Steve Vai n'avait plus grand chose à prouver quant à ses qualités, sa carrière se suffit à elle-même. Ayant accompagné l'immense
Frank Zappa (le plus grand guitariste que le monde n'ait jamais eu ? Peut-être bien, la vache, il me manque...),
David Lee Roth et même
Whitesnake sur le controversé
Slip Of The Tongue, deux albums solo sans oublier une pléiade d'apparitions diverses et variées... Un guitariste reconnu par ses pairs. Puis voilà que déboulant de nul part arrive ce Passion And Warfare et là, la claque. Il n'y a pas d'autre mot. Ce disque est une correction pour tous les apprentis guitaristes qui se casseront les dents sur ces morceaux incroyables.
Passion And Warfare est un disque entièrement instrumental et chaque composition est un nouveau voyage dans la démesure, où se côtoient feeling et créativité en un cocktail explosif. Avec son Ibanez 7 cordes, Vai exploite les capacités de l'instrument, le triture jusqu'à obtenir les sons les plus bizarres. On n'écoute pas cet album sans penser aux expérimentations des premiers albums de
Queen où
Brian May tirait des sons extra-terrestres, ou à ce regretté Frank Zappa dont l'ombre planera toujours sur l'oeuvre de Steve.
Vai ne se prend pas au sérieux là où une myriade de guitars heroes se la pétaient comme des andouilles sur le grill. Il s'amuse, distille des notes d'humour tapageuses (Greasy Kid's Stuff ou le monumental The Audience Is Listening) avant de naviguer à contrecourant avec une certaine maestria. Comment ne pas saliver devant le feeling de For The Love Of God belle à pleurer ou face au subtil Blue Powder ? Ensuite, certaines expérimentations laissent doucement pantois, on n'est pas certain de comprendre ce qu'il cherche à faire avec Ballerina 12/24 ou Alien Water Kiss au son déchirant, trafiqué à l'extrême.
Passion And Warfare n'est pas un disque simple. L'approche mélodique peut être déboussolante, les compositions ne laissent pas indifférent. Pour ceux qui n'aiment pas le hard rock de façon instrumental ne risque pas d'adhérer au discours de Vai. Ceux qui pratiquent la guitare peuvent être dégoûtés par la technique de l'américain, mais l'un dans l'autre, ce disque est excellent, débordant d'inventivité.