Lost Vital Spark s'est formé en 2002, après avoir écumé les scènes et s'être forgé une bonne prestance scénique, c'est seulement en 2010 que sort enfin dans les bacs « Leviathan », le premier album des Allemands. Malgré s'être bel et bien fait désirer, c'est plus ou moins conquis que l'on ressort de cet album.
L'artwork représente des rouleaux de vagues desquelles sortent des mains tentant de saisir un personnage semblant hurler. C'est sous forme de dessin aux gros traits que Lost Vital Spark a décidé d'illustrer son album. Car en effet, ce dessin interpelle : tout est fait pour faire penser à la mer, ne serait ce que par ce qu'il représente (même si cela paraît logique...) ou par les couleurs : dominante de bleu et de gris. On a un petit peu l'impression de se retrouver au sein d'un manga, mais celle ci restera veine lors de l'écoute de l'album.
Un leviathan est un monstre gigantesque, représenté sous les traits d'un cataclysme modifiant l'ordre de la planète ou pouvant la détruire. Pourrait-on voir ici la destinée de Lost Vital Spark ? Un groupe énergique capable de nous retourner le cerveau de part la puissance et la violence de ses morceaux que l'on se prend en pleine face ? Peut être oui.
Dès le premier morceau, on est assené de riffs accrocheurs, teintés de mélodies qui nous entrainent directement, et sans retour, dans le monde de Lost Vital Spark. « Stereotype » pose les bases de l'album, nous ouvrant les portes du royaume régit par ce monstre marin. Les influence de death mélodique se font ressentir dès le premier morceau engendrant ainsi une première frayeur : on pourrait se croire face à un jeune groupe surfant sur la vague du death mélodique, sans grand intérêt, nous servant des solos à tout bout de champs. Mais non... Il n'en est rien. Lost Vital Spark jongle avec des riffs tantôt lourds de véracité, tantôt plus légers et mélodiques. Mais la sauce prend et c'est alors que l'on attend impatiemment la fin de la recette...
On sent le Monstre près à se détacher de ses chaînes et à rependre chaos et destruction au sein du royaume qu'est le sien. La Bête a tellement lutté pour briser ses liens que plus rien ne pourra l'arrêter.
Metalleux, tenez vous près à vous prendre une bonne claque.
Cependant, les influences Metalcore ressortent beaucoup. En effet, vous allez me dire que Lost Vital Spark est principalement un groupe de Death
CORE, mais là n'est pas le problème. Bien qu'en ce moment la tendance soit au Metalcore exacerbé, c'est avec parcimonie que les Allemands nous le servent, sachant rester dans leur style tout en y accolant bon nombre d'éléments « core » (tout comme mélodiques d'ailleurs, sans pour autant tomber dans l'outrance). « Hypcorite » en est un bel exemple : prenez une pincée de mélodique, une autre de « core », une poignée d'ingéniosité et vous obtenez ? Lost Vital Spark évidemment.
Denny et Benji, officiant aux guitares, entament une déferlé constante de riffs, tantôt lourds et chaotiques, tantôt saturés, venant sublimer les growls et les screams incontrôlables de Steff, modulant impeccablement les variations de sa voix, on sent toutefois une légére faiblesse de la part de la voix claire, trop fade et tremblante. Cependant, le groupe n'a pas décidé de la mettre en avant dans l'album. « The Outcry » nous propose un fervent mélange de riffs lourds et légers à la fois et de changements de rythmes bien réalisés.
La basse, sous les doigts d'Andreas, tend à donner plus de torpeur et de profondeur aux morceaux, permettant ainsi de donner toute la valeur aux changement de rythmes et de riffs opérés au sein de ceux ci.
Manes, au tabouret, nous envoie roulements et double pédale renforçant ainsi cette puissance insoupçonnées émanant des morceaux. En effet, c'est la batterie qui mène le jeu dans « Progress », nous offrant même un petit solo inattendu. Encore une preuve que les Allemands de Lost Vital Spark savent nous surprendre. Les accords de guitares sont bien ficelés, montant crescendo jusque l'explosion du morceau lui même.
Le Créature Marine opère de son charme nautique sans fin, en nous entrainant dans le tourbillon deathcore de Lost Vital Spark.
Toutefois, il est important de garder à l'esprit que les Allemands sont encore jeunes. Ces chiens fous se lancent dans une musique qui n'a pas encore atteint sa maturité, et on le sent. Ils restent dans du conventionnel tout en apportant leur propre touche. Le manque de prise de risque fait cruellement défaut à l'album, le laissant ainsi prévisible. Une impression de déjà vu peut donc se faire sentir lors du déroulement des morceaux de « Leviathan ». Les Allemands restent cantonnés aux bonnes vieilles recettes qui marchent. Malgré cela, on est tout de même vite emporté par la fureur juvé
nile du groupe, sentant un très bon potentiel de la scène Deathcore.
Lost Vital Spark pourrait se résumer en un mot : puissance. En effet, nous avons affaire ici à une véritable bombe sur le point de littéralement exploser. Celle ci se produit lors de l'écoute de l'album lorsque nos oreilles se heurtent à ce son virulent et assourdissant d'intensité. Mais Lost Vital Spark manque malgré tout d'expérience, chose pouvant ainsi se comprendre. « Leviathan » reste malgré tout un album prometteur et brillant, donnant un peu de couleur à la scène Deathcore que l'on connait. A avoir à l'œil...Très attentivement !