Avec son premier album,
De Occulta Philosophia, paru il y a déjà trois ans,
Blood Of Kingu s’est vite révélé comme étant une valeur sûre de la scène Ukrainienne. Et en fait, ce n’est pas vraiment étonnant puisque le groupe est constitué de membres constituant le noyau dur de cette scène. On retrouve ainsi des membres de
Drudkh,
Hate Forest,
Astrofaes, etc. Une force montante composée d’éminents musiciens qui gravissent les sphères de l’underground album après album, dans leurs formations respectives.
Mais cette nouvelle alliance n’est pas un groupe inutile qui ne présentera qu’un mix de
Drudkh et
Astrofaes, non,
Blood Of Kingu est bel et bien une entité à part entière.
Kingu est ce Dieu de la mythologie Babylonienne, en quelque sorte le Dieu qui a fondé l’humanité grâce à son sang :
Après l’assassinat de son père Apsu par Ea, il épouse
Tiamat, sa mère. En décidant de venger son père, il perd finalement le combat face à Mardouk, et Ea recueille son sang pour forger l’humanité. (Notez au passage que
Tiamat, Ea,
Absu et
Marduk sont tous des noms de groupes de Metal)
Ainsi, comme son patronyme l’indique,
Blood Of Kingu explore les mythologies du monde sumérien, mais aussi les mythologies égyptiennes, tibétaines et indo-aryennes.
Bien différent des autres groupes de ses membres,
Blood Of Kingu n’est pas uniquement une exploration lyrique de quelques mythologies. Sa musique est elle aussi baignée dans toute la violence des religions du monde, mais aussi leurs mystères, leurs légendes et croyances. Ainsi, partant d’une base Black Metal,
Blood Of Kingu façonne sa musique qui peut paraître à la fois expérimentale, ambiante et brutale. L’auditeur voyage d’un univers à l’autre, tantôt bercé par des passages teintés de folk avec des ambiances très babyloniennes et des instruments traditionnels (Morbid Black Dreams Bringing Madness), tantôt par des éléments très agressifs comme le chant qui se veut très brutal et profond à la fois.
A travers sa musique, le groupe arrive à faire passer tout un panel de sentiments tous plus forts les uns que les autres, entre haine vengeresse, introspection ésotérique et voyage anticosmique.
Sun In The House Of The Scorpion est une œuvre qui appelle à la réflexion, à l’
ataraxie. Et agissant en véritable catharsis, ce nouvel album s’impose comme un pilier de la scène Ukrainienne. Et pour figer son couronnement, les ukrainiens nous proposent même une reprise du célèbre Gate Of Nanna (Nanna est le dieu sumérien de la Lune) du renommé
Beherit, un titre qui prend ici tout son sens réinterprété avec brio !
Ce second opus de la part de
Blood Of Kingu risque de susciter bien plus de passions que le précédent qui était pourtant déjà excellent. Mais avec un travail encore plus poussé, des ambiances explorées judicieusement et incitant au voyage,
Blood Of Kingu nous livre là une œuvre épique, cathartique, introspective, et surtout, grandiloquente. Car entre brutalité et sérénité, il n’y a qu’un pas, et
Blood Of Kingu nous montre la voie, il n’y a qu’à le suivre !