Mayhem, ce groupe légendaire a enfin sa biographie sur DVD, grâce à un documentaire de Stefan Rydehed. Largement documenté, grâce à des images inédites, et autres vidéos rares, Stefan Rydehed nous replonge dans l'histoire mystérieuse de ce groupe légendaire.Titre : Pure Fucking
Mayhem
Réalisateur : Stefan Rydehed
Année : 2008
Durée : 90 minutes
Langue : Anglais (sous-titres anglais/allemand)
Format : DVD
L’histoire de
Mayhem, tous les blackeux la connaissent plus ou moins, en tout cas dans les grandes lignes. On sait surtout que Dead s’est fait sauter la cervelle, que Euronymous s’est fait tuer par Vikernes, le gars de
Burzum pour des raisons assez floues… Bref, on sait que l’histoire du groupe n’est pas toute rose et entourée de mystère. Et pour ceux qui veulent connaitre la véritable histoire de ce groupe légendaire sans qui le Black Metal ne serait sans doute pas ce qu’il est, Pure Fucking
Mayhem est un excellent documentaire, avec des entretiens des membres (ou ex-membres) encore vivants du groupe, avec des archives inédites, et sans ambiguïtés. Parmis les personnes interrogées, on retrouve Necrobutcher, qui semble tout à fait sobre

, Manheim, le tout premier batteur qui a très vite quitté le navire après la première démo, mais qui garde un certain recul face à
Mayhem et qui semble malgré tout avoir bien la tête sur les épaules. D’ailleurs, quand on voit ce mec aujourd’hui, on a du mal à croire qu’il ait fait un jour partie du groupe le plus démoniaque de tous les temps. Même Occultus, qui fut chanteur non permanent pendant un temps se prête au jeu des questions réponses. Bon, je dois avouer que son rôle dans
Mayhem a été plutôt court, mais il a beaucoup fréquenté Euronymous lors de la création de Helvete, son magasin de disques extrême qui rameutait la crème de l’underground. Et enfin, Attila, le mythique chanteur de De Mysterris Dom. Sathanas, revenu prêter sa voix pour Ordo Ad Chao.
Le gros défaut, et certainement le seul, de ce documentaire est d’occulter totalement l’avis de gens comme
Hellhammer, batteur du groupe depuis un sacré bout de temps ! Mais aussi celui de Maniac, un des premiers chanteur du groupe, qui a également participé au Wolf’s Lair Abyss EP, Grand Declaration Of War et Chimera entre autres…

Ce dernier s’étant plus ou moins fait virer, on peut comprendre que son avis sur le groupe soit faussé, et donc inintéressant. Mais quand même, il n’aurait pas dépareillé aux côtés d’Occultus et de son exécrable accent anglais. Il manque aussi Blasphemer à l’appel. Il a intégré le groupe à la suite du décès d’Euronymous et a donné un sacré coup de jeune à
Mayhem grâce à des compositions agressives et une pointe expérimentale comme en témoigne Grand Declaration Of War par exemple…
Tout au long de ce documentaire, rythmé par l’inquiétante voix-off de Kajsa Rydehed, c’est une plongée en eaux troubles, au cœur de la Norvège des années ’90 jusqu’à nos jours. On apprend les circonstances de la création du groupe. Une envie de créer quelque chose d’unique, de sombre et d’agressif. Le groupe commence comme un groupe de punk, reprenant des titres de
Venom,
Motörhead,
Celtic Frost et j’en passe.

Puis Euronymous se forge de plus en plus un personnage et a une vision bien définie de ce qu’il veut, il s’impose comme leader du Black Metal. Puis, il y a la rencontre avec de suédois du groupe Morbid, Pelle Ohlin qui envoie une démo accompagnée d’une souris crucifiée à l’un des membres de
Mayhem.

Euronymous décide de le recruter au poste de vocaliste. Pelle se fait appeler Dead suite à sa réelle mort causée par un accident pendant son enfance. Après avoir été mort quelques instants, il serait revenu à la suite et aurait vécu une expérience de mort imminente. Ce passage de son enfance l’a troublé, fasciné, si bien que sa personnalité était vraiment sombre. On nous dit qu’il n’aimait pas la vie, clairement. Puis Stefan Rydehed, via son documentaire retrace le suicide de ce personnage central de
Mayhem et tout ce qui a suivi, les abus d’Euronymous qui a photographié le corps, récupéré des morceaux de cervelles pour les manger, etc, etc. Mon rôle de chroniqueur n’est pas de révéler les détails, aussi je laisse le soin aux curieux de se procurer le DVD pour en savourer les croustillantes anecdotes.

