Second et dernier segment de la première période musicale d’
Opeth, Morningrise est très Black Metal, et ce même plus qu’Orchid. Album assez méconnu au même titre que ce dernier, Morningrise devait confirmer le potentiel des poulains d’Ihsahn découvert sur Orchid .
Morningrise n’est pas une évolution. Celui qui aura déjà jeté une oreille sur Orchid ne sera pas surpris par ce nouvel essai des suédois. « Advent », le morceau qui ouvre l’album, rappelle fortement les précédentes compositions : c’est progressif de par l’alternance entre passages Black et acoustiques et c’est poétique. Les guitares sont réellement l’atout majeur de l’album, comme sur le précédent album. Tout se joue à partir de cet instrument, la dynamique, l’émotion et au final l’ambiance (« Black Rose
Immortal »). Le jeu entre les deux guitaristes est toujours aussi travaillé comme sur la très belle « The Night and the Silent water » rappelant « Forest of October ». La basse est en revanche plus présente que par le passé, mettant ainsi en avant tout le talent de Johan DeFarfalla et garnissant les compositions d’appuis mélodiques bienvenue.
Si Morningrise apparait comme un second Orchid, il n’en demeure pas moins plus travaillé notamment sur les parties acoustiques, beaucoup plus maîtrisées par les deux guitaristes (le solo acoustique de « The Night and the Silent water » ou les multiples passages acoustiques d’ « Advent »). Morningrise innove légèrement en proposant « To Bid you Farewell », morceau quasiment tout en acoustique et au chant clair magnifique. Ce dernier est d’ailleurs beaucoup plus mis en avant sur ce second opus, révélant ainsi un Mikael Akerfeldt aux vocaux exceptionnels.
Alors voilà, certaines compositions ressortent du lot, certaines mélodies restent en tête (« To Bid you Farewell », « The Night and the Silent water ») et
Opeth fait preuve d’une réelle imagination poétique et musicale. Cependant, on remarque nettement qu’
Opeth ne s’est pas renouvelé sur ce second album (la quelconque « Nectar ») et signe tout simplement un Orchid bis. Les rares innovations sont légères (le chant clair plus présent et le solo bluesy-jazzy de « To Bid you Farewell », morceau aux relents expérimentaux avec ses ambiances à la wah wah) et le groupe s’enfonce parfois dans des sentiers escarpés desquels il ne ressort pas forcément indemne (la sublime mais trop longue « Black Rose
Immortal »).
Un album curieux que ce Morningrise. Riche en émotions (« To Bid you Farewell ») et garni de légères évolutions (la maîtrise de l’acoustique, le chant clair encore une fois), il apparait néanmoins comme un album sans identité. S’il est l’album qui a commencé à les dévoiler, il n’est pas le plus original mais est cependant d’un meilleur niveau qu’Orchid, et ce grâce à un travail plus poussé et à une recherche supplémentaire de la part de musiciens décidément fort prometteurs. A noter, sur la réédition de l’album, la présence de l’inutile « Eternal Soul Torture » qui malgré quelques bonnes idées (des passages repris sur « Advent ») ne vole pas très haut, la faute à un son moyen. Un très bon album qui confirme le talent des suédois.