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Chroniques :: Chronique de Runnin' Wild

Chronique de Runnin' Wild

Airbourne  - Runnin' Wild (Album)

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viva australia!

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


Chers lecteurs, bonsoir ! Bienvenue pour notre petite devinette du jour. Si je vous dis Australie, hard-rock, frères... Vous pensez à qui ? Oui, oui ? AC/DC me souffle t-on sur la droite ? Et non ma bonne dame, il fallait bien sûr répondre "Airbourne", groupe emmené par Joel O'Keeffe (chant et guitare) et son frangin Ryan (batterie) et qui a profité de l'année 2008 pour sortir une petite bombe dans le monde viril et tatoué du bon gros rock qui tâche. Comment ça, ça marche aussi pour les frères Young et leur Black Ice !?! C'est possible, mais c'est mon jeu et je fais ce que je veux ! Et en même temps, si vous préférez miser sur une bande de vieux croulants que sur un combo de jeunes fringants et bien sous tous rapports, c'est votre problème.

Et pour tous ceux qui n'auraient pas encore eu l'occasion de faire craquer leurs cervicales sur ce nouveau phénomène, autant profiter d'un début d'année 2009 manquant fortement de créativité musicale pour se replonger dans ce qui continue de faire grésiller nos tympans en attendant une reprise des activités. Car une fois passées les premières secondes de "Stand Up For Rock'n'Roll", impossible de faire ralentir la machine. Ni de faire marche arrière. Ces petits gars ont tellement tout compris au binz qu'il semble difficile de croire qu'ils n'en sont qu'à leur première mise en boîte, pour autant qu'on laisse de côté leur premier EP Ready To Rock devenu quasi-introuvable. Voix braillarde juste ce qu'il faut, refrains calibrés pile-poil pour être tous époumonés joyeusement en chœur, rythmes plus binaires que ça tu meurs, solos version pentatonique passe-partout, un peu de sexe et beaucoup d'alcool ("C'mon drink your beer and drink your wine, let's have a goodtime") et le tour est joué. Il n'y a plus qu'à se laisser aller au milieu des hymnes rock purs et durs ("Too Much, Too Young, Too Fast", "Blackjack") et des quelques morceaux hard-boogies bien vicelards composant ce Runnin' Wild ("What's Eatin' You", "Heartbreaker") pour se retrouver le nez dans le pare-chocs, les dents prenant le frais avec de la poussière du bien nommé Gibson plein les naseaux.

Avec un peu de recul, on se dit que ça a dû sacrément flipper chez les cadors du genre encore en vie. Une telle galette pondue par une bande de blanc-becs atteignant à peine le centenaire à eux quatre, on comprend pourquoi Rose Tattoo préfère jeter l'éponge. Et si nos quatre rockeurs en herbe remettent le couvert plus rapidement que ce bon vieux Angus n'arrive à changer les cordes de sa SG, autant dire que c'est l'hospice assurée pour le reste de la troupe. Le conflit des générations... ça a quand même du bon des fois !

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De manière évidente, peu de nouveaux groupes sont capables de proposer des musiques entièrement nouvelles, d’enfanter de prodigieuse évolution et donc, a fortiori, de provoquer d’étonnante révolutions. Toujours influencés et inspirés, la plupart tentent de se démarquer en proposant un mélange plus ou moins éloignés du berceau originel de leurs idolâtries. Pourtant imposer sa propre identité, même façonner dans les ombres charismatiques d'autres et au son d’une musique dont les horizons les plus lointains, les terres les plus hostiles, les univers les plus complexes ont été presque tous foulé depuis longtemps, délimitant ainsi, forcement, des espaces de liberté créative beaucoup plus restreints, n’est pas un souci sans effet dont on peut se moquer au nom d’une joyeuse désinvolture estampillé d’un « je suis jeune, je suis libre, je suis Rock’n Roll ». Ignorer les conséquences de ce détachement s’il conduit au niveau de chaque groupe à peu de répercussion (tout au plus une indifférence mérité), a le fâcheux inconvénient d’appauvrir un style dans son ensemble, et ce surtout lorsque cette insouciance devient une tendance générale pour la plupart des groupes, qui, incapables de proposer de réelles nouveautés originales se servent de cette excuse pour continuer à recycler les mêmes vieilles recettes éclusées. Se nourrissant alors sans cesse des œuvres « inédites » de ces groupes intègres que l’indigence créatif obligent à se tenir avec dévouement loin de toute idée un tant soit peu enthousiasmante, le style en question, ici en l’occurrence le Hard-Rock, se contente de produire toujours les même groupes, les mêmes disques, les mêmes émotions, l’ennui, la lassitude et pour finir la lente agonie avant l’oubli.

Airbourne, à l’instar de The Answer et de quelques autres jeunes nouveaux venus, est porté en triomphe au summum de l’édifice sacré bâtis autrefois, pierre après pierre, riff après riff, album après album par de valeureux musiciens talentueux et novateurs. Ces nouveaux artistes sont quasiment sanctifiés par d’éminente cellule grise, médias consacrés, qui voient en eux le salut et le renouveau d’un Hard-Rock qui, toujours selon eux, se porte plutôt bien. On pourrait débattre ici de l’étrangeté de l’argument de cette vision fantasque en songeant aux faiblesses de dernières productions anémiques de groupe légendaire dont le mythe s’alourdit à chaque album de couches de poussière supplémentaires, les rapprochant tout juste, petit à petit, d’un minimum de respect de circonstance, eu égard à ce qu’il firent dans le passé. On pourrait aussi s’en étonner en songeant à ces hypothétiques et ridicules reformations totalement « altruistes » dont le résultat difforme donne naissance à des disques à l’intérêt tout juste discutable. On pourrait encore s’en ahurir en songeant enfin à l’essor d’autres mouvances explorant des terres toujours plus arides et extrêmes pour certaines. Pour donner de la consistance à l’argument et étayer le propos qui menace de s’écrouler, il ne reste donc plus que ces nouveaux dont les talents doivent à eux seul justifier toutes les vertus qu’on leurs prêtent, tout les espoirs aveuglés de naïfs subjectifs. Or à y regarder de plus prêt, si certains proposent un vrai travail au mieux enthousiasmant, alors que d’autres s’égarent dans une indicible retranscription à l’arrière gout amer et unique de variation sur un même thème, les derniers se contentent de ressasser des batailles éculés revêtant les armures moins clinquantes, chevauchant les destriers moins fougueux, usant des mots et des ritournelles simplement volés a d’autres plus glorieux. Et dans ces derniers brigand tentant d’usurper des faits d’armes qui ne sont pas leurs, il y a Airbourne.

