviews :: Interview de Helevorn

Interview de Helevorn


Toi là, qui lis ces lignes... Pas la peine de te retourner, c'est bien à toi que je parle!
Dis-moi, es-tu capable de me citer un groupe de Doom espagnol? Comment ça non?! Il est grand temps de corriger cette ignoble lacune...

Voici donc Helevorn, formation espagnole qui pratique un Doom Gothique très bien foutu. Vu que Metalship aime donner la parole aux acteurs de l'underground, c'est Josep (chant) en personne qui va te parler de Forthcoming Displeasures, son nouveau bébé qui mériterait entièrement sa place dans ta discothèque!


Metalship : Salut à toi Josep !
Pour débuter cette interview, peux-tu revenir aux débuts d’Helevorn et nous éclairer sur le véritable sens d’un tel patronyme ?

Josep : Salut à tous ! Alors nous avons formé Helevorn en 1999, avec l’idée de jouer une musique proche de Theatre of Tragedy, avec un chant féminin. C’est dans ce style très classique que nous avons réalisé Prelude, notre démo, en 2001. Deux années plus tard, nous avons pris la décision difficile de réorienter notre style, et c’est ainsi qu’est sorti Fragments en 2005, avec un son relativement éloigné de notre démo.
Nous avons choisi le nom d’Helevorn parce qu’un des membres du groupe est absolument fan de l’univers de Tolkien. Il a proposé ce nom, et nous l’avons adoré pour son côté sinistre mais surtout parce que ça sonne bien !


Metalship : Vous êtes donc de retour en 2010 avec un nouvel album, cinq années après Fragments. Pourquoi si longtemps, et justement, qu’avez-vous donc fait pendant ces cinq années ?

Après la sortie de Fragments, nous avons beaucoup joué en Espagne. Nous avons également accompagné Swallow the Sun en tournée. Ensuite, il a fallu se remettre à composer, ce qui nous a pris toute l’année 2008. Je me souviens que nous avons enregistré Forthcoming Displeasures en milieu d’année 2009, puis nous avons eu quelques problèmes de line-up. En définitive, les choses ont pris un peu plus de temps que prévu !


Metalship : Forthcoming Displeasures est sorti plus tôt cette année, via le label BadMoodMan. Quelles ont été les premiers retours ? Peux-tu nous parler de cette collaboration avec ce label russe ?

Toutes les critiques ont été impressionnantes, nous en sommes très heureux et satisfaits que notre travail porte ses fruits.
Notre collaboration avec BadMoodMan a débuté en 2009, après qu’ils aient écouté nos morceaux. Ils nous ont proposé un contrat pour cet album, et depuis, tout se passe pour le mieux. Ce sont des gens passionnés, et qui ne se compliquent pas la vie.


Metalship : Parlons un peu de votre nouveau bébé maintenant. En écoutant Forthcoming Displeasures, la première chose frappante est ce son puissant, lourd. J’imagine que tu es satisfait du travail de Jens Bogren…

Absolument ! Ce son était notre principal regret sur les sorties précédentes, c’est la raison pour laquelle nos avons contacté Jens et Johan pour produire l’opus. Nous souhaitions enregistrer un album doté d’un son à la hauteur, et ils ont fait ce qu’il fallait pour que ce soit le cas.
Les sessions d’enregistrements étaient très strictes et méthodiques, il fallait être à 100% sur chaque partie, mais le résultat est vraiment surprenant, cela ne fait aucun doute !


Metalship : Là encore, vos compositions me rappellent les Paradise Lost et Anathema, mais aussi Draconian et Moonspell (sur “Revelations”). Pourtant, il semble que vous ayez trouvé votre propre son en mixant toutes ces influences. Penses-tu que vous tenez-là l’identité d’Helevorn ?

Nous avons toujours apprécié le Doom des années 90. Nous avons tous grandi en écoutant ces groupes, mais aussi Christian Death ou Sisters of Mercy. Nous écoutons aussi pas mal de groupes scandinaves, donc il est logique que des groupes comme Draconian ou Swallow the Sun aient une influence sur notre musique. Je ne pense pas que nous sonnons comme eux, en tout cas pas autant que les gens le disent. Si tu écoutes notre premier album, tu noteras l’évolution jusqu’à Forthcoming Displeasures, et je pense que c’est à cette condition que l’on peut comprendre le son “Helevorn”.
J’espère seulement que les auditeurs se focaliseront sur la musique au lieu d’essayer de nous comparer à d’autres groupes plus connus comme c’est bien souvent le cas.


Metalship : Tout comme sur l’album Fragments, il y a eu un gros travail sur les guitares, avec un paquet de solos inspirés et bien intégrés. Conserver cet apport mélodique (comme pour les claviers) est-il une composante importante de la recette d’Helevorn lors de la composition de vos morceaux ?

Nous sommes un groupe qui laisse une place importante à ses guitares, nous adorons ça en fait. Lorsque nous avons débuté le travail pour Forthcoming Displeasures, nous nous sommes vraiment concentré sur les guitares. Mais lors de l’enregistrement, nous avons essayé de rendre notre son plus souple avec des claviers. Ce sont eux qui créent l’atmosphère globale de l’album.


