C’est assurément en creusant dans le passé, que l’on se retrouve bien souvent ébahi face à certains vestiges encore incandescents, témoins et acteurs d’une ère révolue, mais dont l’immense richesse a été d’un apport indéniable pour les générations leur ayant succédé.
Mundanus Imperium, est un nom qui aujourd’hui ne doit pas évoquer grand chose, excepté aux oreilles de quelques curieux et pour les quelques passionnés présents à l’époque.
Il fut en effet à la fin des années 90, un obscure et éphémère duo norvégien n’ayant produit qu’un seul maxi placé sous la bannière du Black Metal, avant de recruter de nouveaux membres dont le talentueux chanteur Jørn Lande, ce qui déboucha sur un unique et excellent album, cependant beaucoup plus orienté Metal progressif et orchestral, signant l’épitaphe de sa furtive carrière. Ayant débuté sous le patronyme de Nattefall, sous lequel il a enfanté une seule et unique démo, le groupe a bien vite rebaptisé son projet mais a néanmoins conservé celle-ci, éditée en 1997 par le défunt Velvet Music, et grâce auquel elle a pu être distribuée, malheureusement de manière trop inégale.
Dans la droite lignée du superbe
Constellation d’
Arcturus, et des deux premières offrandes d’
Empyrium, ces deux conteurs nous font vivre en l’espace de seulement trois splendides fragments irradiants de beauté, un magnifique périple astral où l’excellence côtoie la magie à chaque instant.
Cette œuvre pourrait aisément être comparée à la fugace beauté d’une aurore boréale illuminant un ciel polaire et hypnotisant l’esprit par son halo de lumière intense, constitué de splendides dégradés de couleurs flamboyantes embrasant la voûte céleste.
Le propos musical de
Ode To The Nightsky prend donc vie sous l’apparence d’un Black Metal atmosphérique d’un grand raffinement, aux sonorités contemplatives, limpides et majestueuses,
Mundanus Imperium réussissant à toucher l’âme par la noblesse de son expression et par ses chants hautement évocateurs qui caressent les sens telle une brise d’automne, évoquant par son caractère mystique et subtile une plénitude mélancolique suprême. Une musique pure et édifiante, parfaite osmose entre la majesté belliqueuse des riffs et la valse féerique des claviers, réussissant le temps de seize petites minutes à nous transporter loin, très loin…
Etant parvenu à cristalliser ici toute la beauté et la magnificence de notre mère nature et du monde astral, on ose à peine imaginer ce qu’aurait pu réaliser le groupe s’il avait approfondi son expression initiale dans un album complet, ce qui renforce le sentiment d’amertume face à sa reconversion, qui a malheureusement précédé sa disparition. On ne peut donc qu’être animé d'une grande frustration à cette idée.
Toujours est-il que
Ode To The Nightsky peut désormais reposer en paix aux côtés de
A Wintersunset,
Songs Of Moors And Misty Fields et
Constellation, ayant pleinement mérité sa place en leur illustre compagnie.