Après avoir gagné un concours,
Dyslesia enregistre son premier album avec une excitation qui n'est pas vaine, une fébrilité née de la concrétisation d'un rêve. Avec ce disque intitulé My Own Revolution, Dyslesia se lance dans le grand bain sans les bouées. Il sait qu'au pire, il se noiera.
Pour être franc, la musique de Dyslesia n'a rien de révolutionnaire, on sent quelques influences du côté des cousins germains d'
Helloween, puis de temps à autres, on remarque un clavier entêtant qui s'intègre bien aux compositions, pouvant faire songer à du
Savatage, sans néanmoins égaler les américains dans le style. Mais pour rester dans le domaine de la franchise, il convient de noter que le groupe joue bien, juste et que mine de rien, il dégage une certaine classe. Like A Prophet est de bonne tenue, Fallen Angels est un solide brulot. Dyslesia aime les titres longs, propices à une construction plus alambiquée, souvent ambitieuse. Etrangement, c'est le title-track qui se montrera le morceau le plus court, l'introduction Love Four The Soul Of Evil mise à part.
Niveau jeu, le groupe est vraiment bien en place.
François Brisk propose des parties de batterie bien construites sur lesquelles les guitaristes viennent greffer les leurs avec enthousiasme. Des breaks bien pensés viennent donner une dynamique bien particulière à l'ensemble. Ainsi la power ballad Bad Memories se dope littéralement et prend une tournure moins facile, loin de celle que les premières notes laissaient présager. On se retrouve au milieu d'un heavy metal qui a de fortes tendances prog, bien construit, parfois trop construit : on peut se perdre dans les méandres d'une mélodie innocente d'apparence mais qui peut prendre des tournures quelque peu hasardeuses (le très long Never More).
Mais le chanteur me demanderiez-vous ?
Thierry Lebourg n'est pas un mauvais chanteur, mais sur cet opus, difficile de se faire un avis bien tranché. En effet, sa voix monte facilement dans les aigus. Peut-être un peu trop, comme s'il cherchait à se placer dans le créneau laissé vacant par un
Michael Kiske démissionnaire du mouvement. Cela peut parfois paraitre très étrange. Secondé par des choeurs, le chant évite l'écueil : il suffit de se pencher sur Lost Illusions pour se rendre compte des capacités de Thierry Lebourg, sous exploitées. Un des points faibles de ce disque. Avec sa pochette (mais ça, c'est subjectif !).
Pour un premier album, on tient là quelque chose d'intéressant et qui transpire l'honnêteté. Cela permettra à Dyslesia de connaître les joies de la scène et un premier déboire, le désistement du second guitariste
Yves Bernardin, qui sera remplacé au pied levé par
Fabrice Dutour. Et de là, un revirement de style qui rendra le prochain opus très savoureux, mais c'est une autre histoire...