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La religiosité dans le Metal


Extrait d'un mémoire sur le metal réalisé dans une approche culturelle et sociologique, cet article s'intéresse au caractère "religieux" du metal, qu'il s'agisse de la dévotion des métalleux, de l'aspect rituel des concerts et de la constitution de la communauté metal en tant que "confrérie". Prêtant à confusion si on les prend dans leur sens commun, des termes tels que ceux de "religion", "rite" ou encore "secte" sont définis dans leur sens sociologique pour éviter tout malentendu.


« Les sabbats d’antan ont pris une forme nouvelle : les festivals de rock. Les deux ont un effet cathartique sur le quotidien de notre existence profane. […] Durant les concerts, comme durant les sabbats, on passe de la musique lancinante et hypnotique, et les officiants prennent des hallucinogènes ; c’est une échappatoire dans l’animalité » - Arthur Lyons






Peut-on parler de "religion metal"?


L’idée d’une « religion metal » peut sembler très paradoxale, tout d’abord parce que les métalleux s’opposent souvent à l’idée de religion et à ce qu’elle représente, notamment du point de vue du contrôle exercé sur la pensée, de la persistance de tabous que la culture metal s’efforce de transgresser : sexe, mort, violence, …ainsi que de l’aspect normatif et moralisateur que jouent l’Eglise et les religions en général.

Cependant, on entend ici la religion au sens sociologique du terme, et non dans le sens d’une religion institutionnalisée. Il s’agit ici de la question de la religiosité, qui s’inscrit profondément dans la subculture metal à bien des niveaux et dans ce que Michel Maffesoli désigne par l’expression « centralité souterraine ». Par ailleurs, ce dernier note également qu’un processus de « réenchantement du monde » est à l’œuvre dans la société postmoderne, ce qui implique, notamment, une certaine résurgence des mythes. La subculture metal semble fonctionner de façon similaire à cette logique de « réenchantement ». Cette résurgence de la religiosité est clairement liée à un processus d’émergence d’un nouveau sentiment d’appartenance des "tribus" postmodernes (en l'occurrence celle des métalleux).
Dennis Jeffrey résume ainsi la situation : « Des formes païennes de croyances religieuses reviennent à la mode, des dieux et déesses enterrés depuis des lunes sont ressuscités, la popularité de l’ésotérisme augmente » (Jeffrey, 1998,
p. 66).
La subculture metal tend d’ailleurs justement à s’approprier un certain nombre de symboles renvoyant à ces «formes païennes de croyances religieuses ».

A l’image de Walzer, Mombelet et Bobineau, auteurs du dossier La religion metal – Première sociologie de la musique metal (Sociétés, revue des sciences humaines et sociales n°88 Février 2005, Ed De boeck), on peut se poser la question de la place occupé par le fait religieux dans la subculture metal : « le metal et les pratiques sociales qui l’accompagnent n’apparaîtraient- ils pas comme l’un des témoins « souterrains » des multiples recompositions du religieux qui sont à l’oeuvre dans nos sociétés ? »




Il semble intéressant d’aller dans la même logique que Denis Jeffrey, cité par Walzer, Mombelet et Bobineau, afin de chercher à « traduire en termes religieux les opérations symboliques visant à apaiser les angoisses et à enchanter la vie. [...] On cherche à savoir ce qu’il y a de religieux dans bon nombre d’activités banales de la vie quotidienne, [...] on s’efforcera de traduire en termes religieux des activités qui ne possèdent traditionnellement pas un sens religieux ».
Dennis Jeffrey insiste aussi sur la nécessité de « comprendre que cette signification religieuse n’a rien à voir avec l’appartenance religieuse. [...] On doit plutôt présenter un point de vue propice à l’émancipation du sujet religieux. Un point de vue qui favorise la fermentation d’une approche différente de soi, d’autrui et des milieux de vie. Il y a mille et une façons de se penser, de se sentir, de se comprendre, de se constituer comme sujet. Même si elle ne s’identifie pas à une grande religion, à une secte ou à une spiritualité, une personne organise sa religion, sans même la nommer, en fonction de son mythe personnel, de ses croyances, de ses rituels et de ses interdits ».

