En 1990, Extreme débarque avec sa sympathique mais ô combien commerciale ballade « More than Words ». Un titre qui permet au groupe de Boston d’exploser à la face du monde, cinq ans après sa création. Mais derrière cette chanson (et on l’oublie trop vite) se cache un véritable monument de hard rock funk metal, un de ces disques comme on en fait plus.
Si on se penche vraiment sur cette galette, on découvre des titres jouissifs à souhait. Ainsi, dès l’introduction «
Decadence Dance », les américains envoient la sauce, dirigés par le génialissime Nuno Bettencourt, guitariste de grand talent qui distille tour à tour riffs funky et mélodies hard rock. C’est d’ailleurs de lui que se dégage l’âme de cet album, tant son travail de composition est riche et séduisant, à l’instar d’un « Get the Funk Out » puissant où le chanteur Gary Cherone propose une partition des plus audacieuses, suppléé de belle manière par des cuivres à la James Brown.
Mais la véritable réussite de cet album réside dans le fait que les musiciens parviennent à jouer dans différents registres : du rap d’un « When I’m President », on passe à la fureur hard rock de « Pornograffitti » avant de repartir vers un registre plus classique avec « He Man Woman Hater » dans lequel Nuno Bettencourt reprend de façon très personnelle et avec une virtuosité sans pareille le célèbre « Vol du Bourdon » de Rimsky-Korsakov, accompagné d’un solide batteur qui propose une rythmique impeccable. Un morceau excellent.
Et même si certains titres sont en-deçà, moins originaux et assez répétitifs (« It’s a Monster » et son solo à la
Joe Satriani; « Song for Love » et ses accents Queenesques), il ne faut pas oublier toutefois qu’il s’agit là du second album d’Extreme qui essaie de tracer son chemin dans la sphère hard rock déjà bouchée. On pourra toutefois objecter le fait que ce disque est plus celui de Nuno Bettecourt que d’Extreme, tant le guitariste de génie pose sa patte sur cet essai. Ce n’est qu’un détail cependant, tant on est subjugué par cette musique aux relents boogie.
Avec ce Extreme II : Pornograffitti, la formation américaine maîtrise son sujet. Proposant un album aux multiples influences et à la production impeccable, le combo de hard rock s’ouvre une voie faite de réussite en ce début de décennie. Extreme va finalement pousser ses pérégrinations musicales jusqu’en 1996 avant de splitter. Ils reviennent dix ans plus tard, au plus grand bonheur de leurs fans. Témoignage d’un hard rock nouveau, tout fan d’Extreme et de hard rock en général se doit de posséder ce Extreme II : Pornograffitti, un album original et intemporel.