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Le Metal face aux préjugés


Bien souvent, lorsque le metal est traité dans les médias, on peut y déceler des connotations négatives qui vont renforcer un certain nombre de préjugés et d’idées préconçues chez une majorité de personnes, pour qui le metal reste avant tout obscur, dans tous les sens du terme.
Au mieux, les personnes extérieures à la « communauté metal » auront entendu parler du hard rock et penseront peut-être à Kiss, AC-DC et éventuellement Metallica; et le metal évoquera également pour beaucoup une musique violente, gratuitement brutale et sans aucune subtilité, souvent appréciée par des adolescents en manque de repères ou des individus globalement mal dans leur peau.
Ce dossier s'attachera à étudier un certain nombre d'exemples de préjugés véhiculés par les médias vis à vis du metal, et également à montrer en quoi ce traitement médiatique influence la perception des individus extérieurs à la "communauté metal".




Le Metal face aux préjugés



  Introduction


Les thèmes les plus récurrents et défrayant la chronique par leur aspect sensationnel, qui conditionnent un certain nombre d’accusations adressées au metal par ses détracteurs, sont de grands « classiques » qui pour la plupart sont associés au metal depuis sa création, et même, pour un certain nombre de faits, au hard rock et au rock l’ayant précédé : satanisme, appel au suicide et au meurtre et rapprochement avec des idéologies d’extrême-droite, notamment fascistes, en premier lieu. Si ces thèmes sont relativement prisés d’un point de vue médiatique, il serait cependant exagéré de considérer le point de vue d’une majorité de « non-initiés » comme intégralement formaté par ce type de considérations. En règle générale, c’est une forme d’incompréhension plus que d’hostilité ou de crainte qui ressortira ainsi des perceptions de la plupart des personnes à l’égard du metal.

Cependant, il paraît intéressant d’étudier quelques exemples révélateurs du regard stigmatisant que la culture de masse peut porter sur une subculture marginale telle que le metal.

« L’émission télévisée Ça me révolte, présentée par Bernard de la Villardière et diffusée en première partie de soirée le 14 janvier 2003 sur la chaîne M6 en est l’illustration. Les acteurs du groupe étudié y sont présentés comme des personnes déviantes, dangereuses pour elles-mêmes ainsi que pour la société. À ce fait, nous pourrions en ajouter des dizaines d’autres du même ordre, diffusés sur l’ensemble des supports médiatiques (télévision, radio, presse) » notent ainsi Mombelet et Walzer .



Faisant partie des rares, dans le milieu universitaire français, à intégrer le metal en tant que fait social à leurs recherches, ils font également part d’une anecdote personnelle particulièrement signifiante, sous forme de dialogue :
« – Bonjour, je souhaiterais mener une recherche sur le metal, sur la musique metal. Êtes-vous intéressé par le fait de superviser mes travaux ?
– Ah oui, je vois, vous êtes donc du côté des satanistes !
La présente retranscription témoigne d’un échange récent que nous avons eu avec un professeur de sociologie. Ce dernier, doué d’un esprit vif et un brin caustique, met à jour par sa remarque les préjugés tenaces qui existent à l’encontre du metal » .

De son côté, Olivier Bobineau résume bien l’incompréhension courante à travers la société et les médias à l’égard du metal comme fait culturel et social, incompréhension qui débouche sur une dévalorisation et une stigmatisation :

« Quand un journaliste ou un observateur non avisé s’intéresse au metal, à ses manifestations sociales et qu’il fait l’effort d’aller à un concert, il ne retient au prime abord que le fait spectaculaire : sur fond sonore, les mises en scène incorporent une symbolisation et une ritualisation organisées faisant appel à l’affect des auditeurs. Au mieux, il voit une provocation de jeunes qui arborent des croix chrétiennes, des pentagrammes inversés et portent le chiffre 666 avec des images ensanglantées sur leurs tee-shirts. Il identifie lors de concerts des phénomènes de transe combinés à la présence de musiciens charismatiques contribuant également à galvaniser un public. Dans cette optique, trois observateurs, qui sont des prêtres catholiques, y voient tantôt « le Diable incarné », « une mode violente», une « branche politique maléfique » ou encore un « mal extrême » (Regimbald, 1983 ; Balducci, 1994 ; Domergue, 2000). Au pire, l’observateur non avisé se fait l’avocat ou le pourfendeur d’un jeu spectaculaire dans lequel l’amalgame devient la grille de lecture et la confusion des genres, un critère d’analyse » .