En prolongeant cette idée, on peut citer Mombelet qui, partant de la réflexion de Jeffrey, affirme que « la religion personnelle se veut sans prosélytisme ni dogme, elle se compose et se recompose au gré des incidents de parcours. En fait, c’est une religion qui jouit d’une grande élasticité. Elle est à l’image du sujet qui la crée ; elle ne forme pas un tout achevé. [...] La religion n’est plus affaire de conduites ou de croyances dictées par un pouvoir supérieur ». La religion postmoderne se distinguerait de même par des principales religions historiques : le christianisme, l’islam, le judaïsme ainsi que le bouddhisme. »
La religiosité imprégnant le metal serait alors caractéristique de la postmodernité.

Selon Bobineau, la religion a « des fonctions de régulation, d’intégration et de socialisation » et elle « offre des modes de significations et des cadres sociaux d’inscription à des individus dans une communauté ou une collectivité » . Ainsi, elle est fortement liée à l’idée de groupe, en l’occurrence celui des métalleux.
Dans une logique plus large, l’idée d’« éclats de religion » est empruntée à Françoise Champion par Mombelet afin de souligner les rapports entre metal et pratique religieuse, avec une référence au concept de « religiosité ».






La religosité metal: prophètes, rituels et communauté


Tout d’abord, on peut s’intéresser à la religiosité dans le rapport entretenu entre le fan de metal et le musicien ou le groupe de metal auquel il s’identifie.
Les métalleux « s’agrègent autour de figures charismatiques porteuses précisément d’un au-delà et relevant de fait de la transcendance » remarque Mombelet.
En effet, les musiciens des groupes et en particulier leurs leaders, représentent ces figures charismatiques, sortes de « prophètes » qui se mettent en scène lors des concerts, véritables rituels, voire « communions » où les « adeptes » du metal partagent leur passion et expriment leur « foi ». On peut également remarquer que c’est parfois le seul cadre où cette expérience réelle de la passion « métallique » peut avoir lieu.
Ainsi, l’anthropologue Sam Dunn, dans son documentaire "Global Metal", se rend aux Emirats Arabes Unis, et plus précisément à Dubaï, afin d’assister au Desert Rock Festival, qui est le plus grand festival metal de tout le Moyen-Orient. Comme lui révèlent plusieurs métalleux originaires du Moyen-Orient, d’Iran, du Liban et d’Egypte notamment, ce festival représente pour eux un de seuls endroits où exprimer leur « dévotion », terme employé par une des personnes interrogées. En effet, ils sont parfois victimes dans leur pays d’une répression forte, notamment à cause de l' influence de la religion dans leur culture, qui tend alors à considérer le metal comme satanique, dangereux pour la morale et attentatoire aux bonnes mœurs. Ces métalleux, l’espace d’un festival, vont alors se projeter en quelque sorte dans une autre forme de religieux, laquelle rime pour eux avec liberté, au contraire de la religion institutionnalisée, en l’occurrence l’islam, qui cherche à limiter cette liberté en lui fixant des limites n’ayant plus aucun sens dans le cadre d’un festival, et plus généralement d’un concert, et est plutôt synonyme d’interdits, de tabous auxquels le metal va apporter une transgression.

Les rassemblements de masse que sont les festivals de metal regroupent sur plusieurs jours des dizaines de milliers de personnes qui viennent partager une expérience particulière. Le Wacken Open Air, qui se tient dans un village du Schleswig Holstein, dans le Nord de l’Allemagne, est ainsi le plus grand festival metal au monde, et a réuni jusqu’à 75000 personnes en 2008. Ce festival se tient tous les ans depuis 1990. Le Rock am Ring, toujours en Allemagne, le Hellfest en France, le Graspop Metal Meeting en Belgique, le festival itinérant Ozzfest aux Etats-Unis, le Rock in Rio au Brésil, le Gods of Metal en Italie, le Metalcamp en Slovénie ou encore le Dubai Rock Festival aux Emirats Arabes Unis sont des festivals metal majeurs dont la fréquentation s’inscrit dans les rites propres à la subculture metal.

