On avait laissé le combo de Philadelphie en 2007 sur un album massif, le maintenant incontournable Wake Lift. Il y avait donc beaucoup d’attentes quant au nouvel album de Rosetta. Et puis, voila, la date fatidique du 25 mai 2010 est arrivée et il est apparu. Un nom, une image : A Determinism of Morality. Un bien joli nom d’album. Mais peut-on en dire autant sur son contenu ?
L’écoute s’est fait attendre, mais la conclusion est mitigée. Plusieurs bons points mais aussi des faiblesses jalonnent cette production de postcore lunaire. Commençons donc par le positif.
Comme à son habitude, Rosetta n’a pas son pareil pour dénicher les mélodies qui restent en tête et qui savent maintenir son auditoire en haleine. A ce titre, c’est la part purement calme et mélodique qui fait tout le charme de cet album. « Je n’en Connais pas la Fin » et son arpège mélodique incroyablement aérien est de ce fait exaltant, tout comme l’introduction ô combien planante de la sublime « Revolve », un des titres phares de cette production.
Autre aspect positif, et non des moindres : le chant. Jusqu’ici, Michael Armine nous avait surtout habitués à son chant metal à la limite du hardcore. Alors même si les variantes sont encore peu présentes dans son chant, il faut quand même saluer l’importance de l’effort effectué sur le titre « Release ». Un titre dans lequel le frontman s’essaie avec brio au chant clair, un exercice parfaitement négocié et qui fait de ce morceau le second temps fort cette galette. Mais il n’est pas le seul à ne pas chômer puisque ses compères jouent eux aussi un rôle important dans la mécanique de ce skeud, notamment le batteur, toujours aussi survolté.
Mais comme je l’ai écrit plus tôt, cet album n’est pas exempt de défauts. Premièrement, on sent ici que la patte
Isis est encore plus présente que par le passé, notamment sur « Je n’en Connais pas la Fin » et sur « Blue Day for Croatoa ». Du coup, Rosetta semble se perdre en chemin. Autre erreur de la part du groupe en provenance de Pennsylvanie : le retour à des mélodies plus calmes. Bien que gardant des racines purement postcore, Rosetta semble se détourner de sa violence originelle qui rendait The Galilean Satellite si jouissif. La violence singulière d’un « Au Pays Natal » disparaît ici au profit d’une veine mélodique pas toujours bien sentie (« Blue Day for Croatoa » et sa lenteur pesante).
Au final, A Determinism of Morality alterne le très bon et le mauvais. Avançant vers une part plus mélodique, Rosetta renie sa violence passée. Pour autant, le combo a su donner une légitimité à sa démarche, surtout découvrable à l’écoute du dyptique « Release-Revolve », véritable base de cet album. Si la production est elle irréprochable, on pourra regretter toutefois le rapport trop évident avec
Isis. Un album à écouter bien entendu, mais petite déception quand on connaît Wake Lift et surtout The Galilean Satellite, premier album de ces américains au devenir on-ne-peut-plus assuré.