En effet, loin de se contenter d’offrir quelques relents d’un parfum subtil de ces ainés australien, il décide de nous offrir l’ivresse de la fragrance la plus proche. Ainsi avec abnégation, force et, il faut le reconnaitre, une détermination talentueuse, Airbourne s’applique à être l’ombre la plus fidèle qui soit d’Ac-dc. De telle sorte qu’au détour des onze morceaux qui composent ce Runnin’ Wild, on retrouve invariablement la musique des frères Young. Poussant encore le mimétisme plus loin le groupe de Joel O'Keeffe compose des titres entiers aux riffs directement empruntés à son vieux frère australien. Ainsi Blacjack est un Give a Dog a Bone parfaitement interprété.

Dans cet ensemble ou chaque pièce raconte une histoire déjà racontés, il n’est pas un seul titre dont le mérite reviennent entièrement à Airbourne. Cet agacement obnubilant qui nous oblige à nous employer à rechercher ne serait-ce qu’une once de caractère propre, finis toujours par nous ramener à la folie de l’unique question qui nous obsèdent : dans quel morceau d’Ac-dc ai-je déjà entendu ce solo, cet air, ce riff ? S’il existe d’infime différence je dirais qu’elles se trouvent dans le chant qui, loin d’être une copie conforme de celui de Brian Johnson, n’est tout de même pas exempt d’une certaine ressemblance, pour ne pas dire d’une ressemblance certaine.

Au-delà de ces défauts rédhibitoires, il y a aussi cette énergie intense incroyablement communicative qui parviendrait presque à nous emporter l’espace de quelques titres. Un écran de fumée fait d’adrénaline qui lorsqu’il retombe, et que la raison objective reprends le pas sur l’émotion première dans une analyse plus sereine ne nous laisse entrevoir que le vide relatif de cet album. Un disque, qui sans aucun doute, ne marquera pas l’histoire pour un groupe dont la carrière s’annonce délicate. Peut-on réellement proposer une démarche artistique qui consiste à faire sérieusement dans une exacte réplique ce que d’autre ont déjà fait ?

Runnin’ Wild est donc un album plaisant à la mesure de ceux aux exigences limités, qui ne cherchent pas vraiment l’originalité. Pour ceux qui au contraire sont avides de sensations nouvelles, il vaudra mieux passer son chemin. Il faudra tout de même que le groupe travaille pour se forger une identité moins caricaturalement similaire, et réellement la sienne afin de proposer une musique différente d’un simple copier/coller de celle d’Ac-Dc. C’est de cet affranchissement que naitra, peut-être, des albums suffisamment intéressants pour redonner un destin plus enviable à ce Hard-Rock mourant. Peut-être, mais pour le moment rien n’est moins sur…



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Commentaires


voila la chro qui me semblais avoir déjà été vu ailleurs....
sur SoM, bien sur, mais j'avais pas percuté, ne l'ayant pas lu jusqu'au bout
le ton suffisant et rasoir m'ayant encore lassé
comme sur SoM

jeu. 7 janv. 10- 15:22  
haha, quel ridicule ...
A peine arrivé qu'il cherche déjà la merde.

Au moins on sait déjà qu'il va pas durer longtemps avant de se faire bannir ;-)

jeu. 7 janv. 10- 16:54  
je rapplique par ici, en me disant, comme tu le dis, que c'est touchant de vous rendre visite
et tu me reconduis à la porte
je veux pas m'installer ;)

ven. 8 janv. 10- 00:25  


Runnin' Wild - Infos

Voir la discographie de Airbourne
Infos de Runnin' Wild
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Sortie : 9 juin 2008
Genre : Hard Rock
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Stand Up For Rock 'N' Roll (4:01)à écouter en premierparoles de Stand Up For Rock 'N' Roll
2. Runnin' Wild (3:38)culte !culte !écouterlistenparoles de Runnin' Wild
3. Too Much, Too Young, Too Fast (3:42)à écouter en premierécouterlistenparoles de Too Much, Too Young, Too Fast
4. Diamond In The Rough (2:54)à écouter en premierlistenparoles de Diamond In The Rough
5. Fat City (3:26)culte !culte !paroles de Fat City
6. Blackjack (2:42)à écouter en premierparoles de Blackjack
7. What's Eatin' You (3:36)paroles de What's Eatin' You
8. Girls In Black (3:16)paroles de Girls In Black
9. Cheap Wine & Cheaper Women (3:10)paroles de Cheap Wine & Cheaper Women
10. Heartbreaker (3:56)à écouter en premierparoles de Heartbreaker
11. Hellfire (2:19)paroles de Hellfire
écouter : Ecouter l'album

Airbourne

Airbourne
Airbourne
Voir la page du groupe
Création : 2001
Genre : Hard Rock
Origine : Australie

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