Depuis l'avènement retentissant des
Gojira et autres
Dagoba, chaque mois nous apporte son lot de combos français talentueux. Qu'on se le dise, il est loin le temps où le Metal français ne se résumait qu'à une poignée de groupes sympas mais sans plus.
Emia est l'une de ces nouvelles formations bien de chez nous, qui débarquent en ce petit mois de mai avec un premier EP intitulé Run to Live. La recette? Un Metal puissant, sonnant parfois entre Hardcore et Thrash, le tout dans une production où modernité est le maître mot...
Il ne faut pas être devin pour voir que les toulousains d'
Emia comptent autant sur l'image que sur la musique. En effet, l'artwork peut-être simpliste de Run to Live a au moins le mérite d'annoncer la couleur! Les cinq membres peinturlurés (rappelant les vieux maquillages de
Mudvayne) s'inscrivent directement dans la lignée de nos
Punish Yourself nationaux: l'art musical se voit ainsi complété par un visuel décalé qui n'a d'autres effets que d'attirer l'œil et la curiosité de la future victime.
Oui, victime, vous avez bien lu.
Loin de se contenter de leur image (et du coup de leur identité), les gars d'
Emia ne sont pas là pour déconner. La pauvre victime qui tombera sur ce Run to Live risque bien d'en faire les frais, tant l'EP sonne en véritable pavé jeté dans la mare! Leur mélange de Metal, Hardcore moderne et de Thrash aura tôt fait de lessiver ce pauvre auditeur qui, aux sons des "Run to Live" et autres "Vortex", se verra gentiment malmené par nos cinq bourreaux bariolés! Car
Emia ne fait pas vraiment dans la dentelle, surtout dès cette intro doucement chaotique...
Mais heureusement, on est pas ici en présence d'une formation pratiquant une violence sonore bête et méchante. Non, car
Emia n'hésite pas à incorporer à ses compositions des éléments plus mélodiques, comme sur "Child" et "Boundless", qui mine de rien, s'imposent comme étant les morceaux les plus intéressants de cet EP.
Cet apport de mélodies permet une profondeur dans les compositions que peu de groupes du genre peuvent se vanter d'avoir, et c'est bien cette dualité entre titres péchus sentant bon le live ("Double Edge"...) et ces morceaux plus accrocheurs qui fait ici la différence.
Alors bien sûr, Run to Live n'est pas non plus la sortie de l'année, mais ne pas reconnaître le travail abattu ici serait vraiment injuste, et rassurez-vous, je n'ai aucune envie de l'être. J'en rajouterai même une couche tellement ce groupe m'a surpris: les musiciens semblent bien maîtriser leur sujet, et ce n'est certainement pas la prod' assurée par El Mobo des ConKrete Studios (
Jenx,
Minushuman,
Eryn Non Dae...) qui me contredira...
Cet EP sonne vraiment bien, le son est bien équilibré entre puissance et clarté, et une fois encore, le rendu est à la hauteur.
Avec Run to Live, on peut clairement entrevoir le talent prometteur de nos toulousains. Dès ses débuts, le gang d'
Emia frappe un grand coup, et n'hésite pas à mixer ses influences pour un rendu convaincant. Avec pas moins de sept titres puissants et résolument modernes, il y a fort à parier que l'épreuve du live fera des dégâts dans la fosse!
Alors oui, c'est vrai, Run to Live n'est que la première sortie d'
Emia, oui, ils ont encore à faire leurs preuves, mais pourquoi ne pas reconnaître qu'on tient là une sortie très sympa, française de surcroit? Quoiqu'il en soit,
Emia se lance dans le bain avec brio, et il y a de grandes chances qu'à l'avenir vous entendiez parler de ces peinturlurés!