Lorsqu'un style musical a tendance à stagner, voire même à saturer, il est toujours bon d'entendre un artiste apportant une petite touche originale, un petit plus qui le démarque de la masse. C'est à peu près le cas avec les italiens d'
Ammonal. Sortant ces jours-ci leur toute première démo
Beginning the End of Everything, les milanais proposent un Death Mélodique aux accents progressifs de bonne facture qui, même s'il reprend les codes érigés par la grande scène nord-européenne, parvient tout de même à proposer du neuf.
Le premier titre éponyme résonne aux sons d'une guitare mélodique et inspiré, avant que la cavalerie ne prenne le contrôle des compositions. Si les hurlements de Léo laissent à penser que le tout sera un poil plus extrême que ce qui se fait à l'heure actuelle en matière de Death Mélo',
Ammonal démontre qu'un coup de mélodie n'a jamais tué personne.
Et en ce qui concerne les mélodies, ce sont bien évidemment les grattes qui se chargent de la tâche. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça le fait plutôt bien! Jugez plutôt, "Doctrine of Submission", ou même le délirant "Fuckin' Blues"... Les guitaristes semblent avoir été nourris aux sons des
At the Gates et autres
Dark Tranquillity tant le placement, l'approche mélodique sonnent à la suédoise...
Ce n'est pas un mal pour autant, puisque rappelons-le,
Ammonal n'en est qu'à ses débuts...
Ça et là, des claviers parviennent à glisser des plans forts intéressants ("Final War", "I Bleed", "You'll Never See, You'll Never Know"...), sans jamais en faire des tonnes.
Je parlais précédemment du chant de Léo: un chant puissant et rageur, qui se marie extrêmement bien au chant féminin sur l'excellent "I Bleed". Pourtant, la prestation du hurleur pose encore quelques problèmes. Rien de grave heureusement, mais "l'approche live" du chant fait parfois sourire: les "one, two, three, four!" (sur "Beginning the End of Everything"), ou encore les chœurs façon Hardcore sur "Final War"...
Heureusement que le tout s'arrange rapidement en fin d'album...
C'est d'ailleurs cette fin d'album qui s'avère être la plus intéressante. Le trio "Doctrine of Submission", "I Bleed" et " You'll Never See, You'll Never Know" brille par sa maîtrise et son côté accrocheur... Il semble même que le combo italien ait poussé plus loin sa recherche mélodique, et le résultat est vraiment à la hauteur. Sans vous parler de "Fuckin' Blues", où
Ammonal s'est visiblement lâché en inventant le Blues-Metal! Délirant, même si je doute que ce morceau soit du goût de tout le monde, mais ça se tient et c'était osé de le faire.
Je vous conterais volontiers les talents respectifs des musiciens, mais ce serait décrire une chose tout à fait évidente à l'écoute de cette démo. Disons simplement que le niveau de chaque protagoniste permet à
Ammonal de s'exprimer tel qu'il le désire, et que c'est définitivement une force pour un groupe aussi jeune. Surtout que le combo fait preuve d'une certaine cohérence dans ses compositions, tout en apportant des sonorités différentes, loin des standards du style.
Surtout que
Beginning the End of Everything se voit doté d'un son puissant, finalement bien dans l'ère actuelle.
Au final, cette première démo, même si elle ne fera pas grand bruit en France, a le mérite de proposer une musique efficace et accrocheuse. Les six compositions de ce
Beginning the End of Everything ont leur lot de détails intéressants, et l'ensemble témoigne d'une certaine cohérence qu'il fait bon de remarquer. Avec des morceaux comme "I Bleed", "Doctrine of Submission" ou "You'll Never See, You'll Never Know",
Ammonal démarre fort et cette démo a tout l'air d'un début réussi...
En guise de cerise sur le gâteau, les musiciens sont loin d'être manchots, et osent même apporter des éléments issus du Blues pour un mix Blues-Metal fort intéressant!
Une démo très intéressante donc, n'hésitez pas à poser une oreille attentive dessus...