Rapture, avec son Doom Gothique Mélancolique, a tout d'un énième groupe finlandais en manque d'originalité. Pourtant, il suffit de jeter une oreille à cette belle brochette de musiciens pour se rendre compte que Rapture a plus l'allure d'un all-star band qu'autre chose, avec ses membres issus de formations telles qu'Ikuinen Kaamos,
Ensiferum ou encore
Shape of Despair...
C'est donc avec un tout nouvel intérêt que les finlandais sortent en 2005 leur troisième opus, Silent Stage, trois années après Songs For the Withering.
Le programme est des plus alléchants: un Doom mélodique, teinté d'un soupçon Gothique, lui-même noyé dans une certaine amertume omniprésente. Plus de quarante minutes d'une recette qui a su prouver son efficacité, et c'est parti.
Silent Stage enchaîne les tubes du genre, mêlant refrains accrocheurs ("Misery 24/7", "The Time We Bled (Closure)"...) à des riffs inspirés ("Misery 24/7", "The Past Nightmares", ou encore "Dreaming of Oblivion"). Les solis sont évidemment de sortis, et c'est un véritable travail d'orfèvre qui a été réalisé aux niveaux des guitares. Ce sont en effet elles qui se chargent de transmettre le gros des atmosphères, et le moins que l'on puisse dire, c'est que la paire Ahokas-Ullgrén sait y faire dans le domaine!
Tantôt sombres et puissantes, tantôt rêveuses et aériennes, les neuf compositions de Silent Stage évitent soigneusement le piège de la redite. Le jeu est varié, à l'image de la prestation convaincante des deux chanteurs (mention spéciale pour Petri Eskelinen et son chant clair passionnant!)...
Tour à tour, les influences vont et viennent, laissant planer un spectre reconnaissable sans toutefois s'imposer. On pense évidemment à
Shape of Despair et
Katatonia, mais aussi et surtout à
Paradise Lost ("I Am Complete", "Cold on My Side"...). Cela dit, Rapture est bel et bien parvenu à imposer son propre son, dans un style souvent difficile à marquer pour son originalité.
Silent Stage brille par son inspiration, c'est évident, mais aussi par ses multiples contrastes. En alternant parties dites 'extrêmes' (le mot est un poil poussif) à d'autres plus ambiantes, c'est un opus marqué par un certain relief qui s'offre à l'auditeur, une sorte d'océan sonore qui se déchaîne sur les "The Past Nightmares" et "Silent Chrysalis Stage" avant de se calmer sur les somptueuses interludes instrumentales "Completion" et "For the Ghosts of Our Time".
Les finlandais, en ayant fait appel aux services de Mika Jussila des Finnvox pour le mastering, ont opté pour un rendu compact, imposant par son côté lourd (héritage direct du Doom), mais qui ne laisse en aucun cas de côté les mélodies (l'exemple le plus frappant: l'intervention du clavier sur "I Am Complete").
Un gage de qualité qui, ajouté au passé des musiciens, a de quoi en faire saliver plus d'un (ce n'est pas pour rien si Spikefarm Records a mis la mais sur Rapture...).
Au final, avec ce troisième opus, les finlandais de Rapture ont placé la barre à un niveau bien supérieur par rapport à nombre de formations évoluant dans le style. En mixant les influences et le jeu riche de ses musiciens, ce véritable super-groupe a pondu-là un album qui mérite pleinement sa place dans votre top 10 "Finland Metal"!
Un album varié, mature et parfaitement maîtrisé, une belle collection de morceaux inspirés et un certain potentiel accrocheur font de Rapture une formation qui a définitivement de quoi faire chavirer le cœur de nombreux fans...