Le jugement stéréotypé est bien souvent à la base des représentations que se font les « non initiés » à l’égard de la musique metal et de la subculture qui lui est propre. A cet égard, on peut remarquer, dans la plupart des réponses données aux questionnaires réalisés dans le cadre de ce travail, une conscience immédiate et parfois même anticipative de la part des métalleux interrogés de cette stigmatisation ou de cette dévalorisation. Quelque part, ces dernières sont structurantes de l’ « identité métallique » des individus.

Par réflexe, on peut d’ailleurs dénoter dans les propos de certaines des personnes interrogées, bien conscientes des préjugés habituels qui apparaissent dès qu’on s’intéresse au metal sans véritablement en connaître les spécificités, une relative méfiance par rapport à des questions qui leur semblent introduire des a priori et une connotation dévalorisante. Cependant, cette méfiance a tendance à disparaître à partir du moment où les individus interrogés savent que l’auteur des questions qui leur sont posées partage lui-même leur passion pour la musique metal et sa culture, faisant en quelque sorte partie des « leurs » et s’intéressant à leurs opinions en tant qu’acteurs de la subculture metal plutôt qu’en tant que « cas sociaux ».

Il paraît nécessaire de s’intéresser aux différents canaux qui, dans la société, construisent et véhiculent des représentations orientées sur le jugement de valeur et la stigmatisation, et sur la façon dont les individus intègrent ses représentations qui renforcent la conscience de marginalité culturelle des métalleux.


  Exemples de traitement du metal dans les médias


Le rôle des médias est particulièrement ambivalent puisque, comme on l’a dit, ils représentent d’une part le seul moyen d’accès au metal pour de nombreuses personnes pour qui cela n’est pas une réalité familière et quotidienne, et d’autre part un vecteur fort de stigmatisation et de messages dépréciatifs. Il semble en effet que le rapport entre l’intérêt médiatique suscité par le metal et le traitement de thèmes à scandales rapportés au metal soit quelque peu disproportionné. De nombreux exemples peuvent être pris, que ce soit dans des articles de presse, des reportages télévisés ou des essais et rapports relatifs au metal.


    Le metal dans la presse





Le groupe bordelais de black metal Otargos relate une anecdote assez révélatrice des rapports complexes existant entre la subculture marginale metal et les mass media, en l’occurrence le magazine hebdomadaire L’Express :

« Mais ça nous est arrivé d’être confrontés à des mass media comme par exemple, on a une anecdote avec L’Express… des mecs sont venus du magazine L’Express pour faire une interview, et je me rappelle qu’Ulrich (Dagoth) a parlé avec eux, pendant longtemps, en leur expliquant “nous, on est un peu comme au cinéma, on fait du metal extrême, on présente un show cohérent, qui est fidèle à nos convictions, mais après, on peut parler, c’est pas parce qu’on fait du metal extrême qu’on se scarifie, qu’on a tué nos parents, …”. Donc on a fait ce discours avec eux en leur expliquant “attention, on est pas comme ça”, et que généralement les gens cherchent des boucs-émissaires pour dire “qu’est-ce qui ne va pas dans la vie de tous les jours”. Sur le suicide par exemple. Et même quand on a essayé d’expliquer par A+B dans une conversation hyper saine avec des journalistes, au bout d’une heure, les gens ils en ont sorti : “Otargos, c’est des fous qui croient à l’effondrement, au chaos”, alors que non… » explique ainsi le bassiste, XXX.

