Il aura fallu quatre longues années aux danois de
Pretty Maids avant de donner suite à un Wake Up The Real World certes intéressant mais sans véritable capacité à surprendre un auditoire aguerris à la musique de ces scandinaves. Dans un propos parfois bien trop mélodique, cette oeuvre aura su néanmoins s’émanciper de certain des défauts les plus récurrents de ce groupe, pour un résultat certes pas totalement convaincant mais suffisamment engageant pour nous permettre d’attendre la suite avec un certain intérêt. Cette attente infinie, qui finalement semble être le temps de composition nécessaire habituelle à Ronnie Atkins et aux siens, prends fin avec cette nouvelle offrande,
Pandemonium.
Le premier constat qui s’impose d’emblée, à l’écoute de cette œuvre, réside dans le fait que
Pretty Maids semble, enfin, définitivement affranchis de cette incapacité chronique à intégrer dans sa musique ses diverses envies créatives paradoxales. Il nous offre donc désormais la vision apaisé d’un propos artistique, enfin, cohérent. Dans la continuité de cette aspect d’union subtile entre un Hard Rock et un Heavy, dans lesquels l’aspect mélodique demeure
primordial, il s’exprime dans une osmose, enfin intelligente et enfin réussie. Ainsi des morceaux tels que l’efficace titre éponyme, dans lequel les danois confronte délicieusement de rageurs couplets agressifs aux douceurs harmonieuses de refrains agréables pour un titre nerveux et attachant, ou encore tels qu’un I.N.V.U certes plus mélodiques encore mais aux guitares suffisamment efficace pour demeurer séduisant, ou tels qu’un appréciable Final Day of Innoncence et ses claviers qui ne sont pas sans nous évoquer le célèbre groupe de Pete Townsend, les Who, témoignent de cette aboutissement. Evoquons encore un enthousiasmant Cielo Drive prompt et un remarquable It Comes at Night aux riffs et aux rythmes plaisamment pesant et tourmentés. Des titres efficaces dans lesquels les danois continuent à développer ce dessein artistique dévoué au mélange, dessein entamée sur un
Anything Worth Doing Is Worth Overdoing (1999). Le contraire aurait pu apparaître comme étonnant tant les fondements de ce désir créatif paraissent lointain. Pourtant le passé de ces scandinaves, fait de tumultueux changements et d’idées parfois saugrenues, tends à prouver qu’ils sont capables du meilleur comme du pire. Cette constance est donc éminemment louable.
Au chapitre des ballades un effort considérable a été fait puisque, au-delà d’un Final Day of Innocence très mélodique qui pourrait, lui aussi, être considéré de par certains aspect comme une de ces friandises bien trop sucrées, seul Old Enough to Know et Breathless viennent adoucir le climat véhément de cette œuvre.
Quoiqu’il en soit, au final, dans l’expression de cette musique devenu, désormais, si caractéristique de
Pretty Maids ; le groupe nous offre un album dans lequel il marie, avec un certain bonheur, toutes ces influences diverses et variées. Songe fait à la fois d’intensité, de musicalité, de douceur et de force, ce
Pandemonium, clairement plus inspiré que son prédécesseur, s’inscrit donc dans la continuité ascendante que nous proposent depuis quelques temps déjà les danois de
Pretty Maids. Loin des modes stériles, des tendances futiles, des aspirations opportunistes et des idées conceptuelles ténébreuses ineptes, le groupe propose une alternative qui, si elle n’a rien de révolutionnaire, demeure amplement suffisante à nourrir des plaisirs certains.