Jeune groupe de death lorrain, Ataraxis ne compte pas jouer les seconds couteaux sur la scène hexagonale, ni même régionale. La formation s'est déjà forgée une solide réputation scénique et cette expérience lui a permis d'engranger aussi bien de l'expérience que de la confiance avant d'enregistrer cette première démo qui se veut déjà ambitieuse. Si le logo du groupe ne laisse pas trop de surprise quant au style abordé, la jaquette, elle, laisse songeur. Allait-il s'agir de death spatial ? De quelque chose d'éthéré et de planant comme le laisse présager l'étendue de la galaxie derrière ce visage rugissant ?
En fait, Ataraxis évolue dans le genre direct. Pas forcément particulièrement brutal, avec ces petits relents old school pas dégueulasses, ce qu'il faut de technicité pour ne pas sonner de façon trop linéaire. Mené par
Jocelyn Fidry au chant, le groupe se veut conquérant et veut agir comme un rouleau compresseur. La qualité des grunts étant
primordial dans le domaine du death metal, autant se pencher tout de suite sur la question. Ici, ils sont rugueux, rageurs, bien maîtrisés et surtout, laissent tout de même place à la compréhension des textes, ce qui n'est pas forcément la chose la plus facile à réaliser dans ce domaine. Sans dire qu'il porte le projet sur ses épaules, on peut dire que Jocelyn attire les oreilles et ne déplait pas dans cette exercice.
Derrière lui, les musiciens sont présents. Sans forcément rechercher le son le plus grave possible, ils se montrent incisifs dans leurs interventions, notamment au niveau des guitares qui se veulent tranchantes. En revanche, la batterie qui semble triggée peut finir par agacer dans son aspect monolithe : double grosse caisse omniprésente, breaks pas forcément des plus judicieux, elle reste un des points à améliorer, surtout quand elle s'aventure dans le domaine des blast beats qui sont souvent manqués. Dommage, car plus e précision et de maîtrise aurait pu faire très mal. Peut-être est-ce également du à un défaut de production et que le batteur prend une toute autre dimension sur scène ? Ce serait à vérifier tant
Jerusalem s'avère quelque peu décevante sur la démo au niveau de ses interventions.
Les compositions sont massives, agressives sans pour autant partir dans des délires de vitesse. L'ensemble, mid tempo majoritairement, ne fait pas dans la dentelle et sans jouer les déchiqueteurs à la Cannibale Corpse, le groupe cherche au contraire à mettre en avant sa brutalité en la confrontant à des passages plus mélodiques, bienvenue, qui mettent en avant la pertinence d'écriture des musiciens.
Il ne reste plus qu'à Ataraxis à développer son style, à le rendre plus personnel et à produire un album longue durée pour vraiment marquer les esprits. Les bases semblent saines, le style est déjà agréable à l'oreille. Mais juger un groupe sur cinq morceaux reste et sera toujours très difficile tant la frustration de ne pas en avoir assez est grande, surtout quand le groupe s'échine à formater ses titres pour qu'ils ne fassent que frôler les cinq minutes, sans jamais les dépasser. Un potentiel solide, une qualité d'écriture présente, des défauts liés à la jeunesse à corriger et en secouant le tout, il y a moyen d'obtenir quelque chose d'explosif. A surveiller comme la nitroglycérine dans le mixer !