Selon Martine Segalen, « le rite ou rituel est un ensemble d’actes formalisés, expressifs, porteurs d’une dimension symbolique. Le rite est caractérisé par une configuration spatio-temporelle spécifique, par le recours à une série d’objets, par des systèmes de comportements et de langages spécifiques, par des signes emblématiques dont le sens codé constitue l’un des biens communs d’un groupe» .
De même, elle remarque : « Pour qu’il y ait rite, il faut qu’il y ait un certain nombre d’opérations, de gestes, de mots et d’objets convenus, qu’il y ait croyance à une sorte de transcendance » .
L’agrégation des métalleux aux figures charismatiques précitées se fait donc lors des festivals et plus généralement des concerts, correspondant, comme l’affirme Mombelet, à des « rites marqués par les excès. De même, les métalleux partagent un stock d'images et des thématiques tournées elles aussi vers les excès et les interdits (sexe, mort, mal, rejet à l’égard de l’institutionnel). Ce stock constitue, avec le rite, une facette de ce qu'il convient de nommer la « liturgie métallique ». Tout comme les signes de reconnaissance d’ailleurs (vêtements noirs, grosses chaussures, signe de la bête, langage vernaculaire) qu'ils adoptent plus particulièrement le temps des rites mais aussi dans leur quotidienneté et qui procèdent d'un cheminement initiatique » .

Selon Mombelet, « Le concert de metal est un rite contemporain. Ce dernier est ici entendu comme l’ensemble des manières d’agir à la fois collectives et répétitives, qui renvoie à une transcendance, qui met en scène des interdits et qui adoucit in fine la vie humaine » .





L’idée du charisme renvoie en particulier aux leaders des groupes de metal, sortes de prophètes : « Outre le fait d’être exprimé à travers maintes et maintes hyperboles et outre le fait de recourir à une rhétorique « religieuse », le culte voué aux prophètes du metal se manifeste matériellement dans l’achat de cds et/ou dans l’intérêt porté à la presse spécialisée et/ou dans l’adhésion à un fan club et/ou dans le port de vêtements aux effigies des artistes et/ou dans le décorum d’un appartement (posters, photographies, places de concerts qui rappellent l’être aimé), etc » .
« Par ailleurs, l’attachement profond éprouvé envers le metal conditionne les actes quotidiens d’une part significative de métalleux, un attachement porteur d’éthique (éthos) » , qui, en tant qu’alternative à une morale se voulant universelle, issue de la société mais en déclin au profit de ces multiples éthiques, comme l’affirme Maffesoli, est constituante de l’identité metal de l’individu.

Mombelet note également que "Les métalleux vivent leur première expérience de métalleux, à travers la découverte de la musique metal, comme un véritable « choc existentiel ». Cette première écoute participe à l’érection de l’artiste en prophète. Prophète qui in fine émeut et meut les métalleux dans leur quotidienneté".

Dans une autre logique, on peut également remarquer que la communauté metal pourrait être considérée comme une secte (au sens wébérien et non commun du terme, c'est-à-dire, selon Willaime, « une association volontaire de croyants en rupture plus ou moins marquée avec l’environnement social », ce qui correspondrait plutôt bien à la définition de la subculture metal qu’on cherche à donner ici.




Les concerts de metal: recherche de la transe et de la transgression symbolique


En s’intéressant plus spécifiquement aux concerts de metal en eux-mêmes, Mombelet, dans son article "La musique metal : des « éclats de religion » et une liturgie. Pour une compréhension sociologique des concerts de metal comme rites contemporains", reprend les notions développées par l’écrivain et sociologue Roger Caillois afin d’étudier les rôles du pogo, des cris, du slam et du headbanging comme pratiques propres aux concerts de metal et expliquer leur portée et leur sens, qui dépasse celui du simple effet cathartique observable au premier abord. Mombelet traite ainsi de la recherche de l’ilinx, de l’alea, de la mimicry et de l’agôn.

Selon Caillois, l’ilinx est « la poursuite du vertige qui consiste en une tentative de détruire pour un instant la stabilité de la perception et d’infliger à la conscience lucide une sorte de panique voluptueuse. Dans tous les cas, il s’agit d’accéder à une sorte de spasme, de transe ou d’étourdissement qui anéantit la réalité avec une souveraine brusquerie ». Selon Mombelet, dans cette même logique, le pogo correspondrait à une logique dans laquelle «La figure de l’enfant éternel, turbulent, consacré par le dieu de tous les excès qu’est Dionysos resurgit le temps du concert et en particulier le temps de cet éclatement comportemental. »
Décrivant le slam, Mombelet note que « le métalleux se délivre des situations quotidiennes verticales ou horizontales et pénètre dans un espace-temps oblique et diagonal propice au vertige. Comme le précise R. Caillois, “on joue à provoquer en soi, par un mouvement de rotation ou de chute, un état organique de confusion et de désarroi (ilinx)” (ibid., p. 47) ».
Autre élément propre aux concerts de metal, les cris, qu’ils soient l’œuvre du chanteur, sur scène, ou celle des membres du public manifestant leur enthousiasme et leur contentement. Ainsi, « Crier à tue-tête [...] procure des sensations [de vertige] » (ibid.,p. 70). Par ailleurs, un tel comportement procède d’un “abaissement de conscience” et de l’expression du caractère primitif qui structure l’animal humain. »
Enfin, « l’alcool constitue sans doute l’un des adjuvants les plus puissants dans la recherche du vertige ».




