L'album
Queen II, sans être un flop total, n'aura pas été un succès non plus. Pourtant, sur scène,
Queen assure toujours autant, au point de voler la vedette aux groupes dont il fait la première partie. Mais Brian May contracte une hépatite qui le force à prendre du repos. Le groupe en profite pour enregistrer l'album
Sheer Heart Attack (qui deviendra également une chanson quelques années plus tard).
Dès le premier morceau, la différence est palpable (et palper avec les oreilles, c'est fort !). Le groupe se montre bien plus direct, moins timoré. Brian May semble s'inspirer du travail de Freddie Mercury sur le précédent opus et se lâche complètement. Brighton Rock se fera casser par la presse, il reste un morceau où la guitare est reine, avec ce solo interminable destiné à devenir dantesque en concert. Mercury y livre une prestation vocale remarquable, devant interpréter les personnages de Jimmy et Jenny, ainsi que celui du narrateur. Un aspect théâtrale et loufoque qui ne sera pas du goût des journalistes. Côté hard rock pur, on peut noter le sombre Tenement Funster où Taylor assure l'une de ses meilleures prestations vocales, le carré Flick Of The Wrist, Now I'm Here qui sera un succès aux USA, ainsi que le surpuissant Stone Cold Crazy, rapide et brutal pour l'époque, qui laisse préfigurer ce que sera le thrash quelques années plus tard.
Metallica reprendra d'ailleurs ce morceau sans réellement le modifier.
Le reste ne se contente pas de l'anecdotique. Killer
Queen est un hit supplémentaire à ajouter à l'actif du groupe. Très éloigné de leur premier succès, Seven Seas Of Rhye, on se retrouve ici avec un morceau de glam entraîné par un piano entêtant et un solo de Brian May étonnant, baroque et complètement décalé. Les deux versions de In The Lap Of The Gods sont très différentes l'une de l'autre. La première est étrange, avec une partie vocale n'est pas forcément plaisante, c'est comme si le groupe s'essayait à un opéra rock original mais étrangement insaisissable. La seconde version prend tout de suite une dimension plus épique et se montre bien plus conventionnelle. On peut également s'attarder sur Bring Back That Leroy Brown, très big bang dans l'esprit, qui préfigure une oeuvre comme
A Night At The Opera.
Avec
Sheer Heart Attack,
Queen défini complètement quel sera son style et laisse tomber les sonorités qui prédominaient sur les deux premiers albums. On pourrait presque parler de musique simplifiée sans que cela ne soit réducteur pour le groupe. Un très bon album qui a tendance à être plus ou moins oublié des fans. Une très bonne pioche pour découvrir les débuts du groupe.