Les premiers pas d'
Hypocrisy sur la scène death suédoise ne resteront pas comme les plus important. Le groupe a décidément un wagon de retard par rapport à leurs congénères de
Grave ou de Dismember. Brutal et malsain,
Hypocrisy cumul les clichés du genre. Logo en lettres de feu, un 666 placé autour d'un pentacle, pochette dans la tradition du genre, chanteur format grizzly commençant systématiquement les chansons par une espèce de vomissement.
On retrouve ce death metal lourd et que trop rarement raffiné qui émaillait déjà Penetralia. On ne peut guère parler d'évolution, plutôt d'une continuation.
Hypocrisy se dessine des contours satanistes, se complet dans une espèce de provocation qui peut porter à sourire (autre accumulation de clichés quand on lit la liste des morceaux).
Masse Broberg grogne avec satisfaction tout du long, mais avec une prononciation laissant à désirer. On peut juste suivre les paroles pour savoir ce qu'est l'
Exclamation Of A Necrofag ou quels sont les
Infant Sacrifice.
De temps en temps, on sent que
Hypocrisy essaye de surprendre ses auditeurs. Dès
Pleasure Of Molestation, en ouverture. Une introduction calme mais horrifique se pose lentement, prenant son temps pour placer l'ambiance. Et inévitablement, ça embraye sec derrière, avec un Broberg heureux de venir grogner un bon coup. On pense également à
Althotas avec sa voix claire qui psalmodie, sous mixée donc perdant tout impact, ainsi qu'un final plus calme, pour en définitive une grosse déception à l'arrivée.
Pris comme ça, l'album ne fait pas envie. Avec une batterie qui répète les mêmes plans inlassablement, une guitare peu imaginative aux quelques rares soli sympathiques. Ensuite, il y a toujours moyen de tirer satisfaction de quelques titres pris à part, comme le meurtrier
Pleasure Of Molestation qui n'a pas usurpé son titre, le reprise du
Black Metal de
Venom ou encore le puissant
Attachment To The Ancestor. Des titres qui sortent du lot, qui gardent un côté mémorable au milieu de cette furie ambiante.
En 1993,
Hypocrisy est un groupe qui peine à sortir du lot car il se démarque de la concurrence en étant trop basique et bêtement prévisible. Il faudra attendre le départ de Broberg partit fonder Dark Funeral pour que le groupe prenne ses atours plus sombres et allumés, en plein trip sf, sans pour autant complètement tourner le dos à ses origines.
Osculum Obscenum est le témoignage d'une époque, un reflet de ce que fut
Hypocrisy à ses débuts : un groupe comme tant d'autres.