Il y a deux ans, nous découvrions
Lantlôs avec son album éponyme. Un album qui puisait ses influences tant dans le Black Dépressif de
Shining que dans des références plus post-rock. Ainsi, Herbst, tête pensante de ce projet, mélangeait ses diverses influences pour recréer une musique à la fois profonde, désespérée et personnelle.
Et soudain, la nouvelle est tombée ! L’enfant prodige de la scène française,
Neige, prendra désormais part au chant dans ce groupe allemand. Connu pour ses prestations vocales extraordinaires tant dans
Alcest que
Amesoeurs ou
Mortifera, et j’en passe, notre franchouillard préféré occupera un poste de chanteur permanent au sein du mystérieux
Lantlôs !
Et autant dire que depuis l’annonce de cette nouvelle, on attendait de voir à quoi ressemblerait le
Lantlôs nouveau cru ! Il arrive, il arrive…
Avant même de se plonger dans cette œuvre tant attendue, on ne pourra s’empêcher de vouloir se perdre dans ce superbe artwork signé Fursy Tessier (musicien dans
Amesoeurs,
les Discrets,
Phest, et illustrateur de groupes comme Valfunde,
Alcest,
Drudkh, etc.)
Sans vraiment nous transcender, les premières notes nous embarqueront sur le terrain de chasse d’un Doom extrême et on s’attendrait presque à du Drone par moment. Mais voilà, le chant de
Neige retentit, et avec lui, les guitares plus rapides viennent trancher ce mur épais de ténèbres qui avait discrètement pris place sans que l’on s’en rende compte.
Et finalement, on retrouve très bien le style capricieux et précis de
Lantlôs. Le chant de
Neige colle parfaitement à ce que souhaite recréer Herbst. C’est du moins ce que l’on en conclut quand on voit la différence entre le précédent album et celui-ci. Car oui, le chant est bien différent. Mais au niveau des ambiances, on retrouve la touche personnelle de
Lantlôs qui revêt l’habit de l’alchimiste et fait bouillir ses influences, les distille, et en extrait l’essence même pour les remanier, les sculpter, les façonner. Et on pourrait même dire que l’évolution du groupe, si infime soit-elle, permet d’explorer plus en profondeur les aspects post-rock.
Pulse/Surreal semble en être l’illustration parfaite, avec ce chant clair qui alterne avec un chant Black typique.
Et je ne voulais pas refaire l’éternelle comparaison avec
Mortifera,
Amesoeurs ou
Alcest, mais on y arrive forcément. Le vocaliste a indéniablement imposé sa griffe dans le monde du Black Metal avec son chant Black si caractéristique. Mais là où
Neige nous attend au tournant, c’est justement sur ce chant clair très rock. Rien à voir avec le chant clair rêveur, innocent et naïf de
Alcest, non.
Neige explore, s’explore lui-même, et c’est ce qui fera de Neon un album encore meilleur que le précédent.
Herbst, de son côté semble lui aussi chercher où se trouve la limite de son art. Les ambiances sont moins expérimentales, mais affirmées. Les passages violents deviennent subitement ambiant sans que l’on se soit rendu compte de qui que ce soit, et le tout sonne encore plus homogène et puissant que précédemment.
Avec ce duo exceptionnel,
Lantlôs prend la forme d’un nuage qui transporte l’auditeur, au gré des perturbations et du calme céleste, et il nous transporte jusqu’au niveau des étoiles pour les voler, et les introduire dans nos yeux.