Il est complété par Dagoth, chanteur-guitariste du groupe :

« Moi je l’ai [la journaliste] vue venir avec ses gros sabots, elle a commencé à parler : “oui, ne pensez-vous pas que ça influence les jeunes, le suicide, le mal-être et tout ça ?”. Je lui ai dit “attendez, un gars ne va pas se suicider parce qu’il écoute un morceau de musique”. On pourra jamais me faire croire ça, s’il a des problèmes dans sa famille, c’est pas dû à la musique, il y a plein d’exemples comme ça, et c’est vrai que c’est facile de mettre ça sur le dos de la musique parce que c’est extrême et tout ça. Et donc je lui explique ça pendant une heure, et finalement de tout ce que je dis pendant une heure, il y a pas une ligne qui est apparue… L’article, c’était le mal être des jeunes, le satanisme, le nazisme, les profanations, voilà… ».


    Le metal à la télévision

Dans le même registre, les reportages consacrés au metal sont particulièrement éloquents, notamment en France. Ainsi, alors qu’il semble impossible de trouver un reportage s’intéressant simplement au metal d’un point de vue musical, ou encore à la façon dont les métalleux vivent leur passion, les concerts, etc., les liens supposés du metal avec l’extrême-droite, le satanisme ou encore la violence des jeunes (suicide, meurtre) sont assez régulièrement mis en exergue et analysés dans des reportages privilégiant le sensationnel à la réflexion et au recul. Souvent sans expliquer aucunement le contexte social ou culturel de l’enquête, ces reportages tendent à faire de faits minoritaires des généralités qui caractériseraient la culture metal.

Ainsi, en isolant des propos virulents, des actes spectaculaires (criminels ou non) ou des considérations anecdotiques, les médias ont tendance à donner une image connotée très négativement d’une culture sur laquelle ces reportages restent, pour beaucoup de gens, la seule fenêtre d’accès. Il ne s’agit cependant pas de remettre en cause la compétence ni le sérieux des auteurs de ces reportages, mais simplement de constater que, dans un pays comme la France qui n’a pas une culture metal ni même rock très développée, la vision d’une frange importante de la société sera conditionnée par une analyse qui n’est pas mensongère en soi, mais qui est clairement partielle et partiale.
Ce n’est évidemment pas l’apanage exclusif du metal et de la culture metal, mais on peut considérer cet état de fait comme une caractéristique importante, qui tend d’ailleurs à renforcer la marginalité culturelle et la conscience d’être à part qui animent souvent les représentations des métalleux.



On peut ainsi remarquer un reportage réalisé pour l’émission Le Vrai Journal sur la chaîne Canal+, et intitulée « Enquête sur des satanistes ». Focalisé sur les liens entre metal, satanisme et extrême droite, le documentaire commence ainsi, sur fond musical metal, ambiance inquiétante : « Toulon, 8 juin 1996, un cadavre est arraché de sa tombe, une croix enfoncée à l’envers dans sa poitrine.
Les profanations se multiplient, elles sont commises par de jeunes satanistes fans de hard rock ». Puis on peut voir les parents des profanateurs interrogés, affirmant leur incompréhension face aux actes commis par leurs enfants et se demandant ce qui a bien pu les pousser à commettre de tels actes, juste avant une succession d’images d’un concert de metal et de fanzines metal, toujours sur fond musical metal.
Le journaliste souligne que les profanateurs « se prétendent satanistes et fans de death metal, littéralement “le hard rock de la mort”, une mode suivie par des milliers de jeunes en France ».
Les métalleux interrogés et filmés, expliquant leur goût pour la musique metal, sont particulièrement hésitants, bégayant et présentés implicitement comme des « cas sociaux » doublés d’extrémistes prêts à passer à l’acte. Un des jeunes interrogés dit ainsi chercher un « maître » dans l’occultisme afin de devenir un « initié ».

