Alles Lüge est le premier maxi proposé par
Lacrimosa, juste entre Einsamkeit et Satura et ce en mettant un avant une chanson qui n'apparait en définitive sur aucun des deux opus précités. On ne peut pas dire que ce produit ait eu une importance capitale pour le projet de
Tilo Wolff, même s'il s'avère en définitive un bon aperçu de la direction musicale qu'il s'apprêtait à suivre et le succès qu'il a eu à sa sortie, asseyant un peu plus la réputation déjà assez flatteuse de
Lacrimosa outre-Rhin.
Avec sa pochette d'une simplicité édifiante, presque minimaliste, Alles Lüge n'aurait peut-être pas du rencontrer son succès. Quand on s'arrête à un point de vue global. Si l'on se penche sur l'aspect musical de la chose, c'est une autre histoire. Même sans clip pour promouvoir ce maxi single, le morceau-titre est assez fort pour rapidement devenir fédérateur dans le genre.
Toujours dans une optique darkwave nimbée de sons electro, le titre est bâti sur une mélodie simple mais entêtante, sur laquelle la guitare vient se greffer en arrière plan, sans prendre le dessus sur les claviers et les programmations (dont la batterie). Le chant de Wolff, mélancolique et acide est toujours légèrement trafiqué comme sur les deux albums précédents et pose un tout bonnement efficace. La montée en puissance se fait vite et capte l'auditeur. C'est sombre, malsain, désespéré et on se laisse glisser dans ce spleen qui se refuse à devenir mortifère. Certes, les passages electro risquent d'en défriser certains, vu qu'ils sonnent tout de même un peu datés (1993 tout de même, ça ne rajeunit personne...). La version remixée prend quant à elle des atours plus rêches. La batterie est toujours programmée, mais l'ensemble sonne de façon plus organique et le côté artificiel est moins présent. Quoiqu'il en soit, ce titre est devenu depuis un grand classique pour
Lacrimosa, qui interprètera systématiquement la chanson sur scène, dans diverses versions (voire de façon très agressive, voir le Live de 1998).
Diener Eines Geistes, déjà présent sur Einsamkeit, est présenté ici avec un mix différent, qui ne varie finalement pas beaucoup de l'originale, mais la chanson étant bonne à la base, elle le reste ici, avec sa guitare un peu folle et son tempo plus rapide.
Ruin, sombre et glauque, est disponible également sur certaines versions de Satura (pas de façon systématique, donc et peut alors faire officie d'inédit). Titre lent, au bord de la plus profonde des dépressions, il achève l'auditeur qui finalement n'aura pas été trop secoué d'un point de vue émotions jusqu'ici.
Alles Lüge n'est pas seulement à réserver aux fans. S'il y a un maxi qui permette de faire découvrir de façon efficace les premiers années du groupe, c'est celui-ci vu qu'il est encore loin de la période metal qui s'ensuivra. Et commencer avec un des morceaux favori des aficionados de
Lacrimosa peut avoir un certain effet addictif, si bien sûr on accroche à la scène darkwave/goth allemande du début des années 90. Ce qui n'est pas forcément le cas de tous. Les fans, eux, s'y retrouveront et ne le laisseront pas prendre la poussière sur une étagère.