
Reload (Album)
Oh la claque ! Je m'étais pas pris une baffe comme ça avec Metallica depuis Master Of Puppets ! Qui aurait pu croire que les inventeurs du Thrash, ceux qui ont composé Kill Em All, Ride The Lightning, et tout, et tout, sortiraient cette daube insipide? Encore le Black Album, malgré son gout radiophonique désagréable, proposait une certaine vision d'un Heavy Metal lourd et puissant. Mais avec ReLoad du coup... Le groupe propose une certaine vision d'un Rock mou et chiant.
Les médias ne nous rendraient jamais Metallica, ça on le savait, mais une telle métamorphose en un groupe de seconde, voire de troisième zone (d'un point de vue qualitatif) était elle nécessaire au groupe pour rester à l'aise financièrement? Hetfield se ridiculise avec des "mimiques vocales" et des "Yeahiiiiiyeeeeeeaaaah !" doublés d'une incapacité totale à gérer les aigus sous peine de sombrer dans une sorte de cri immonde à la limite entre le mauvais gout et la fausse note. Depuis qu'il a apprit à chanter à l'époque du Black Album, il fait à peu près n'importe quoi en fait. On regrette presque la période Kill Em All bourrée d'échos pour donner rage et intensité au chant. Quand aux autres membres du groupe, c'est pas beaucoup mieux : Ulrich troc sa frénésie contre du swing, Kirk Hammett délaisse sa virtuosité pour des soli tous plus kitchs les uns que les autres et Newsted fait son job sans trop attirer l'attention sur lui (c'est pas moi qu'irait blâmer sa discrétion en tout cas, sur un album comme Justice ça doit être frustrant mais ici ça l'arrange).
ReLoad pourrait être un album concept sur le néant tellement y'a rien. Y'a des grattes, du chant, de la batterie, et même de la basse, mais pourtant y'a rien. C'est presque exclusivement du remplissage, et quand c'est pas simplement "moyen", c'est juste "inécoutable". Genre Fuel et ses allures de "Hey, on va vous montrer comment faire du Rock mature et intelligent, qui plait à tout le monde, du vieux routard amérloque de 50 ans jusqu'au couple de retraité qui veut se péter un moment de folie sur une musique ultra violente !", ou encore les deux monuments en cartons pâtes Fixxxer et Low Man's Lyric, qui ont tout de l'archétype de la longue composition chiante et stérile. Nothing Else Matter puait la ballade adolescente, mais elle puait quelque chose au moins, et restait susceptible de plaire pour peu qu'on soit pas trop anti-ballade mielleuse. Ici y'a rien, ça ne sent rien, ça ne sert à rien en fait. Et on ne peut même pas accorder à Merdallica l'argument du "si le méchant Int n'aime pas c'est parce que le groupe est devenu mature" tant la prostitution musicale effectuée avec ReLoad Le Pop est plus immature que les sommets de compositions atteints avec And Justice For All Le Progressif.
Soyons clair : je ne demande pas au groupe de répondre exactement aux attentes des fans de la première heure, mais au moins de dégager un certain feeling quand ils veulent renouer avec leurs racines Hard, un certain talent quand il s'agit d'installer de longues compositions (merde, ils savent le faire ça pourtant) et un minimum d'émotion dans les passages plus calmes (et Dieu sait si y'en a). Mais ici, y'a rien. Le groupe s'embourbe dans un espèce de Rock/Hard Rock light, bourrés de riff aussi mélodiques que pas bandants, de soli clichés à souhait, de rythmiques sautillantes et insupportables et de mélodies plates, et ne parvient pas à décrocher ne serait ce qu'un pauvre petit headbang, ni un petit frisson. Lamentable.
![]() Chronique précédente | ![]() Tout | ![]() Chronique suivante |

: Voir les paroles
: Ecouter l'album