Pour ce qui est de l’alea, il est fondamentalement lié à une prise de risque, les pratiques des métalleux lors des concerts pouvant en effet déboucher, dans des cax extrêmes, sur des problèmes de surdité ainsi que de blessures, contusions, voire déchirures musculaires (pogos, headbanging).

La mimicry, telle qu’elle est définie par Caillois, est un jeu où «le sujet joue à croire, à se faire croire ou à faire croire aux autres qu’il est un autre que lui-même. Il oublie, déguise, dépouille passagèrement sa personnalité pour en feindre une autre ». L’idée qui peut être reprise ici est que le métalleux joue un rôle, entre dans un personnage en portant un pseudonyme, en se maquillant, en portant son « uniforme » metal, en reproduisant les gestes du leader du groupe jouant en concert (« signe de la bête », cris, …)
Mircea Eliade parle ainsi d’ « imitatio dei ». Il écrit : « [L’homme religieux] ne se reconnaît véritablement homme que dans la mesure où il imite les dieux [...]. L’homme religieux n’est pas donné : il se fait lui même, en s’approchant des modèles divins » .

Enfin, l’agôn symbolise la compétition, l’idée d’imposer sa virilité et sa force sous forme de simulacre, notamment dans les pogos.




Pour expliquer la signification de ces pratiques constitutives du concert de metal en tant que rite, Mombelet écrit également que « l’hystérie, l’extase qui accompagne le rite, qui est un moment d’abaissement de conscience et de « régrédience » doit être compris, pour reprendre les propos de Michel Maffesoli, « comme le refus de cette constante judéo-chrétienne bien théorisé dans son avatar freudien : répression et sublimation. Réprimer tout ce qui vient de l’animalité, afin que les énergies se finalisent vers le haut, s’orientent vers un but à atteindre, se projettent dans un idéal à réaliser. Au contraire, aujourd’hui une hystérie diffuse dans l’air du temps corporéise cet esprit. Elle aboutit à un corporéisme mystique »



Le metal comme "réenchantement du monde"?


Au-delà du rite metal, on peut également s’intéresser à la subculture metal comme synonyme de « réenchantement du monde », pour reprendre l’expression de Maffesoli. Denis Jeffrey note que, dans nos sociétés postmodernes, « Des formes païennes de croyances religieuses reviennent à la mode, des dieux et déesses enterrés depuis des lunes sont ressuscités, la popularité de l’ésotérisme augmente »
Dans cette logique, Emmanuel Garcia explique que « [la magie] permet de soutenir une protestation contre un monde désenchanté, régi par une rationalité scientifique qui divise le monde en “morceaux” ; la magie, elle, obéit à une vision globale de l’univers joignant naturel et surnaturel ».
C’est une façon d’expliquer l’importance accordée, dans la subculture metal, à la fois pour l’occulte, l’ésotérique, le satanisme, mais aussi le paganisme, l’intérêt pour la culture médiévale et d’un autre point de vue, pour la science-fiction ou l’heroic fantasy.



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par Maczym, le 30 septembre 2009
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Commentaires


Voir les 7 commentaires précédents
Merci, content que ça t'ait intéressée! Pas de soucis pour le mémoire, si tu veux donne moi ton mail en mp et je te l'envoie.
lun. 11 janv. 10- 13:46  
Cool, merci :)
lun. 11 janv. 10- 19:18  
tout ça me fait bien rire, j'ai pas tout lu c'est trop long mais merde, quels metalleux se reconnait là, le metal est une passion, comme n'importe quel autre, qu'on arrete de nous gaver avec la religion, la religiosité ce que vous voulez.....
dim. 22 août 10- 22:39  


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