La version bien connue de High Voltage est en fait une compilation des deux premiers opus australiens d'AC/DC,
High Voltage et
TNT. Paru en Europe en 1976, ce disque a un effet électro-choc. Sa formule est simple, binaire. C'est simple, c'est efficace.
High Voltage est un disque de rock hard'n'roll, issu du blues et de Chuck Berry, aux rythmiques d'une simplicité étonnante. Le groupe ne se charge pas inutilement, il propose des morceaux directs et facilement mémorisables. Un des atouts du groupe, c'est Angus Young, guitariste soliste monté sur pile qui s'illustre sur chaque morceau, faisant des parties lead une des marque de fabrique du groupe, des soli énervés qui explosent dans tous les sens? Ensuite, l'autre point fort du groupe réside en la personne de
Bon Scott, chanteur unique à la gouaille irrésistible. Un timbre de voix trainant, qui transpire une certaine perversité tout humoristique.
Bien évidemment, tout n'est pas encore parfait. Le groupe se rode encore même si le style est déjà trouvé. Malcolm n'est pas et ne sera jamais un guitariste extraordinaire aussi il assure comme il le peut. De la simplicité des riffs nait l'engouement pour AC/DC : des mélodies que l'on peut siffler, chantonner facilement, de l'énergie malgré tout, des textes crapuleux.
Quand on se penche sur l'album, on se laisse facilement entraîner par des morceaux comme It's A Long Way To The Top (If You Wanna Rock'n'roll) et sa cornemuse, on se laisse séduire par le bluesy The Jack, on se marre devant un She Got's Balls qui aura valut une rupture à Bon Scott. Un hard rock archi dépouillé, qui en apparence ne casse pas trois pattes à un canard unipattiste, qui pourrait être tout simplement quelconque. Mais de bonnes chansons restent de bonnes chansons, et les chansons festives font du bien après le crack pétrolier de 1973. L'optimisme coquin du groupe séduit, la voix de Bon et les prestations scéniques font le reste.
High Voltage est en gros le bulletin de naissance d'un très grand groupe.