Y a pas à dire, les pontes de Century Media ont bien attendu leur moment pour balancer leur série de tribute albums à la gloire de
Judas Priest, déclinés en trois format, un volume un, un volume deux et celui-ci qui euh... qui ne sert pas à grand chose, un peu comme les autres d'ailleurs. Parce que 1997 était l'année du come back pour le Priest, avec un nouveau chanteur répondant au doux nom de
"Ripper" Owens, un illustre inconnu qui chantait dans un groupe de reprises et qui avait bluffé
Glenn Tipton et
KK Downing (pour le résultat que l'on sait) et qui fait ici la nique à des représentants confirmés de la scène, lui qui dira avec une certaine malice (et peut-être bien de la condescendance) qu'il s'agit là des démos envoyés par les chanteurs postulant pour la place tant convoitée de Metal God.
Mais revenons en à ce tribute. A dire vrai, ce n'est pas franchement mauvais, les groupes ne se fendent pas non plus tous d'un inédit pour l'occasion, loin s'en faut. Il y a même de la qualité, même si on aurait peut-être apprécié de ne pas être confronté une fois de plus à la même pléiade de classiques alignés à faire peur. Des morceaux pour la plupart connu par coeur sur le bout des doigts par les fans ou suffisamment célèbres pour rappeler quelque chose même aux plus boulets d'entre vous. Heureusement, certains combos font l'impasse sur les évidences pour fouiller dans une discographie riche et variée. Ainsi, la palme de l'originalité revient à Fates Warning qui va repêcher
Saints In Hell (
Stained Class, 1978) pour une interprétation assez fidèle mais convaincante, tandis que Doom Squad, un groupe formé autour de
Scott Ian,
John Bush (
Anthrax) et
Whitfield Crane (Ugly Kid Joe) réinterprètent de façon urbaine un
Burnin' Up extrait de
Killing Machine (1978 encore).
Ensuite, on tape clairement dans le connu, avec plus ou moins de chance, on tombe sur une reprise sympathique, toujours trop fidèle, assez rarement personnalisée. Ainsi,
Helloween s'éclate sur
Electric Eye où la voix d'
Andi Deris fait merveille, plus rauque que celle de
Rob Halford, mais malgré une efficacité indéniable, elle ne présente en définitive que peu d'intérêt, à contrario du
Exciter version
Strapping Young Lad, survitaminée et effrayante de brutalité, avec son ambiance de faux live, vu que
Devin Townsend poussera le vice à inclure les premières mesures de
Running Wild pour imiter le découpage du
Unleashed In The East. On notera également les belles prestations de
Nevermore et
Kreator qui sans changer radicalement de formule, donnent respectivement une ambiance horrifiante à
Love Bites et une sacrée paire de balloches à
Grinder.
On peut également se poser la question quant à l'intérêt d'avoir deux fois
The Ripper sur le même tribute.
Mercyful Fate et
Iced Earth ont en effet interprété la même chanson et le grand vainqueur de la confrontation est, ironiquement,
Iced Earth, tant
King Diamond est passé à côté de son sujet avec sa volonté de théâtraliser à l'extrême cette composition devenue mythique avec le temps.
Bref, on n'est pas parti pour franchement s'ennuyer avec cet album hommage à l'un des représentants les plus célèbres de la scène heavy metal, mais ce n'est pas un produit indispensable, encore moins pour les fans hardcore du groupe en question qui souvent deviennent très (trop, bien trop) exclusifs envers leur protégé. En revanche, les fans des groupes présents peuvent avoir des problèmes pour trouver toutes les versions originales vu le manque de distribution des singles metal et peuvent peut-être y trouver leur compte. Enfin bon, ça reste un produit un peu facile, sans réel intérêt, vous êtes tout excusé si vous décidez de passer votre chemin.