S’ensuit une période creuse pour
Mayhem avec le départ du bassiste Necrobutcher en raison de la personnalité de plus en plus dérangée de son guitariste Euronymous. Puis, il y a la rencontre avec ce type, Christian, qui se fait appeler Varg, ou encore Count Grishmack. Euronymous est fasciné par son groupe,
Burzum.

Ce gars, Varg fait tout tout seul, guitare, chant, basse, batterie. Et sa maturité pour son jeune âge en fait un personnage charismatique pour Euronymous qui le prend sous son aile et lui promet de signer ses futurs albums. En l’absence de Necrobutcher, Euronymous lui propose même le poste de bassiste au sein de
Mayhem. Et pour remplacer Dead, il dégotte un hongrois du nom de Attila. La légendaire formation Euronymous-Varg Vikernes-Hellhammer-Attila enregistre donc un des disques les plus sombres et expérimentaux de l’histoire du Black Metal : De Mysteriis Dom. Sathanas !

Attila revient sur cette période lors d’une interview et nous fait part de ses impressions sur l’expansion de ce courant musical qui est en train de prendre des proportions que l’on n’aurait jamais imaginé auparavant.
Après cet épisode, la chronologie veut que l’on en arrive à une autre période sombre pour
Mayhem. Euronymous et Vikernes ne sont plus amis, et l’habitude fâcheuse du prince des morts à envoyer des menaces de mort lui a sans doute valu son assassinat. Les raisons exactes du meurtre d’Euronymous ne sont pas claires, une question d’argent visiblement à cause d’un contrat de son label envers
Burzum… Toujours est-il que Varg Vikernes se rend au domicile d’Euronymous et le poignarde violemment, lui donnant ainsi la mort, la mort d’un leader.
Les réactions face au meurtre d’Euronymous sont diverses, et même s’il n’était pas une personne aimable, la perte est tout de même énorme.
Mais cette période de
trouble permet à Necrobutcher et Maniac de remonter le groupe et repartir de plus belle avec un nouveau guitariste, Blasphemer.

Peau neuve pour
Mayhem donc, même si le documentaire ne fait apparaitre Blasphemer lors des interviews, et il aurait été intéressant d’avoir ses impressions. D’autant plus qu’il occupe son poste jusqu’à Ordo Ad Chao. Puis, le reportage se poursuit en parcourant la discographie du groupe, avec Wolf’s Lair Abyss, Grand Declaration Of War, Chimera, puis l’éviction de Maniac pour à nouveau laisser la place à Attila pour l’enregistrement de Ordo Ad Chao.
Pure Fucking
Mayhem n’est pas un simple documentaire puisqu’il développe malgré tout une certaine atmosphère, mise en valeur par un esthétisme travaillé au niveau des prises de vue, mais aussi une bande son exceptionnelle. Quoi de plus normal que de mettre du
Mayhem pour un document sur
Mayhem ? Mais Stefan Rydehed a aussi composé des pistes de piano qui rythment les changements de chapitres, et je dois avouer avoir été envoûté par ces notes sombres et ténébreuses qui collent parfaitement à l’ambiance générale du DVD. Un CD contenant uniquement les pistes est d’ailleurs offert en guise de « bonus », et c’est un réel plus !
En dehors de l’absence de personnages incontournables, ce DVD respecte totalement l’histoire du groupe, et en 90 minutes, il est toujours difficile de tout dire, mais l’essentiel est là ! Il aurait été intéressant d’en savoir plus sur la personnalité agaçante d’Euronymous, sur les incendies, sur les autres acteurs de la scène, etc, etc. Mais en visionnant cet document, les fans auront une part de la vérité sur ce groupe légendaire.
Si vous avez aimé l’ouvrage Les Seigneurs du Chaos, vous aimerez ce reportage qui vient compléter ou confirmer ce qui a déjà été dit.
Il fallait un DVD sur
Mayhem, Stefan Rydehed l’a fait ! Malgré les petits défauts qu’il contient, il se hisse en référence incontournable !