Si Roadrunner nous habitue à du méga-lourd-heavy-pan-dans-ta-gueule, et bien avec un groupe tel que
Taking Dawn, le label ne s’est pas planté.
Petite explication;
Taking Dawn est originaire de Las Vegas, et est composé de membres qui vont quelque peu à l’encontre de ce qu’on pourrait attendre de la part de 4 mecs venus tout droit de la ville de tous les pêchés: en effet, ils ne boivent pas (même pas de la bière), ne fument pas, ne touchent pas à la drogue, et ne tombent pas vraiment dans le cliché ultime du rock’n’roll, bien qu’ils disent eux même que leur style de vie est «sex, sex and rock’n’roll».
Le groupe se fait connaître sur le continent nord-américain en tournant tout d’abord avec des groupes comme
Dragonforce, puis
All That Remains, avant de s’attaquer à l’Europe en prêtant main forte à
Airbourne, puis en ouvrant sur la tournée britannique de
Kiss.
Mais l’important ici est leur musique.
Premier album du combo de Las Vegas, Nevada, Time To Burn est une galette qui est du genre à te griller les oreilles.
Imagine un peu;
Mötley Crüe faisant l’amour à
Iron Maiden et
Bon Jovi, une image qui correspond plus au moins à ce que les membres de
Taking Dawn disent d’eux-même, ayant exprimé clairement que les groupes cités précédemment figuraient parmi leurs influences principales.
Et pourtant, sans tomber dans la copie absolue voire - et ce serait encore pire - la copie ratée qui vire au ridicule,
Taking Dawn s’en tire avec un son qui leur est propre: la voix de Chris Babbitt pourra éventuellement rappeler celle de Matthew Heafy de
Trivium (lorsque ce dernier chante, naturellement) mais ayant tout de même un son 80’s très marqué, les soli sont présents sans pour autant déborder de partout, et le point fort de leur musique, leur rythmique.En effet, mention spéciale à leur batteur qui réussit à inclure différentes paternes ayant des tantôt des sonorités heavy 80’s, tantôt plus extrêmes, et réussissant même à nous faire avaler un semblant de punk rock (sur un morceau comme So Loud par exemple ou le solo sera accompagné par une rythmique qu’on pourrait retrouver sur un morceau de Bad Religion).
L’album s’ouvre sur le titre éponyme qui pose d'emblée les «frontières» de l’album: du «heavy-rock» en direct des 80’s avec un arrière goût de metal un peu glam, sans pour autant tomber dans l’excès, du rock’n’roll bien comme il faut et les refrains bien accrocheurs, (du genre à te donner envie de taper dans les mains en rythme). Les paroles sont chantées de cette manière particulière, vous savez, des "vocals' chantés mais néanmoins avec une pointe de rage qui semble venir du fond de la gorge.
Le morceau Time To Burn met aussi en avant l'aspect "je ne me prends pas trop au sérieux" que le groupe revendique, et cet aspect est encore plus renforcé lorsqu'il est donné à l'auditeur de voir le vidéo clip du morceau en question.
Il semble que le mélange d’influences soit l’un des points forts de l’album Time To Burn, bien que le tout conserve une unité qui fait que les morceaux s’enchaînent à merveille. Les morceaux So Loud et Take Me Away par exemple conservent l’aspect «chorale» et on sent que ces deux pièces (et je vais même dire TOUS les morceaux de l'albums) ont été conçus pour faire hurler un public. Et on ne passera naturellement pas à côté de la pseudo-ballade Close Your Eyes qui là aussi se démarquera par un
refrain entêtant.
Le sentiment de revenir à un hard rock tout droit sorti des années 80 se fera sentir sur un morceau tel que Endlessly, et The Chain, cover du groupe Fleetwood Mac particulièrement réussie, conclura ce retour en arrière.
Pour un premier album, c'est un bon gros coup de pied au cul, qui te donnera peut-être envie de mettre une ceinture imprimée en léopard et de faire du headbang dans ta chambre.
En conclusion, on va dire que
Taking Dawn est un groupe fraîchement sorti de l'œuf mais qui a très bien compris que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes.