Hot Space avait été une sacrée déconvenue pour le fan qui espérait un regain de rock dans la musique de
Queen : proposant un funk/disco/pop assez fadasse, le groupe anglais avait clairement montré ses limites et son impuissance à s'imposer dans ce style. Au bord de l'implosion,
Queen fait un break avant de revenir en 1984 avec un single qui écœurera plus d'un fan : Radio Gaga se rapproche d'une certaine forme de musique commerciale et ultra mainstream du milieu des années 80.
Roger Taylor joue la sécurité sur ce morceau qui sera un véritable hit pour la Reine avec son clip mêlant les musiciens à des images du film Metropolis de Fritz Lang. Puis qui n'a jamais levé les bras en rythme sur le fameux break de cette chanson ?
The Works est dans la continuité de single, proposant des titres très arrangés, avec une batterie au son synthétique si possible, mais on note une volonté du groupe de revenir à un style plus baroque sans pour autant toucher au génie qui le caractérisait dans les années 70. Ainsi, les singles se succèdent et étonnent de par leur diversité (entre le grandiloquent It's A Hard Life et le cultissime I Want To Break Free et son clip déjanté il y a un monde de différence). On passe volontiers de la pop à un hard rock carré et efficace (le monumental Hammer To Fall, Tear It Up dans une moindre mesure, ce morceau souffrant d'une rythmique insupportable).
Brian May refait rugir sa Red Special et on ne peut que s'en réjouir même si dans l'ensemble, il y a de quoi être un brin déçu.
Certes, faire le difficile après un Hot Space éreintant pour l'auditeur n'est pas vraiment une option, il convient de prendre The Works comme il est, à savoir un album qui parvient à redresser la barre sans pour autant rassurer complètement. D'accord, il y a des guitares, un petit grain de folie assumé par
John Deacon et
Freddie Mercury, il y a également le douloureux et désabusé Is This The World We Created magnifique, dualité entre une guitare sèche et la voix magistrale de Freddie Mercury, mais on peut rester dubitatif quant à Man On The Prowl qui pourrait figurer dans la discographie d'
Elvis Presley, ces parties de batteries qui s'échappent dans une autre dimension et qui surtout ne résistent pas au poids du temps.
The Works est un album facile, sans grande inventivité, mais qui toutefois s'écoute sans vraiment de déplaisir. Mais on avait été habitué à un tel niveau dans les années 70 qu'il parait difficile de se contenter d'un album tout juste sympathique.