Quand on se penche sur l'histoire du rock, on se rend compte que les Britanniques ont eu des putains de groupes. Il y a les
Beatles bien sûr. Puis les
Rolling Stones bien sûr. Plus récemment,
Oasis a connu son heure de gloire avant de sombrer assez tristement. Et
Queen.
Le cas
Queen est spécial. De sa création au début des 70 jusqu'à la mort de
Freddie Mercury, le groupe a su proposer des albums souvent bons tout en défrayant la chronique. Les fresques de sieur Bulsara (Mercury) y sont pour beaucoup, la presse à scandale s'occupant bien des musiciens. Mais quand on se penche sur les débuts du groupe, on se dit que le succès aurait pu échapper à
Queen.
Le groupe a un héritage pop britannique indéniable. On n'est pas anglais sans renier l'influence des Beatles. Mais
Queen se teinte également de glam à la
T-Rex, de hard rock hérité de
Led Zeppelin et
Uriah Heep pour les choeurs particulièrement travaillés. Mais le combo londonien a encore des difficultés à jouer sur ses différentes facettes et surtout, à reproduire sur vinyle la puissance qu'il dégageait en live. Des prestations dantesques où Mercury se taillait la part du lion avec une certaine arrogance et surtout, un charisme qui renvoit à la maternelle Tom Cruise et compagnie.
Sur ce premier opus éponyme, on passe d'une ambiance à l'autre. Cela débutte par un hard rock à la basse galopante, Keep Yourself Alive, sympa mais sans plus, on passe sur une composition relativement assommante au piano ponctué par deux soli qui réveilleraient un mort. On peut rester pantois face à un morceau intrigant comme Great King Rat puis s'ennuyer ferme plus tard face à The Night Comes
Down. Le groupe fait preuve de bonne volonté, le chant est sublime, la guitare efficace même si parfois timorée, la section rythmique tient bien en place... mais la sauce ne prend pas toujours. Par exemple, Liar pourrait être un titre excellent mais il ne parvient pas à garder le même degré d'ointensité tout du loup, à contrario d'un My Fairy King, glam et psychédélique à la fois, qui reste en tête, une mélodie joliment datée mais aux choeurs sublimes. C'est soit trop, soit trop peu, rarement juste ce qu'il faut.
Avec ce premier album,
Queen ne trouvera qu'un succès d'estime, mais il posera les bases de ce que sera son style lors des prochaines années. Le second album se montrera autrement plus ambitieux.