C'est indéniable, Severe Torture est ce que l'on pourrait appeler une valeur sûre du Death Metal. Formé en 1997, c'est aux Pays Bas que le quatuor compose ses premières compositions qui les lanceront sur le devant de la scène death. Cependant, le groupe connait de nombreux bouleversements. Boulversements qui auraient pu remettre en question l'avenir du groupe. En effet, après un changement de label, passant de Fadeless Records en 2000 à Earache Records en 2005, le groupe se pose enfin et est bien décidé à nous balancer du gros son à la figure.
L'artwork nous entraîne dans l'enfer Severe Torture dès le premier regard. En effet, nous sommes face à une jaquette froide et sombre représentant des têtes de drôles de créatures ressemblant à des elfes ou je ne sais quoi d'autre, coupées en pleine action nécrophage : des têtes de nourrissons apparaissant à l'entrée de leur bouches béantes flottant EVIDEMMENT dans une baignoire remplie de sang. Mais c'est cela qu'on aime dans les thématiques death : du sang en veux tu, en voilà, ça déborde, ça suinte, c'est crade ! Mais qu'est ce que c'est bon !
Or, il est impossible de passer à côté du fait que cette pochette nous fait penser à un certain groupe de death... J'ai nommé
Cannibal Corpse ! Il ne va pas sans préciser que Severe Torture a fait la première partie de ce groupe sur la tournée de 2002 et lui a très souvent été associé, ne serait ce que musicalement. Cela pourrait tout bonnement servir d'excuse à Severe Torture : bah oui, quand on est un jeune groupe, on se cherche, et quand on se cherche on se nourrit de ses influences : c'est à dire dans le cas présent,
Cannibal Corpse.
Cependant, le groupe est bien loin de sombrer dans la pâle copie. Non. Nous en sommes à des années lumières (on fait ce qu'on peut en matière d'expressions temporelles, c'est la rentrée...). Des influences évidentes telles que
Nile sont ressenties, par exemple dans le morceaux «
Grave Condition » où les riffs lourds et remplit de sonorités variées nous rappelle le groupe Américain. Serait également présente une influence rappelant le groupe
Suffocation ? Sûrement, oui, ne serait ce que dans le morceau « Inferior Divinity ». Mais cela n'entrave en rien la personnalité que s'est forgée le groupe au fil des années et comme on dit, nos influences font de nous ce que nous sommes, et ce n'est pas pour nous déplaire, bien au contraire (admirez donc cette rime si subtile...)!
« Slaughtered » signifie en anglais « abattu ». Un mot, simple, emplit de sens. Sûrement notre piteux état après l'écoute de cet album ? Oui, c'est clair, net et précis et tout ça dans le bon sens du terme. De plus, cet adjectif rend bien compte de l'état d'esprit et ce signifie réellement le genre Death Metal. En effet, « »Slaughtered » fait référence aux carnages, à tout ce sang ornant salement les jaquettes des groupe de death. Tout est fait dans la mesure tout en donnant une impression de « trop », toujours trop.
Ne nous égarons pas non plus de l'album que nous balance Severe Torture. Le groupe est là pour faire tomber des têtes et nous le font savoir dès le morceau d'ouverture de l'album : «
Grave Condition » démarre sur les chapeaux de roue, pas le temps de se poser, c'est parti et tant pis si vous ne suivez pas ! Le groupe est là pour nous balancer des riffs lourds et puissants à la figure, nous enivrant d'une énergie malsaine et méprisante. Toutefois, Severe Torture ne nous assomme pas avec de la buche à fond la caisse. L'instrumetal de « To Relieve The Mortal Flesh Of
Pain » permet d'aérer les compos et donne plus de relief à l'album, on est ici face à une réelle recherche de musicalité de la part du groupe.. Ce morceau est placé en avant dernier, comme pour nous permettre de prendre une bonne bouffée d'oxygène avant le coup final... Fatal.
Thijs et Marvin officiant aux guitares nous matraque sans arrêt d'accords plus malsains et dérangeants les uns que les autres, entamant une sorte d'envolée délirante emplit d'énergie et de violence. Patrick Boleij, duquel les doigts titillent la douce et effrénée basse, permet aux morceaux d'acquérir plus de profondeur et de précision. Nous sommes ici bien loin de death metal de base qui a pour unique but de faire saigner nos douces oreilles, nous sommes en tête à tête avec Severe Torture.
Les fûts sont ravagés par la force de Seth Van De Loo, qui ne lésine pas sur les blasts et la double pédale. Les morceaux sont ainsi dotés d'une puissance colossale, malmenant et éradiquant toute forme de vie sur leur passage.
Les vocaux rauques et gutturaux à souhait de Dennis Schreurs se calent parfaitement aux instrumentaux des musiciens, ceux ci faisant preuve d' une osmose parfaite les uns avec les autres. Ils ne forment qu'un tout en étant indépendant. En effet, ce qui est appréciable c'est qu'il est possible de saisir parfaitement toutes les structures de chaque morceau. Les guitares ne sont pas mélangées avec la basses, la batterie ne forme pas un son brouillon et dégueulasse et le chant se pose parfaitement au dessus de ce breuvage perfide de brutalité. Hé oui, c'est ça de bénéficier d'une bonne production...
Severe Torture signe avec "Slaughtered" un retour fulgurant, comblant les premiers comme les nouveaux adeptes du groupe. Le groupe a d'abord chercher à retourner à ses racines, en produisant un son leur étant propre tout en apportant aux morceaux de nombreuses influences, donnant ainsi à l'album tout une diversité musicale ne se focalisant pas dans un seul genre de morceau. C'est alors que "Slaughtered" prend tout son sens, attention les chevelus, des têtes vont sauter !