Metalship : L’autre évolution de cet album concerne les vocaux. Le chant clair semble plus maîtrisé, et une certaine authenticité se dégage des textes de Fortcoming Displeasures. Quels en sont les principaux sujets ?

Merci à toi ! Nous prêtons vraiment attention aux textes, en essayant d’éviter les clichés. Bien sûr, c’est souvent difficile, surtout dans le Doom, et il se peut que certains de nos morceaux traitent de sujets typiques du style, comme sur “To Bleed not to Suffer” ou “On Shores (Of a Dying Sea)”, même s’ils gardent une touche sanglante…
Nous ne parlons jamais d’amour ou de ténèbres, je préfère mettre une limite à notre existence en exprimant une pensée plus misanthropique.


Metalship : Qui s’est chargé de réaliser cet artwork, et quelle en est sa signification ?

Robert Høyem (attheends.com) a réalisé tout l’aspect visuel de l’album, en accord avec nos différents souhaits. Nous voulions exprimer un sentiment pessimiste typiquement humain, avec en guise de fil conducteur ces personnes rongées par leur esprit “endommagé”, prises dans un cercle qui lentement les engloutit.
Nous sommes vraiment satisfaits du travail de Robert, que ce soit dans les images ou dans les couleurs utilisées.


Metalship : Vous avez également tourné une vidéo pour le morceau “From Our Glorious Days”. Les images diffusées sont plutôt choquantes et donnent une image bien triste de l’humanité. Peux-tu nous en dire plus ?

C’est exactement ce que nous recherchions, avec cette fameuse dose de réalisme. C’est une vidéo brute, directe et très critique qui nous fait sentir responsable. J’ai parfois l’impression que les gens ressentent les choses avec une sorte de conscience ignorante, parce que justement elles sont loin de leur quotidien…
Le scénario était très clair pour nous, et le travail de Ladron de Auras a été fantastique.


Metalship : Si l’on creuse un petit peu dans votre passé, on peut voir que vous avez participé au tribute de Katatonia avec la reprise de “12”. En quoi les suédois vous ont-ils influencés et comment en êtes-vous arrivés à participer au tribute ?

Nous avons toujours apprécié Katatonia depuis leurs débuts. Nous avons eu la chance d’enregistrer une reprise de ce vieux morceau par le biais de Northern Silence Prod. Je me souviens que c’était juste avant l’enregistrement de Fragments, nous avions proposé de reprendre ce titre-là… Ce n’est pas parfait, mais il a au moins notre touche personnelle.


Metalship : En 2007, vous avez partagé l’affiche avec Swallow the Sun pendant plusieurs dates. Comment s’est passée cette mini-tournée et que peux-tu nous dire de Swallow the Sun en backstage ?

Absolument, c’était notre première mini-tournée avec un groupe international. Nous avons sillonné l’Espagne et le Portugal, pour terminer à Rotterdam lors du fameux Dutch Doom Days. C’était tout simplement génial !
Les gars de Swallow the Sun sont des personnes très sympas, cools et nous avons beaucoup apprécié ces jours passés avec eux.


Metalship : Justement, est-il difficile pour vous de faire des concerts ? Avez-vous des projets de tournée pour supporter la sortie de Fortcoming Displeasures ?

C’est vrai que c’est devenu très difficile de trouver des dates. En étant un groupe espagnol, nous avons moins de possibilités car ici en Espagne la scène est limitée et les infrastructures manquent. Si tu veux arriver à quelque chose de sérieux, il faut risquer gros…
Nous aimerions sincèrement jouer plus, mais c’est très compliqué et ça demande énormément de temps. Mais je ne te cache pas que nous sommes actuellement en pourparlers avec un groupe international pour l’accompagner en 2011 et donner à Forthcoming Displeasures le soutien qu’il mérite…


Metalship : Comment vois-tu la scène Doom en 2010 ? Si je ne fais pas erreur, il n’y a pas énormément de groupes de ce style en Espagne…

Tu vois, je pense au contraire que la scène Doom est plus productive que jamais, avec des groupes supers sonnant différemment. Mais le problème, et là encore par faute de moyens conséquents, ils ont énormément de mal à atteindre leur public. Du coup, on devient petit à petit un style minoritaire…
En Espagne, il y a peu de groupes comme tu le dis, mais ils ont pour la plupart un très bon niveau. Je pense par exemple à des formations comme Autumnal, Evadne ou Ephemereal Dusk… Nous souffrons vraiment d’un manque de soutien des auditeurs, et les médias préfèrent en général mettre en avant les grosses pointures…


Metalship : Quels sont les groupes espagnols que tu aimerais conseiller aux Metalshipiens ?

Essayez donc ces trois groupes cités plus haut !


Metalship : Ok Josep ! Comme le veut la tradition, je te laisse le dernier mot en espérant croiser Helevorn un jour en France…

Merci à Metalship pour son soutien et pour nous avoir offert la chance de nous exprimer. Merci également à notre public français pour tous ses messages de soutien, j’espère sincèrement jouer chez vous prochainement !


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ajouté par kumelia, le 9 août 2010 pour Metalship

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