Slania, encore un titre tenant en un seul nom,court et énigmatique, comme pour chacun des albums du combo suisse.C'est l'album d'avant le départ des jumeaux géniaux
Rafi et
Sevan Kirder, les deux brutes tatoués du groupe, et il ne reste plus qu'à attendre ce que
Kay Brem et
Päde Kistler nouvellement recrutés, peuvent donner.
L'album lui, reste globalement dans la recette Death mélo/métal celtique.Mais bon, pas que, un peu plus grand public, un peu moins hypnotique, un peu plus rentre dedans, un peu plus ciselé, et surtout plus équilibré par rapport à leurs débuts.
Tout commence calmement, avec un peu de gaulois, puis du gros son accompagné avec la flute.Efficace et mélodique, c'est solide et le batteur envoie.Une intro résumant parfaitement l'album: pas trop de délire là dessus, l'auditeur est plus pris aux viscères, et c'est confirmé avec
Primordial Breath: quelques choeurs et tout de suite un riff à la suédoise.Chrigel est à l'aise sur la voix, sans avoir l'ambition de révolutionner le chant autant qu'un
Keenan ou un
Patton, c'est pro et efficace, et le tin whistle apporte ce qu'il faut. La basse est précise et tonique à la fois et les choeurs fait par Siméon, Ivo et surtout Meri (qu'on entendra avec bonheur plus tard) apporte du relief.
Et la force continue tout au long de l'album, Inis Mona étant elle aussi jouissive, avec son thème traditionnel (Tri Martolod, si si vous connaissez, Manau et Alan Stivell, enfin là on est plus dans l'esprit de l'hommage d'Alan Stivell que la reprise plus facile des rappeurs bretons).Les "Heey aaah" et les "Haaarg" de Glanzmann foutent des frissons, les solos de flûte et de guitare sont également intéressants.
Alternant passage bien death mélo et plus acoustiques tout au long de l'album,
Eluveitie maîtrise son propos, et apporte même de petites surprises: des riffs plus originaux, plus décalés...Surtout sur Gray Sublime Archon, on perçoit les points forts et les points faible de ce Slania.La production met en valeur le violon, dommage qu'on entende pas plus le travail des Kirder, mais c'est sans doute certains passage très calqués sur la scène de Göteborg qui manquent d'originalité.
Heureusement, on trouve quelques instrumentaux accoustiques plus originaux, qui tranchent avec le reste par leur côté aérien, tandis que le reste du temps c'est plus tellurique.
La deuxième partie de l'album est assez équilibrée, avec des breaks très sympas (Bloodstained Ground, Calling the Rain).Slania's Song donne dans le très bon, avec le chant en gaulois de Meri Tadic la violoniste, et un côté heavy accoustique très bien réalisé. Glanzmann se lâche sur les refrains, ce double chant féminin clair/masculin death est du plus bel effet et transporte l'auditeur.
Le final, Elembivos, lui, est assez fantastique, avec des solos au violon et à la guitare et même quelques délires bruitistes très agréables.Les choeurs qui concluent le disque sont plein de ce qu'il faut de mélancolie, et apportent vraiment la patte qu'il faut.
Un album bien équilibré, et assez bien pensé. Le risque aurait été de se cantonner à des structures "death mélodique pur et dur puis ballade acoustique puis death mélodique" mais heureusement les compos "rentre dedans", bien que très proche par leur son de la scène suédoise, sont entre puissance et mélancolie avec un chant en gaulois très appréciable, et les instrumentaux transportent l'auditeur, tout simplement.Reste à voir maintenant ce que va être le prochain effort du combo helvétique, annoncé comme acoustique, que les membres sont en train d'enregistrer...