Fondé en 1998 en terre Britannique par Duncan Patterson et son ami de longue date Michael « Mick » Moss, le groupe a été initialement créé, selon les dires de ses géniteurs, pour proposer une musique recouvrant tout le spectre de leurs influences. Ce jour-là, quelque part entre Rock feutré et ambiances Electro, Antimatter était né...
Après un Saviour (2001) lorgnant du côté du Trip-Hop, et un Lights Out (2003) d’une insondable noirceur (à l’image du titre) , aux influences Darkwave parfaitement digérées, Antimatter tente avec Planetary Confinement l’expérience acoustique, et dévoile une musique dans son plus simple appareil, sans fioritures, loin des velléités électro de son grand frère.
Avec cet album, marquant un nouveau virage artistique pour le groupe, la sobriété est mise à l’honneur. Au niveau de la musique, évidemment, celle-ci étant composée autour d’instrumentations simples (guitare, piano, violon), voire même minimalistes, et les percussions, très rares, étant quant à elles amenées avec beaucoup de douceur (On note tout de même l’apparition de quelques claviers sur les morceaux composés par Duncan Patterson).
D'une manière plus générale, Planetary Confinement possède la même saveur amère et désabusée que les précédentes sorties du groupe, et chaque titre de cette nouvelle offrande nous plonge au fur et à mesure de sa progression dans une sorte de douce mélancolie. Pour autant, tout n’est pas noir au pays d’Antimatter, et l’album est, d’une certaine façon, apaisant et réconfortant, tout comme le serait la lueur d’une bougie dans une pièce sombre.
Pour ce qui est du visuel, celui-ci est en parfaite adéquation avec le titre et les thèmes de l’œuvre, centrés sur la place de l’être humain dans la société contemporaine, et symbolise une certaine forme d’enfermement, de Confinement.
Après une courte introduction, sobrement éponyme, et posant les fondations de cet album, les premières notes de « The Weight Of The World » commencent à résonner, soutenues par la voix de Moss, douce et profonde, presque hypnotique, pour un résultat poignant et réellement envoûtant...
Fait intéressant : a partir de là, et jusqu’à « Legions », « Eternity Pt.24 » étant un instrumental (un poil longuet et monotone d’ailleurs), on remarque une alternance entre voix féminines et masculines.
Cela tient principalement au fait que l’album a été composé et enregistré en plusieurs points géographiques, soit en Angleterre pour Moss, et en Irlande pour Patterson (qui a aussi enregistré une partie de ses compositions en France), mais cette disposition des titres nous donne l’impression d’être les témoins privilégiés d’une sorte de « correspondance artistique » entre les deux musiciens.
Ce n’est peut être qu’un détail, mais cela permet d’équilibrer l’album et de favoriser l’immersion de l’auditeur dans l'univers résolument sombre de ce Planetary Confinement.
Sombre, oui. Et ce n’est pas « Epitaph » qui nous fera mentir...
Véritable crève-cœur, et accessoirement pièce maîtresse de l’album, ce morceau est également l’un des seuls du groupe à avoir fait l’objet d’un vidéoclip (l’autre étant « Conspire » tiré de Leaving Eden (2007), le quatrième album d’Antimatter), qui ne laisse personne indifférent (regardez le pour vous en convaincre)…
Enfin, au rayon des surprises, on retrouve la reprise de « Mr. White », du groupe Américain de Heavy Metal
Trouble. Le titre, malgré le fossé séparant les deux groupes, s’avère très respectueux de l’original, et gagne en éloquence ce qu’il perd en puissance, pour un excellent résultat.
En résumé, si Planetary Confinement souffre d’une outro tirant un peu en longueur, mais que les amateurs d’ambiant devraient apprécier à sa juste valeur, cet album confirme une fois de plus l’immense talent de Mick Moss et de Duncan Patterson, qui n’ont jamais été aussi proches de la perfection.
Tout simplement incontournable.