Décrié, conspué, honnis, maudit, hué, critiqué…
Les adjectifs ne manquent pas pour décrire la cabale injuste que dut subir
Blaze Bayley lorsqu’il fut la voix du groupe britannique de Heavy Metal, certainement, le plus emblématique de ces dernières décennies,
Iron Maiden. Bien évidemment l’artiste ne pouvait ignorer que sa voix rauque, grave et sombre, parfaite antithèse de celle de son prédécesseur, provoquerais nombres de polémique au sein d’une communauté d’adeptes fidèle amèrement déçu par ce changement au sein de cette entité qu’ils pensaient immuables. Bien entendu le chanteur connaissait les risques de cette médiatisation à outrance mettant en lumière la moindre de ces défaillances, la moindre de ces faiblesses et même la moindre de ces différences. Et pourtant malgré tout ces périls, l’artiste accepta. Bien sûr le répertoire qui fut composé pour lui, outres quelques titres très intéressant du ténébreux X Factor, ne surent pas véritablement prendre toute la mesure de ses capacités. Et pourtant l’artiste se tint debout courageusement jusqu’à basculer dans le précipice, sacrifié.
Décrié, conspué, honnis, maudit, hué, critiqué…Oui, mais reconnu.
Car ce douloureux périple aura eu, tout de même, le formidable avantage de propulser Blaze vers une certaine reconnaissance historique justifié. En effet, il sera toujours celui qui fut le chanteur le plus hais d’
Iron Maiden. Face à cette renommée nouvelle, l’homme ne restera pas inactif. Ne se complaisant pas vaniteusement de la glorieuse vérité de sa prestigieuse ancienne appartenance de laquelle il aurait pu se glorifier ad vitae aeternam, vivotant de ses fruits aigres facilement récoltés ; lui s’en servira avantageusement comme le terreau fertile de cette nouvelle naissance, sa nouvelle naissance. Et l’aspect éminemment respectable de cette reconstruction artistique intelligente, démontre brillamment de quel discernement, contrairement à ce que purent penser les aveugles fervents renfrognés d’
Iron Maiden, est pourvu l’homme.
Sévissant sous le pseudonyme de Blaze, le chanteur sort quatre albums, dont une compilation, avant de finir finalement par rebaptiser, assez normalement, son groupe
Blaze Bayley. Après un changement de line up, et quelques déboires autant familiaux que professionnels, sort en 2008 sa première œuvre sous cette nouvelle identité.
Et ce manifeste, intitulé
The Man Who Would Not Die, défends âprement la thèse d’un Heavy Metal rugueux, parfois prompt, inspiré et dans lequel on retrouve des atmosphères délicieusement noires et tourmentées formidablement mise en exergue par la voix de Blaze mais aussi par certaines constructions rythmiques et mélodiques superbes. Ainsi dans les sombres dédales d’une œuvre admirablement ténébreuse et torturée, de laquelle il apparait bien complexe d’extraire la moindre note tant l’ensemble est d’une terrible cohérence,
Blaze Bayley nous propose sa vision somptueusement taciturne, et somptueusement moderne, d’un Heavy Metal agressif et vif, exalté et énergique mais aussi puissant et efficace, tout simplement captivant.
Il faudrait aussi encore s’étendre sur l’exemplarité de la performance du chanteur qui, ici, est en parfaite adéquation avec la musique composé, ou également détailler plus précisément nos ressentis devant tant de satisfaction ou évoquer aussi cette fascinante sensation de curiosité nous tenant constamment en éveil à l’écoute de chacun de ces morceaux ; mais sincèrement l’intérêt d’un tel palabre serait inutilement stérile tant l’écoute de cet album impose indéniablement toutes ces évidences.
Célébré, encensé, applaudis, acclamé, salué, glorifié…
Les adjectifs ne devraient pas manquer à la mesure de cet excellent
The Man Who Would Not Die et de
Blaze Bayley. Et désormais, il faudra voir en lui, bien plus le nouveau chanteur méritant, et exceptionnel, du groupe portant son nom, que l’ancien vocaliste de celui de Steve Harris et des siens.