Le journaliste enchaîne alors : « Et les maîtres sont là, des maîtres qui distillent une imagerie nazie et raciste ».
On peut noter que le seul lien fait entre metal et extrême-droite repose sur le fanzine Napalm Rock, lié au groupuscule d’extrême-droite « Nouvelle Résistance », dirigé par Christian Bouchet, spécialiste de l’ésotérisme et du satanisme. Ainsi, aucun lien clair n’est finalement établi et la conclusion du documentaire entretient la confusion sur fond d’inquiétude quant à la manipulation dont pourraient faire preuve les jeunes amateurs de metal.
Si dans l’ensemble, les faits relayés ne sont ni fallacieux, ni mensongers, bien qu’il y ait un certain nombre d’erreurs et d’imprécisions, il est clair que la connaissance des auteurs sur le sujet metal est considérablement orientée et limitée. Par ailleurs, le reportage symbolise clairement la préférence régulière affichée par les médias pour le sensationnalisme et l’alarmisme lorsqu’il s’agit du metal.

A ce sujet, Ludovic, bassiste de Trepalium, remarque:
“Le fait est que pour le moment, en France, les métalleux sont encore trop souvent perçus comme des adorateurs de Satan qui profanent des tombes et boivent exclusivement du sang de vierges, y a qu’a regarder certains reportages télévisés pour s’en apercevoir. C’est plus accrocheur pour les médias, mais les mentalités évoluent petit à petit ».




    Le metal dans la littérature

Il existe de nombreux ouvrages écrits par des personnes n’ayant qu’une idée vague et éloignée de la culture metal, et dont l’objectif est souvent de traiter de thèmes à sensation en opérant des amalgames dont les fondements sont rarement argumentés. Par exemple, le politologue Paul Ariès, par ailleurs interrogé dans le reportage précité, a écrit plusieurs ouvrages consacrés au satanisme et traitant par extension du metal, tels que "Le retour du diable" ou "Satanisme et Vampyrisme. Le livre noir".

Le webzine Obsküre, spécialisé dans les « musiques sombres » note ainsi, dans une critique portant sur cet ouvrage, que « les pouvoirs publics qui se lamentent des satanistes néo nazis dans le mouvement gothic ne connaissent pas la question car ils n’ont jamais étudié le mouvement avec une rigueur universitaire, préférant pratiquer la politique du marchand de peur ». Il est également fait état d’un nombre important d’erreurs et approximations qui viennent décrédibiliser le sérieux d’une démarche cherchant avant tout à stigmatiser des « jeunes paumés » , pour reprendre les termes de l’auteur, qui affirme également, par exemple : «Les jeunes satanistes qui hantent mes conférences sont reconnaissables à leur look d’enfer ».

L’auteur se demande également s’il faut avoir peur du metal, qualifié de « rock satano-viking » en référence aux évènements survenus en Norvège au début des années 1990. Selon le webzine, Paul Ariès aurait ainsi tendance à faire d’un cas très particulier -à savoir la personnalité de Varg Vikernes, ses propos et ses agissements- une règle générale de liens avérés entre le metal, un extrémisme radical et une affiliation fasciste. Implicitement, et comme on peut l’observer de façon récurrente, l’auteur cherche ainsi à prévenir les parents des « dangers » représentés par le metal pour leurs enfants.




  Vers une stigmatisation sociale et culturelle du metal


    L'exemple des Etats-Unis

On peut évidemment penser au cas de la fusillade du lycée de Columbine, aux Etats-Unis. Le hard-rock/metal et particulièrement Marilyn Manson, qui choqua les Américains en chantant par exemple « Je ne suis pas l’esclave d’un dieu qui n’existe pas » et dont les meurtriers de Columbine étaient des fans avérés, avaient été accusés d’être responsables de ces évènements.

Marilyn Manson, interviewé par Michael Moore dans son documentaire Bowling for Columbine, se défendait d’ailleurs en affirmant qu’il était facile pour les médias et la droite conservatrice, notamment, d’utiliser son image médiatique pour désigner une figure représentant la peur et occulter le problème réel qui, en l’occurrence, était celui du contrôle des armes à feu. En effet, on peut voir, dans le documentaire, Marilyn Manson accusé de promouvoir la violence, le suicide, la haine ou encore la drogue, c'est-à-dire exactement ce qui est régulièrement reproché au metal en général.



