L'histoire de
Sepultura commence très tôt. Le père de Max et Igor Cavalera aura très tôt inculqué l'amour de la musique à ses fils, mais à sa mort, les temps sont durs et la famille Cavalera vit dans une grande pauvreté. Max décide de former un groupe et ses idoles se nomment
Venom,
Slayer,
Hellhammer... Quand le premier album voit le jour en 1985, on se rend compte que le bébé est malformé et très bruyant.
Bestial Devastation et son petit frère,
Morbid Visions, ne sont pas des chefs d'oeuvres, loin de là ! Le groupe joue assez mal, évolue dans les méandres d'un death primaire et nihiliste dans sa forme.
Sepultura ? Un groupe inconnu qui gagne à l'être à cette époque.
Puis arrive alors
Andreas Kisser. D'origines allemandes. Comme un certain
Jeff Hanneman. Avec lui,
Sepultura va rapidement accéder aux divisions supérieures (gardons les comparaisons footballistiques avec
Sepultura, une des grandes passions des Brésiliens). D'abord, avec un
Schizophrenia aux accents de
Slayer très prononcés. En lui-même, l'album est correct, le son un peu plus propre, les soli plus développés. La reconnaissance n'est pas encore au rendez-vous, le metal brésilien ne s'exilant pas facilement. Mais avec
Beneath The Remains, l'histoire prend un nouveau tournant : signature avec le label
Roadrunner qui a le nez creux, explosion mondiale (à une échelle mesurée tout de même), album de thrash/death rappelant furieusement le
Reign In Blood de la bande à
Kerry King, avec certains morceaux encore plus rapides si possible.
Sepultura se taille deux réputations : celle de groupe über efficace de la scène extrême mondiale et celle de copieurs de
Slayer.
Arise en 1991 ne va pas arranger cette seconde affirmation, mais quelle claque ! Pour certains, le meilleur album des brésiliens : thrash, taillé pour faire mal, violent et malsain, Arise est un coup de boule musical. En 1993,
Chaos AD apporte quelques touches tribales au milieu de compositions qui charcutent vilain une fois de plus. Message politisé, riffs puissants et chant hargneux, le groupe s'installe confortablement dans le haut des charts, les clips passent à la télé.
1994 : le Brésil est champion du monde de football.
Sepultura, lui, ne cesse de tourner. La mode est aux tournées marathon (cf
Metallica), mais les fans réclament un nouvel album. Celui-là ne sortira qu'en 1996 et c'est
Roots, un album qui porte bien son nom. En effet, Max a voulu revenir aux racines du Brésil et pour cela, le groupe est allé dans des villages indigènes pour se frotter à la culture musicale autochtone. Pour certains, c'est de trop,
Sepultura va trop loin dans son délire et certains fans font savoir leur mécontentement. Pourtant, l'album tient de nombreuses promesses et se montre relativement variés, alternant compos thrash (Straighthate) et titres plus alambiqués (Ratamahatta). A noter également la participation de nombreux invités sur ce disque, dont
Mike Patton. Puis la même année, le groupe se déchire ; de sombres querelles mêlant Max et sa femme Gloria, manager du groupe. Du coup, Max s'en va fonder
Soulfly. Les brésiliens recrutent alors
Derreck Green pour le remplacer. Et là,
Sepultura va changer de son...
En effet, Green est issu de la scène NYHC et
Against en 1998 sera fortement teinté par ce genre musical. Là commence le désistement le plus important des fans, partis se consoler avec
Soulfly. Andreas Kisser devient plus ou moins la tête pensante de
Sepultura et il poursuit sur sa lancée. [Nation]] aurait du enfoncer le clou, mais les fans boudent une fois de plus l'album. Evidemment, les points de comparaison avec le son du début des années 90 se font bien plus rares et Green peine à faire oublier Max. Mais le groupe n'abdique toujours pas. En 2003, il publie
Roorback, qui ne cherche pas midi à quatorze heures même si l'inspiration ne semble plus la même. En 2006, le groupe tente le tout pour le tout et propose un disque étonnant sans être forcément novateur :
Dante XXI étonne, surprend même : concept album sombre, tournant autour de la Divine Comédie, qui voit
Sepultura oser des choses, là où on ne le croyait plus capable de se mouiller. Réussite commerciale somme toute relative.
Puis en 2007, coup de théâtre, Igor quitte
Sepultura à son tour, pour rejoindre son frère dans
Cavalera Conspiracy. Du coup, la bête, le rejeton venimeux des frères Cavalera est amputé de ses deux figures emblématiques... Pourtant, le groupe continu tant bien que mal et annonce la sortie d'un nouvel album, tournant autour d'Orange Mécanique....