Quand on parle d'
Hypocrisy (du groupe, parce que sinon, beaucoup de noms peuvent être cités), on évoque que très rarement les premiers opus. Il faut dire, le style pratiqué à l'époque était bien plus primaire. Un death metal calibré, fait pour défourailler à tous les étages, ou presque. On en parle moins également parce que
Peter Tägtgren n'était alors que le guitariste-producteur-géniteur du projet. Surtout, il n'avait pas encore ce statut de référence dans le domaine.
A l'origine, le chanteur était un certain
Masse Bromberg (futur
Dark Funeral). Ce dernier est le membre qui s'en sort le mieux sur cette galette en fait. Avec son chant guttural, grave et ravageur, il arrive à donner un peu de relief à des compositions qui se veulent malsaines mais qui n'inspirent en fait pas grand chose. Death metal basique, fortement teinté d'
Entombed - à l'époque une référence absolue dans ce domaine - avec un côté vindicatif et gras prononcé, quelques blast beats de ci de là, rien de bien folichon en définitive. Les plans de batterie sont très répétitifs, sans trop d'imagination : on balance, on balance, hop, on fait un break prévisible et on repart comme en 40 ! Les guitares, doubles vu que Tägtgren n'était pas seul au poste, ne sont pas franchement plus originales (même à cette époque) et les soli ne font pas l'unanimité. C'est froid, maigre malgré une impression d'opulence. On persiste tout de même à l'écoute.
Ce qui s'avère être une idée relativement peu enthousiasmante. Il y a bien ça et là quelques éclairs de lucidité (on ne peut pas parler de génie, pas à ce niveau) : une première version de God Is A Lie (qui deviendra par la suite l'une des premières références d'Hypocrisy) qui bourine sévèrement, le morceau titre qui se veut plus construit avec une introduction lente et sombre, à l'image de ce que le groupe pourra faire en mieux dans le futur. Même au niveau des paroles l'ensemble n'est pas franchement encourageant. Les extra-terrestres chers à Tägtgren ne sont pas encore de mise et on se heurte à un satanisme de base à la
Venom et compagnie. Il suffit de jeter un regard sur les titres des chansons (certains valent le détour dans le style cliché) pour s'en rendre compte.
Penetralia, c'est un peu une bête de foire que l'on exibe de temps en temps devant les fans du groupe, pour rappeler qu'à l'origine, Hypocrisy n'était pas un représentant majeur du death mélodique. Au contraire, il était basique et surtout, quelconque. Un élève appliqué mais trop brouillon dans ses résultats, qui semble s'engouffrer dans une brèche mainte fois explorée. Comme un acteur de porno débutant qui doit monter une légende du genre : il répète des poses mille fois vues (ici, entendues) sans se trouver une once d'originalité.
Pour ceux qui ne connaissent pas cette époque d'Hypocrisy, le constat peut être effrayant : à l'origine, c'était un groupe comme tant d'autres dans le style, dont la survie était plus qu'hypothétique.