En 1999, Helloween est en vacances.
Andi Deris ne se contente pas d'être à la plage les doigts de pied en éventail, il en profite pour enregistrer un album solo, pareil pour
Roland Grapow,
Uli Kusch et
Markus Grosskopf (ouais, mais lui, il aurait pu s'en passer). Weikath, lui reste chez lui et réfléchi à la possibilité de changer de label. La solution tient en un album de reprises qui aura un double rôle : d'abord faire patienter les fans jusqu'au prochain opus et ensuite, achever un deal avec Castle qui n'avait plus rien à proposer au groupe qui redevenait gros après deux albums fort bien réussis (
Time Of The Oath et
Better Than Raw).
Déjà, la mise en boîte de cet album est bizarre, vu que chacun bossait de son côté et envoyait le résultat par e-mail. Ensuite, le contenu...
Annoncé comme un album de reprise couvrant les groupes ayant influencé les musiciens des années 60 aux années 80, on se retrouve avec un aperçut des sixties, des seventies, mais les eighties ne sont représentés que par un From Out Of Nowhere (
Faith No More) des plus bancal. Alors on retrouve quelques groupes célèbres, comme
Scorpions,
Jethro Tull,
Abba ou les
Beatles, on retrouve également des choses plus inattendues, comme du
Alex Harvey, du
Frank Marino ou du
Babe Ruth.
Les versions présentées ne sont pas toutes inspirées, loin de là. On reste pantois devant la platitude du Space Oddity de
David Bowie, on grince des dents devant la brutalité inutile du He's A Woman - She's A Man de Scorpions... Mais on est séduit pas la version metal du Lay All Your Love On Me d'Abba et de l'humour d'un morceau comme Hocus Pocus (
Focus) qui fait toujours mouche.
Ce qui manque à cet album, c'est une cohésion et une prise de risques. On en reconnait pas forcément la Helloween's Touch sur les compositions ici revisitées, on sent limite que le groupe s'est fait chier à enregistrer tout ça. Alors oui, il y a des morceaux qui sortent de l'eau et qui prouvent que ça aurait pu faire un EP sympa à compléter avec des reprises live (et quand on sait qu'Helloween a repris du
Kiss, du
Grand Funk Railroad du
Thin Lizzy ou du
Status Quo, il y a de quoi être dégoûté). Metal Jukebox n'a pas franchement grand intérêt, sauf pour les fans du groupe (dont je fais parti). Les autres peuvent tranquilement passer leur chemin, y a pas grand chose à voir. Ou plutôt, à écouter avec plaisir.