Camille Montrose, nous l’avions découvert avec son premier recueil de nouvelles il y a quelques temps déjà. Lupus Est Homo Homini avait eu son petit succès, mais non contente de la réputation grandissante de ce premier recueil, la jeune auteur a rapidement agité sa plume pour nous présenter Des Petits Riens. Ce nouveau recueil s’inscrit dans la lignée du précédent, et va même encore plus loin !Ceux qui ont eu la chance de se pencher sur le premier ouvrage reconnaitront ce style narquois et moqueur que Camille développe envers ses contemporains. Sorties directement de l’imagination de son auteur ou encore d’expériences personnelles, ces histoires sont aussi diverses que variées et plongent le lecteur dans une contemplation maladive de la société actuelle. Que ceux qui ne se sont pas reconnus dans ces nouvelles lèvent la main ! Hum… Je ne vois pas beaucoup de mains levées, et pour cause ! Camille Montrose sait susciter l’intérêt du lecteur en le mettant devant le fait accompli. De manière simple, mais efficace. Prenons au hasard Les Corbeaux, ou encore Le G.P.S., Tout ce que tu n’auras pas connu. Avec son style direct, l’auteur arrive à traduire des sentiments que l’on éprouve tous les jours : notre haine des gens dans les supermarchés, notre rejet perpétuel de la modernité que l’on accepte malgré nous, etc. Et tout ça est fait avec subtilité, avec humour, mais avec sincérité.
On remarquera aussi que Camille aime beaucoup jouer avec ses lecteurs. Ma Prostitution en est un exemple plutôt parlant. Elle nous embarque dans un labyrinthe d’idées toutes plus folles les unes que les autres pour finalement nous montrer que l’on a quand même l’esprit mal tourné ! Je n’en dis pas plus sur le contenu de l’histoire. Dans ces cas-là, il vaut mieux laisser le futur lecteur se faire prendre au jeu. Car oui, on parle bien ici de jeux. Elle joue avec nos nerfs, avec nos lubies et nos pulsions inavouables aussi bien que si elle était à l’intérieur de nous-même !
16 nouvelles pour une centaine de pages, voilà qui ravira les petits lecteurs en plus des grands. On peut lire une petite histoire avant d’aller se coucher, ou alors entre deux stations de métro, voire lors de la grosse commission… En plus ça, ça se lit très vite, on est loin des longues descriptions parfois pompeuses d’un Huysmans (ce qui, au passage n’est pas un reproche), bref, je ne vois pas de bonnes excuses pour passer à côté de ce livre qui se dévore comme des petits riens (euh… Je voulais dire, des petits pains)…
Bonne lecture !
