La double-croche, énième subdivision du temps, est l’arme indispensable à l’arsenal dévolu aux assauts Heavy/Speed/Power Metal. Et en ce milieu de la première décennie de ces années 2000, jamais mouvement musical ne fut aussi populaire que celui-ci. Chaque détour, chaque recoin, chaque note, chaque dessein, chaque rêve semblait dévoué à ce style et les groupes semblaient naitre aussi inéluctablement que le temps égrenait ces grains de sable dans le grands sablier.
L’inspiration créative conjuguée à un caractère clairvoyant volontairement animé par un dessein personnelle donne naissance à un artiste, ou tout du moins à un art, sans doute pas nécessairement révolutionnaire mais suffisamment distinct pour demeurer séduisant.
Double croche et volonté de se démarquer furent longtemps le socle symptomatique d’un mouvement en plein essor. Cette réalité, certes un peu caricaturale, en cache une autre bien moins plaisante : sans l’indispensable talent nécessaire à la seconde moitié de l’équation, seul subsiste sa partie concernant la rapidité symbolisé ici, naïvement, par la subdivision de temps déjà évoqué plus haut. De ce fâcheux handicap moteur, nombres de groupe développèrent une tendance, bien compréhensible, à confondre influences intégrés avec un plagiat éhonté. Après en avoir ingérés et transcendés les divers poncifs obligatoires, ce qui aurait dut être un renouveau sans précédent devint alors, bien vite, une récitation où les artistes impuissant à créer leurs univers propre ânonnaient mécaniquement leurs leçons apprises par cœur, mais sans l’âme fondamental propre à chacun d’eux.
Insania, illustres inconnus de la scène scandinave, après deux essais, heureusement, infructueux revint en cette année 2003 avec cette nouvelle offrande intitulée Fantasy (a New Dimension). Inutile, selon votre humble serviteur, d’en dévoiler tous les détails les plus caractéristiques tant ceux-ci ne sont rien d’autre que ceux déjà usés sur les précédents manifestes de ce groupe, et donc déjà contés sur les pages d’une fable déjà écrite depuis des temps immémoriaux par d’autre (
Stratovarius,
Sonata Arctica,
Nocturnal Rites…). Si la comparaison avec ces illustres précurseurs pourraient apparaitre comme flatteuse, en réalité elle ne l’est pas vraiment. En effet si ces suédois s’acharnent à produire un Heavy/Speed/Power très caractéristique des pays nordiques, il le fait sans le talent d’aucun des groupes cités. Ainsi en une débauche énergique et, souvent, véloce ; ils se contentent de réciter avec applications un enseignement certes su, mais sans aucune personnalité.
Nul mal ne nous est épargné et ces titres rapide aux refrains niais, inefficaces et souvent prévisibles (Life After Life, Illusions, Universe ou encore, par exemple, Reflection of Mind) enfante en nous un intense sentiment d’ennui profond. Ajoutez à cela un climat parfois épique, et quelques peu guerrier, dans laquelle on devine, sans avoir la force de vérifier, d’intenses récits souvenirs d’actes de bravoures héroïques et imaginés. Ajoutez aussi ces voix aiguës aux intonations très nordiques. Ajoutez encore un artwork fourmillant de dragons, de mages, d’ésotérisme inhérent à l’heroic-fantasy et vous obtiendrez un mélange caricatural duquel rien ne peut véritablement nous charmer.
Cette sentence, peut-être dure, n’est évidement que le reflet de mon sentiment. Et sans doute que certains, moins exigeant, sauront trouver des qualités à cette œuvre. Cependant nul ne peut objectivement affirmer que ce Fantasy (a New Dimension) marque un quelconque tournant dans l’histoire de cette scène, ni même qu’il en offre une vision suffisamment différente et attachante pour éveiller en nous autre chose qu’une curiosité minimale. Le constat demeure donc sans appel, artistiquement ni meilleur, ni pire que ses prédécesseur ce nouvel album offre l’expression techniquement aboutis d’un concept développer avec bien plus de talent par d’autres.
L’oubli est donc, pour cette œuvre, le chemin inéluctable.