Un nouvel album de
Drudkh, déjà, et ce moins d’un an après un Microcosmos plutôt abouti? Eh bien non, ce n’est pas tout à fait ça. Certes, les Ukrainiens sont connus pour être un groupe assez prolifique, en témoigne cette année 2006 durant laquelle ils ne sortirent pas moins de deux LP, à savoir
Krov u nashykh Krynytsyakh (Blood in Our Wells) et
Songs of Grief and Solitude. C’est d’ailleurs de ce dernier qu’on va parler ici…
Comme vous le savez déjà (ou pas), les Ukrainiens ont signé chez Season Of Mist fin 2008, ce qui leur a permis de donner à Microcosmos, sorti en juillet 2009, une distribution plus conséquente que celle de leurs dernières sorties. De plus, le label français s’est également lancé dans la réédition de l’ensemble des œuvres de
Drudkh, avec des artworks inédits et un son spécialement remasterisé pour l’occasion. Après
Forgotten Legends,
Autumn Aurora et
The Swan Road, c’est donc au tour des
Blood in Our Wells et
Songs of Grief and Solitude précitées de se voir offrir une seconde jeunesse.
Ce disque, par bien des aspects, pourrait être comparé au
Kveldssanger de
Ulver, puisqu’il correspond à la seule sortie entièrement acoustique (et instrumentale) du groupe, rendant un hommage appuyé aux traditions et à la mythologie locales (en l’occurrence slave) tout en étant marqué par sa douceur, et son émotion épurée. Cependant, nul chant ici et surtout, un esprit beaucoup plus folk et moins mélancolique que celui des Norvégiens.
Songs Of Grief And Solitude est un aperçu de l'amour profond que
Drudkh attache à ses racines et à sa culture, un hommage simple et sincère rendu grâce à l'utilisation de guitares acoustiques et d'instruments traditionnels comme la flûte.
Pourtant, même si son écoute est réellement plaisante ce Songs Of… arrive rarement à "décoller" complètement. Mis à part des exceptions notables comme la magnifique
Tears Of Gods par exemple, on est ainsi rarement soufflé par les compositions du groupe, qui plutôt que de nous donner la chair de poule ou de nous transporter vers les lointaines terres d’Europe orientale, apportent plutôt une sorte de sérénité agréable et parfois trop tranquille. On se trouve ainsi, à plusieurs moments, à la limite de la léthargie devant l’aspect répétitif de cet album. Les critiques que
Drudkh a pu recevoir pour avoir "osé" sortir un album non black metal sont évidemment complètement injustifiées, mais on a tout de même l’impression d’une parenthèse dans la discographie du groupe, comme un repos, une escale avant de repartir dans le voyage mystique et méditatif que les Ukrainiens s’emploient à nous proposer depuis leurs premières sorties.
On ne parlera donc pas de coup manqué, il y a de très bons moments dans ce disque, mais on sent le groupe en quelque sorte moins présent et impliqué que sur ses albums plus "classiques". Il est clair qu’on ne peut néanmoins que se réjouir de cette "re-sortie", une bonne occasion de découvrir une facette moins connue de
Drudkh et peut-être un moyen –même si l’esprit est bien différent- d’approcher leur discographie dont cet album est certainement le plus facile d’accès et le moins déroutant.