Il aura fallu attendre 8 longues années, ainsi que de nombreux déboires personnels dont certains dans lesquelles l’intégrité physique même de l’homme fut mise à mal, avant que le chanteur Mike Matijevic ne vienne se rappeler à notre bon souvenir. Et d’emblée le doute légitime qui nous étreint, à la découverte de ce nouveau manifeste, réside dans cette durée qui le sépare de son prédécesseur. Celle là même qui aura vu la naissance, l’essor et aussi la disparition de divers courant, ne peut constituer qu’un lourd inconvénient. Cette évidence est d’autant plus vraie que Tangled in Reins, œuvre précédente du groupe, inscrivait son propos dans une démarche certes éminemment séduisante mais très ancré dans l’immédiate contemporanéité de son époque. En effet malgré les exceptionnels talents particuliers de son chanteur lui conférant une dimension très singulière, difficile de nier que musicalement l’œuvre n’est rien d’autre qu’un album de Hard-US certes excellent mais sans réelle révolution à l’horizon. Or le paysage a beaucoup changé en ces temps évolutif.
Alors que nous réserve Steelheart à l’orée de ce nouveau millénaire ?
Si autrefois les influences de ce groupe semblaient se nourrir des travaux de Motley Crue, Tora Tora ou encore de
Skid Row, tel n’est plus le cas aujourd’hui. Abandonnant son Hard-US racé au profit d’une musique Rock Pop dans lequel viendrait, subrepticement, s’égarer quelques riffs amorphes et sans convictions, Steelheart semblent désormais se complaire dans une musique poussive où la médiocrité apparait comme un critère inéluctable. Pire, au cœur de cet ostensible naufrage tranquille et sans heurt, même les atouts antécédents de ces américains sont étonnamment silencieux. Ainsi, en effet, l’exceptionnelle voix de Mike Matijevic, bien que présente, est bien trop insuffisamment mise en exergue pour rehausser la fadeur de ce plat globalement insipide.
Et de cette ensemble manquant singulièrement de percutant, rien ne semblent capable de s’extraire positivement afin de pouvoir éveiller en l’auditeur assommé un intérêt suffisant. Ainsi les titres en pénurie de vivacité s’enchainent sur de molles mélodies conjugué à cette impression de déjà entendu où l’on croit reconnaitre, ça et là, les influences de certains illustres représentants de la musique Soft/Pop Rock tels que U2 par exemple (We All Die Young et Say No More, notamment). Toutefois ces titres, bien qu’insuffisant, apparaissent encore comme présentables, comparés aux autres atroces rengaines que ce Wait nous offre. Ainsi des morceaux tels que Electric Chair, All your Love, Shangrilla, Garden of Delight ou encore tels que Wait, le seul qui s’en sortes, à peu de chose près, de manière acceptable, mais aussi tels que Virgin Soul et Forgive Me, sont juste indignes de Steelheart. Ces titres, aux allures de ballades ou du moins de chansons à la légèreté assimilable, offre la quintessence mielleuse de friandise aux mélodies soporifiques. Bien évidemment, impossible de taire le fait que cette album était initialement prévu uniquement pour le marché asiatique très friand de ce genre de romance musicale, cependant huit bluettes sur un total de douze titres représentent un ratio presque intolérable. Et ce d’autant plus que le reste de l’opus n’est guère de nature à nous réjouir.
Délaissant les routes familières d’un Hard-US dans lequel, pourtant, il excellait ; Steelheart nous propose, avec ce Wait, un terne condensé de Soft/Pop Rock dans lequel il corrompt totalement son identité autrefois remarquable. On pourrait ne pas critiquer cette démarche évolutive si le résultat n’était pas aussi piteux, pauvre, inintéressant, insignifiant…