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Chronique de Silence

Sonata Arctica  - Silence (Album)

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10

Le silence, c'est la politesse des cons



Ecliptica a été un album révélation pour ceux qui l'ont connu à sa sortie. Très proche, certainement trop proche de Stratovarius, les jeunes Finlandais nous faisaient une crise d'adolescente réjouissante à défaut d'être passionnante. Successor était un EP pas franchement intéressant en comparaison et déjà on pouvait se poser des questions sur les capacités du groupe à se renouveler. Silence, leur deuxième véritable album, arrive donc à point nommé pour que l'on commence à se faire une vision plus concrète de Sonata Arctica, et à comprendre si Ecliptica était un heureux hasard ou un succès pleinement mérité.

Force est de constater que la pochette ne fait pas envie. Conceptuelle, elle l'est assurément. Moche, très certainement. Et mine de rien, elle est très révélatrice de son contenu, cette opposition entre le jour et la nuit, le printemps et l'hiver, le feu et la gl... euh la neige. Au début, on n'y prête pas attention, trop content de la cacher pour écouter l'album en toute tranquillité. Avant cela, un rapide coup d'oeil dans le livret nous permet de comprendre que Tony Kakko a décidé de laisser le clavier à Mikko Harkin pour se consacrer totalement au chant.

De ce point de vue, le choix est judicieux. Il y a plus de maîtrise vocale sur ce Silence qu'il n'y en avait sur Ecliptica. Le parallèle peut toujours être fait avec Timo Kotipelto de Stratovarius, mais il est difficile de passer outre cette référence chez Sonata Arctica. Elle est partout, puisque dans le fond, la musique n'a guère évolué d'un opus à l'autre. On retrouve ce phrasé typique du speed mélodique à la finlandaise avec ce mariage entre la guitare et le clavier, boosté par une double grosse caisse interminable. Hélas, la production ne rend pas hommage à la guitare, sauf durant des soli d'inspiration neo classique, ou stratovariussienne si vous préférez. Sur les couplets, la six-cordes est trop en retrait pour prendre sa place d'honneur, complètement noyée par le synthétiseur et pire, par un jeu de batterie sans saveur. Les plans sont répétés à l'infini, fonçant bille en tête sur les morceaux les plus rapides, sans aucune forme d'inspiration. C'est plat, désespérément plat. Encore une fois, la mauvaise influence de Stratovarius pourrait-on dire, quand Jörg Michael délivre un jeu bourrin et sans raffinement.

Le jour et la nuit... Une autre constante dans les morceaux, qui défilent, très inégaux. Tony Kakko a tout écrit et parfois, il se perd en chemin, à l'image de ce qui aurait du être le morceau de bravoure, ce The Power Of One final, alignant des plans dépourvus de logique, en définitive stériles à force d'expérimentation malchanceuse. Progressif ? Non, certainement pas ! Epique ? Oui, heureusement, c'est ce qui permet à ce morceau de ne pas sombrer totalement. Les ballades ne sont pas toutes à l'avantage de Sonata non plus. Gnangnan au possible, elles étalent leur platitude et les montées en puissance sont bien trop prévisibles pour éveiller l'attention. Malgré tout, The End Of This Chapter tire son épingle du jeu, de bien belle façon, en prenant des chemins de traverse bien pensés, agrémenté d'une prestation vocale de haute tenue. Les morceaux speed pourraient eux aussi apporter un semblant de consolation, mais là encore, tout n'est pas bon. Outre le défaut d'une guitare aux abonnés absents sur les couplets, le manque de renouvellement peut être évoqué : Weballargy est tout ce qu'il y a de plus prévisible quand on connait le premier album, Land Of The Free n'est là que pour remplir la galette... Puis il y a cette nouvelle version de San Sebastian, sautillante à souhait qui débarque, annoncée par un Black Sheep attendu mais efficace, sans oublier l'une des pièces maîtresse de cet album, l'indomptable Wolf & Raven. Cette dernière est l'accomplissement speed de Sonata Arctica, mélange entre la hargne et la mélodie, avec un Tony Kakko une fois de plus excellent derrière le micro, au débit vocal prodigieux et obsédant : il nous conduit là où il veut, avec une maestria imposante chez un si jeune chanteur.

Mi-figue, mi-raisin. Sonata Arctica obtint un grand succès avec ce disque, mais était-ce l'effet de mode ? Des années plus tard, Silence commencera à faire débat auprès des fans. Bouse sans nom ou disque génial ? Autant couper la poire en deux et exposer les deux parties : l'une succulente et fraîche, l'autre abominablement gâtée. En faisant un peu de tri, on obtient un album agréable et pas trop prise de tête, mais il ne peut faire de l'ombre à Ecliptica qui lui conservera toujours une certaine forme d'innocence.



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