Pfiouuu mais qu'est-ce qu'il leur a pris à
Noein de rédiger leurs noms de morceaux en langage robotique? On comprend que la volonté de rester dans le trip continue encore à travers la graphie mais bon là il fallait le faire.
The Initial Tale, passé ces considérations râleuses de français, est le premier EP du jeune combo
Noein que l'on va s'amuser à présenter, la bête étant un plaisir coupable.
Et oui, pour un premier EP,
Noein met une claque à l'amateur de Death et encore plus à l'amateur de musique teintée d'Indus. La formation officie dans un style mêlant la froideur et la fermeté de
Fear Factory à la cadence rythmique d'un SYL et le tout agrémenté d'une voix de femme qui n'en est plus une pour le coup. La baffe est assénée dès le morceau d'entrée, certainement le plus réussi. "Decreation" (bon sang j'espère que j'ai bien compris l'écriture) est en effet un titre bien révélateur du potentiel destructeur de
Noein: les riffs envoyés sont extrêmement puissants et efficaces, les cassures rythmiques assurent pour redonner de l'air à l'ensemble et non content de proposer un si bon matériau, le groupe assure pour ce qui est de l'aspect progressif et tout ça en cinq minutes chrono.
Les samples permettent de donner aux compositions leur envol Indus et leur particularité. Cependant, il faut mentionner qu'ils auraient gagné à être plus présents, leur faible présence ou leur trop fort retrait ne révélant pas tout l'attrait de l'univers Cyber décadent destroy/tout le monde va mourir voulu. Pendant que l'on mentionne ce qui fait défaut, il faut signaler des parties vocales en chant clair plutôt moyennes. Si mademoiselle assure aux grawls (et le verbe est un euphémisme tant sa voix pourra rivaliser avec les ténors d'ici quelques années) on ne peut pas en dire autant du reste, l'intro de "Decay" étant l'exemple le plus frappant: ni mélodique, ni nécessaire, ni bon ni mauvais.
Mais tout cela n'empêche certainement pas à
Noein de délivrer un EP monstrueux où le Death Indus semble enfin vouloir dire quelque chose en France (bon sang l'entrée de "Chrysalis" est démentielle). Les éléments Thrash se mélangent aux parties Death mélo de la plus belle manière,
Noein conjugue des styles avec brio, les blasts sont placés là où il le faut et les références semblent digérées sans peine.
Noein semble s'autoriser tout, de la dissonance Math ("Decreation") à l'entrée limite Punk de "The Shoot" en passant par les passages atmosphériques plus épurés ("The Shoot" toujours). En mariant des genres tout en gardant une cohérence
Noein risque mais gagne et devient dès lors assassin.
Vous l'aurez compris, difficile de trouver à redire quant à la performance du combo sur ce Initial Tale décidément renversant (au sens propre comme au sens figuré). La production signée Thibault Chaumont n'est pas en reste, le tout sonne d'enfer et les subtilités dégagées par les samples ou les guitares de troisième main ressortent sans problème si bien que chaque écoute se révèle plus intéressante au fur et à mesure. Si l'on peut pester contre ce chant clair très moyen ou un manque de recherche sur les samples et ambiances,
The Initial Tale reste un mets de choix pour les viandards en mal de steak de Death Indus.