Ces procès, qu’ils soient médiatiques ou judiciaires, ne sont pas l’apanage du metal et nombre de groupes de rock les ont connu en leur temps. De plus, ils sont loin d’être nouveaux.
Ainsi, dans le documentaire Metal : A Headbanger’s Journey, on peut voir Dee Snider, chanteur du groupe de glam metal américain Twisted Sister, se rendre au Congrès américain, en 1985, afin de se défendre lui-même, et le metal en général, contre les accusations de perversion de la jeunesse et d’immoralité dont étaient victimes de nombreux groupes, notamment en arguant que les détracteurs du metal trouvaient souvent des supposés « messages » là ou ils les cherchaient, et qu’il s’agissait avant tout d’une expression artistique.

Les accusations provenaient notamment de Tipper Gore, épouse d’Al Gore et à l’initiative du comité Parents Music Resource Center (PMRC) créé en 1985 et qui établit notamment une liste de quinze chansons à proscrire, parmi lesquelles des chansons de groupes de metal tels que Black Sabbath, Judas Priest, Def Leppard, Venom, Mercyful Fate, Twisted Sister ou encore Mötley Crüe, accusés de faire l’apologie du sexe, du viol, du sadomasochisme, de la drogue, de l’occultisme et de la violence. Par ailleurs, des groupes comme Van Halen, Rush, Pink Floyd ou Kiss furent accusés de diffuser des messages subliminaux incitant les auditeurs à se droguer et à vénérer Satan. Le comité PMRC fut à l’origine du fameux sticker « Parental Advisory » apposé notamment sur les disques de rock et de metal, mais aussi de hip-hop.




    Le rôle des pouvoirs publics

On peut s’intéresser à un rapport de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, MIVILUDES : "Le satanisme, un risque de dérive sectaire". Malgré sa volonté affichée de ne pas faire d’amalgame, le rapport comprend cependant des propos tels que :
« […] il est permis de penser qu’il n’existe pas de causalité directe entre audition de musique sataniste et passage à l’acte. Néanmoins, les différentes autorités concernées ne doivent pas délaisser l’étude et l’observation de cette nébuleuse musicale au motif qu’il n’existe pas de causalité immédiate. En réalité, des effets indirects de l’audition de ce style musical peuvent contribuer à mettre à jour un terrain propice au passage à l’acte : mise en relation lors de concerts avec des satanistes pratiquants et prosélytes ; passage à l’acte suivant la forme promue dans les paroles des chansons ; rupture profonde avec la culture familiale commune ».


Par ailleurs, le rapport note également : « la fréquentation assidue des concerts de Metal n’est pas sans risque (atmosphères quasi hypnotiques favorisant les états de transe, messages subliminaux appelant le passage à l’acte et stimulant les pulsions suicidaires,etc.) ».

Ce rapport, comme le souligne Nicolas Walzer qui lui-même a travaillé au sein de la MIVILUDES avant de la quitter, a tendance à dramatiser et exagérer la situation en affirmant par exemple qu’il y 25000 satanistes en France et en s’alarmant de la recrudescence récente des actes de profanation de cimetières.

Hors, selon Walzer, il s’agit dans ces cas là de « braconage satanique » et il y aurait tout au plus une centaine de « vrais » satanistes, au sens cultuel du terme, en France : « La plupart du temps, ces jeunes se perdent une nuit, et regrettent après. Ils viennent souvent s'excuser plus tard d'ailleurs. Ils ne sont pas satanistes pour autant. Ce n'est pas parce qu'on va faire des inscriptions sataniques qu'on est sataniste » . Le sociologue note également : « La MIVILUDES fait des amalgames entre les fans de musique metal et gothic et les satanistes. Or il s'agit de deux phénomènes différents, l'un est un fait social, l'autre non: c'est un fait ultra-minoritaire» .




