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Chroniques :: Chronique de Superheat

Chronique de Superheat

The Gathering  - Superheat (Album Live)

 6 
10

Le choc de deux mondes



Après cinq albums studio, The Gathering sort son premier live, comme pour marquer la fin d'une époque. Superheat, avec sa pochette simple, n'attire pas forcément l'oeil, mais sa set-list a de quoi intrigué. Faisant bien sûr la part belle à How To Measure A Planet ? il devient curieux de voir comment ces morceaux, entre ambiant et trip hop, allaient se mélanger aux perles doom du répertoire passé et surtout, si on n'allait pas assister à une relecture des vieux classiques à une nouvelle. C'est donc dans une certaine expectative que l'on introduit le disque dans le lecteur et que l'on découvre la bête.

The Big Sleep peut être un choix étrange pour entamer le show, un morceau calme, envouteur, où la voix de Anneke [1[Von Giersbergen" class="search">Von" class="search">Anneke [1[Von Giersbergen est cristalline et angélique à se damner. Sa maîtrise vocale ne fait pas défaut à la scène et la jeune femme en impose d'entrée de jeu, comme les musiciens, qui appliquent peut-être un peu trop consciencieusement les lignes mélodiques déjà présentes sur album. On ne notera pas donc de rendu plus heavy ; la chanson ne s'y prêtait de toute manière pas franchement, son phrasé aérien coupant court à toute tentative.

Aussi, le contraste avec le titre suivant, On Most Surfaces (Inuït) est plutôt saisissant, avec une formule bien plus heavy qui convient parfaitement à ce titre lent et lourd. Un contraste que l'on retrouvera fréquemment tout du long de ce disque, tant le fossé stylistique entre la période doom et celle plus ambiante est grande, comme si deux groupes se partageaient l'affiche en fait. Les transitions sont parfois bizarres, surtout quand on a droit à une longue série de chansons calmes et planantes, propices à l'exploration de l'âme, pourrait-on dire et que des lignes de guitares plombées viennent soudain nous sortir de notre rêverie, car cela agit comme un réveil, pas franchement douloureux, mais on peut légitimement être étonné par cette confrontation entre deux mondes (et autant dire qu'un morceau comme My Electricity, coincé entre deux poids lourds, vient presque tomber comme un cheveu sur la soupe.

Le groupe joue bien, c'est un fait. Parfois trop centré sur l'interprétation et pas assez enclins à donner un coup de folie à l'ensemble, trop statique dans son jeu en somme, il ne déçoit pas, mais n'enthousiasme pas plus que ça du coup. René Rutten se cantonne à sa partition, il ne vient pas livrer de solo dévastateur, il ne vient pas caser une improvisation à l'ensemble, mais pouvait-on le lui demander sans pour cela dénaturé le son de The Gathering ? Pas franchement. Il n'empêche, l'ensemble est bien trop statique par moment et on a juste parfois l'impression d'écouter des versions studio alternatives, ne serait-ce le public, assez discret en somme, entre les titres. La palme revient une fois de plus à la chanteuse, qui pour beaucoup représente l'attrait principal du groupe, au détriment des musiciens qui arrangent des mélodies propices à cet état enchanteur.

Superheat est donc un album live mi-figue, mi-raisin. Difficile d'être pleinement satisfait, difficile d'être déçu. Le cul entre deux chaises, l'auditeur apprécie tout en regrettant ce petit plus qui est aux abonnés absent. C'est propre, trop propre, les classiques sont présents, ils sont beaux, mais ils ne remplissent pas forcément leur rôle. Il manque une part de magie, et cette magie indispensable à tout live fait cruellement défaut, ce qui est bien dommage. Pas un coup pour rien, mais peut mieux faire.



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Superheat - Infos

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Sortie : 2000
Genre : Doom/ambiant
Label : Century Media Records
Album Live

Playlist :
1. The Big Sleep (5:25)
2. On Most Surfaces (Inuït) (6:44)à écouter en premier
3. Probably Built In The Fifties (6:51)
4. Liberty Bell (5:26)à écouter en premier
5. Marooned (5:46)
6. Rescue Me (6:58)
7. Strange Machines (6:25)à écouter en premier
8. Nighttime Birds (6:50)à écouter en premier
9. My Electricity (3:28)
10. Sand And Mercury (11:38)à écouter en premier
écouter : Ecouter l'album



The Gathering

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