S’il avait fallu fondre des parties de Flamenco dans du Death Metal pour être original, voilà bien longtemps que quelqu’un y aurait pensé. Et j’imagine que les groupes en quête d’originalité sont légion. Pourtant, il fallait y penser, mais ça ne suffit pas, il faut aussi du talent !
Après un bon nombre de démo et de splits, le nom de Impureza commençait a sérieusement circuler dans les milieux underground. Il est clair qu’à première vue, difficile de prendre le groupe au sérieux. Mais quand le nom Nihilistic Holocaust apparaît, là, tout le monde ferme sa gueule. Il aura pourtant fallu attendre cette année 2010 pour que le groupe sorte son premier album sous la bannière Snakebite Productions.
Et qu’on se le dise, Impureza revient plus puissant que jamais ! Alors pour les curieux, oui ! Impureza joue du Flamenco Death Metal ! Alors ça donne quoi ? Eh bien tout simplement, le groupe nous livre des passages en guitare acoustique dignes des grands maîtres espagnols virtuoses. Et très vite, des guitares saturées à mort, une batterie surpuissante etc. prennent le dessus. Des vocaux brutaux viennent ajouter la hargne propre au Death Metal, et ainsi, on sentira aisément l’ombre de
Immolation ou
Nile planer sur Impureza. Le son est vraiment très très puissant, et croyez-moi, ça fait mal, très mal même ! Mais le plus impressionnant reste sans doute la capacité déconcertante à intégrer ces deux styles si différents que sont le Flamenco et le Death Metal dans un seul et même morceau. On passe en quelques secondes d’une brutalité sombre et exacerbée à des envolées dansantes sous le soleil sans vraiment s’en rendre compte. Chaque note de chaque instrument s’intègre à merveille dans cette déferlante de rage. Sachez au passage que même si les titres et le chant sont en espagnol, ces gaillards sont bien ce chez nous ! Et on peut en être fiers ! Et c’est dans un tourbillon de folie que l’auditeur est assommé par des compos vraiment énormes et brutales. Et malgré ce qu’on peut penser du Flamenco, ce que joue Impureza est bien loin d’être de la musique de fillette.
Un rapide coup d’oeil du côté de l’artwork nous donne plus la sensation d’avoir affaire à un éternel groupe de power prog sympho. Et bien malheureux celui qui passera son chemin à cause de cette pochette peu parlante pour l’amateur de Death lambda habitué à du gore gratuit. Impureza nous surprend jusque dans son artwork, il fallait le faire !
En tout cas, les mots me manquent pour décrire cette tuerie, cette surprise, ce carnage, cette claque, je ne sais même plus comment appeler ça… En tout cas, une chose est sûre, on salue la présence de Stéphane Buriez derrière les manettes qui permet ainsi à La Iglesia Del Odio d’avoir cet impact aussi sensationnel !
Face à tant de maîtrise, face à tant d’originalité, et face à tant de puissance, on peut facilement dire qu’on tient-là une des sorties de l’année, voire LA sortie de l’année, du moins en ce qui concerne la France !