    Banalisation des préjugés sociaux

Pour ce qui est de la perception des individus dans la vie quotidienne, les métalleux déclarent souvent être confrontés à un rejet ou une stigmatisation de par leur tenue vestimentaire, leur attitude ou tout simplement leur passion musicale, ce qui s’explique, comme on l’a vu plus haut, par l’idée de « rupture » inhérente à la subculture :

« En ce qui concerne la perception des gens, pour ma part, nous sommes encore regardés comme des bêtes sauvages! La majorité a une mauvaise image de nous! Je suis souvent regardée comme une bête de foire, genre “elle peut pas être comme tout le monde celle-ci?” ! A ce niveau, il ya encore beaucoup de travail à faire! » remarque ainsi Carine du webzine Metal Impact.


De son côté, BadaOfBodom, membre du webzine Spirit of Metal, affirme : « Mes proches ne manquent jamais de me signaler que la musique que j’écoute ne correspond pas à ma personnalité et à ma vision des choses (je suis quelqu’un de calme, posé, et respectueux). Le problème, comme la majorité des gens, c’est qu’ils ne connaissent pas assez les fondements de cette musique pour pouvoir juger correctement. [...] le Metal n’est pas fondamentalement violent, intolérant et dangereux ».



D’un autre côté, on peut également constater que certains considèrent cette stigmatisation et cette obscurité dans laquelle reste le metal comme des éléments positifs. Gauthier, du webzine La Horde Noire, affirme :

« Je n’aime pas du tout l’idée d’élite : le metal doit rester ouvert à tout le monde, mais seulement à ceux qui le veulent. Cela veut dire que c’est à moi d’aller vers le metal et pas l’inverse. C’est pour cela que la barrière de préjugés qui entoure le metal est peut-être une bonne protection. Tout cela pour dire que je ne suis pas désireux que le metal soit plus exposé ».

Dr. Jabuse, membre du webzine Metal Impact, a quant à lui une vision mitigée des clichés stigmatisants souvent accolés au metal :

« C'est réducteur mais si ça peut éloigner des crétins et redonner une image puante au metal extrême tant mieux dans un sens. D'un autre côté ça ramènera d'autres crétins et facilitera les amalgames qui rassureront les détracteurs ».



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par Maczym, le 25 novembre 2009
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Commentaires


Voir les 12 commentaires précédents
Pour en revenir au thème principal du sujet, les médias et associations de parents et autres conneries du même genre trouvent en fait de faux prétextes pour critiquer le punk et le metal.Mais en réalité, c'est la musique elle-même qui leur fait faire des cauchemars. Ces saloperies-là préfereront toujours que leurs gamins écoutent Mylène Farmer plutôt que Marilyn Manson, car même si leur image soi-disant "gothique et dépressive" a l'air identique aux yeux du grand public qui n'y connaît rien, la rouquine fait de la variétoche sans guitare à fond (encore que...), contrairement au Révérend. Et c'est ce détail-là qui compte, aux yeux du Français moyen.
ven. 18 déc. 09- 19:00  
Pour la musique, c'est clair que le metal dérange bien des gens qui n'y connaissent rien, et même pas forcément que des "Français moyens". Je connais des gens intelligents, cultivés et plutôt tolérants qui ont des jugements très arrêtés sur le sujet et c'est fatiguant de devoir essayer d'expliquer à chaque fois que "non, le metal ce n'est pas du bruit", "oui c'est musical et structuré", etc.

Au niveau de l'imagerie c'est encore différent, et tout ce qui sort de l'ordinaire ou n'est pas propret et politiquement correct a tendance à déplaire à la "masse", de toute façon.

Tout ça pour conclure : tant pis pour eux après tout, le metal n'est pas destiné à devenir le truc super populaire et branché et familial, et c'est tant mieux comme ça.

ven. 18 déc. 09- 22:39  
il est tant de mettre fin aux préjugés !
mar. 17 mai 11- 21:48  
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