Après la véritable tornade nommée Dismantling Devotion, les doomeux américains de
Daylight Dies reviennent sur le devant de la scène avec Lost to the Living, troisième opus du groupe disponible depuis 2008. C'est un véritable challenge pour eux que de parvenir à sortir un album au moins aussi bon que le précédent, et c'est bien dans cet esprit-là que le public accueillait ce nouvel effort...
Commençons par le visuel. Comme à son habitude,
Daylight Dies nous sert un artwork discret, très sobre et pourtant assez énigmatique. Pourquoi tant de noir? La musique suivra-t-elle la dominante des couleurs ou n'est-ce qu'une sorte de trompe-l'œil? Assurément non, comme les neuf compositions nous le laissent comprendre...
Car pour être noir, cet opus l'est, c'est certain. Là où un Dismantling Devotion brillait par ses lueurs d'espoir, Lost to the Living se confond lui dans la déchéance et dans des sentiments plutôt négatifs ("The Morning Light", "Cathedral", "A Subtle Violence"...). Pour faire clair, c'est lourd, c'est sombre et surtout mélancolique, à la limite du torturé comme en témoignent ces growls déchirés. Pourtant, la musique proposée ici n'est pas si différente que celle jouée deux années plus tôt... Disons que
Daylight Dies a gentiment fait évolué sa recette, alourdit sa musique, sans vraiment prendre de risques (si ce n'est les superbes interventions claires très Katatoniesques sur "Woke up Lost" et "Last Alone").
Du coup, et comparativement à Dismantling Devotion, Lost to the Living a du mal à accrocher l'oreille, il manque ce grain accrocheur qui avait fait le succès du précédent opus, ces notes qui à elles seules laissaient l'auditeur dans un profond état léthargique où seuls les changements d'ambiances parvenaient à le guider...
Le pire dans tout ça, c'est que Lost to the Living souffre d'une comparaison inévitable avec son aîné. Si Dismantling Devotion n'avait jamais vu le jour, cet opus serait probablement un monstre du genre, seulement ce n'est pas le cas, et même si le tout sonne bien (gros boulot de Jens Bogren d'ailleurs), les sonorités deviennent prévisibles...
Sinon, et je le répète, nous ne tenons pas là un album mauvais, bien au contraire...
Au final, un avis plutôt mitigé pour ce Lost to the Living... Les neuf compositions sont inspirées, elles ne manquent pas d'âme mais on a tendance à ressentir le spectre musical qui prédominait sur Dismantling Devotion. Et clairement, entre ces deux opus ce dernier ne fait pas le poids... Pourtant, tout est mis en œuvre pour mettre le paquet, que ce soit dans les arrangements (guitares acoustiques, effets...), les vocaux ou même le mix (et j'en reviens à ces deux monstres "Woke up Lost" et surtout "Last Alone")...
Il est juste dommage que le groupe n'ait pas osé faire évoluer un peu plus sa musique...