Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Bon sang mais ces Lyonnais sont terribles. C'est à croire que leurs âmes ne se sentaient pas suffisamment vidées de toute leur sombre substance avec trois productions destructrices sortis en trois années. Et c'est tant mieux pour nous ! Un an, donc, après la sorti de
Misanthrope(s), voilà que le nouveau rejeton de
Celeste sort pour prendre l'air et, par la même occasion, noircir le notre.
Le début de l'album est parfaitement représentatif de son contenu : Brutal et sans concession. Voilà que le groupe, longtemps qualifié de groupe Post-Hardcore (et peu importe ce que vous pourrez fourrer là dedans), dévoile une facette de plus en plus Black Metal de sa musique, malgré la réticence des membres à se qualifier dans de telles étiquettes. Le son lui même, moins pesant qu'un certain Nihiliste(s), tend plus vers l'aiguë et se trouve plus tranchant, plus incisif. Le guitariste, jouant frénétiquement des accords aux teintes tragiques, se couple au jeu d'un batteur acharné sur ses futs, que l'on peine malheureusement parfois à entendre, couvert par le déluge opaque des autres instruments et du chant toujours aussi haineux de Johan.
Mais cet album n'est pas une répétition de riffs en tremolo et de blasts continus. Non, bien que d'apparence trouble et confuse, la musique de
Celeste garde son alliage délicieux où s'entrechoquent rythmiques pesantes, avalanche haineuse de brutalité et passages mid tempo aux allures martiales.
Celeste se voulait guerre,
Celeste est guerre.
Un champ de bataille sanglant où l'horreur est omniprésente et où les vies se moissonnent comme un champ de blé. Non,
Celeste n'est pas un regard tourné vers l'avenir,
Celeste est le grand juge implacable qui de ses cris de haine ordonne la sentence. Son regard est noir, noir comme celui de cette petite fille sur l'artwork. Noir comme ces titres de morceaux, noir comme les cris de souffrance et les accords suffocants de (S).
Morte(s) Nee(s) est ténèbres, des ténèbres opaques qui vous roulent sur la tronche comme les chenilles d'un char d'assaut. Ecoutez donc « Un miroir pur qui te rend misérable » pour comprendre cette violence, cette ruine. Ecoutez donc la monolithique « De sorte que plus jamais un instant ne soit magique » et son violon qui termine cette danse macabre. Ecoutez donc cet album.
Un nouvel album qui ne déçoit pas. Un nouvel album d'une puissance hors du commun et d'une maturité musicale clairement atteinte. Egal, peut être même supérieur, à ses prédécesseurs dans son opacité et sa Superbe funeste,
Morte(s) Nee(s) est une oeuvre d'art, une vraie. Pourront-ils tenir un tel rythme ?