Avec
A Night At The Opera,
Queen avait enfin trouvé la consécration, une consécration méritée tant ce disque se démarquait de la production hard rock par un côté glam et déjanté, sans pour autant être inaccessible. Une belle opération qui avait placé Queen à une situation enviable, mais dangereuse. Le groupe allait-il être à la hauteur et parviendra-t-il à s'en sortir aussi bien sur le prochain disque ?
En fait, A Day At The Races a été composé en grande partie au même moment qu'A Night At The Opera, c'est pour cela qu'on ne trouvera pas beaucoup de différences dans la stylistique du groupe, sauf qu'A Day, toujours un clin d'oeil aux Marx Brothers, se montrera moins déjanté. En effet, pas de morceaux aussi déments qu'un Lazing On A Sunday Afternonn ou un Seaside Rendezvous au menu,
Freddie Mercury et sa troupe se montrent un brin plus raisonnables et l'album part moins dans tous les sens. Toujours très diversifié, on est toujours à la croisée des genres. Le rock dur (Tie Your Mother Down, White Man) côtoie des ballades somptueuses (Teo Torriate et ses passages en japonais, You Take My Breathe Away, rien à voir avec le film Top Gun !) et des extra-terrestres sont au rendez-vous (le pop Good Old Fashionned Lover Boy). Côté morceau de bravoure, le côté épique que Queen avait développé sur The Prophet Song est effacé, il n'y a pas de morceau de bravoure capable de s'y frotter, mais Bohemian Rhapsody trouve de la concurrence avec Somebody To Love où les choeurs sont à nouveau extrêmement bien utilisés, jusqu'à des passages qui flirtent avec le gospel.
Mais il y a également des moments de faiblesse, où le groupe semble céder à une certaine facilité, comme sur la gentillette ballade You And I qui ne révolutionnera pas le genre ou Drowse qui montre un
Roger Taylor qui ne se renouvelle pas assez. Des morceaux qui viennent un peu plomber l'ambiance du disque qui est déjà moins aérienne que celle de ANATO.
Malgré tout, Queen s'en sort encore très bien et fait honneur à son rang fraichement acquis. Un disque dans la continuité, qui n'apportera pas grand chose au style du groupe. Un album qui commence par une courte intro, qui sera la jumelle de l'outro, une façon de boucler la boucle. En effet, les temps changent et Queen va devoir s'adapter pour survivre. Pour le moment, A Day At The Races est un disque à apprécier tel quel : un opus savoureux qui sera bien plus facile à digérer pour les néophytes.