Six années. Telle est le laps de temps nécessaire à Throes of Dawn pour nous pondre leur cinquième album, The Great Fleet of Echoes. Si la durée de gestation semble effectivement longue, c'est avant tout parce que les finlandais ont pris soin de faire évoluer leurs sonorités, passant de ce fait d'un Black Metal lent à un Dark Metal Mélancolique plutôt bien réalisé.
Amis des
Porcupine Tree,
Tiamat et
Opeth, bienvenue dans la nouvelle ère de Throes of Dawn!
Comme indiqué précédemment, c'est une véritable métamorphose qu'ont opéré les finlandais. La musique proposée avec The Great Fleet of Echoes s'est en effet adoucie, le chant clair est devenu une composante à part entière dans les compositions. Pour faire simple et grossir le trait, Throes of Dawn mise dorénavant sur les atmosphères mélancoliques et écarte toute efficacité pour se concentrer sur cette nouvelle trouvaille.
Tout débute avec la paire "Entropy"-"Ignition of the Grey Sky". Un fin clavier pose les bases de la musique, des guitares aériennes virevoltent et laisse surgir un chant cristallin, torturé par sa tristesse. Ce second morceau sera d'ailleurs l'une des pièces majeures de cet opus. Ça et là, une lointaine influence Pink Floyd pointe le bout de son nez ("Chloroform"), alors que les parties agressives ne sont que très rares ("Velvet Chokehold").
Les claviers deviennent petit à petit l'instrument directeur de The Great Fleet of Echoes, avec une utilisation variée (nappes, mélodies...). Autre point marquant, les guitares acoustiques sont de sortie, apportant à "Slow Motion" une touche
Porcupine Tree assez bien mise en place.
La mélancolie, la solitude... The Great Fleet of Echoes déborde de ces sentiments ("We Have Ways to Hurt You", "Blue Dead Skies" ou encore le touchant "Lethe"...). Seulement voilà, une terrible monotonie se dégage de l'opus, grandement aidé par ce chant monocorde (pourtant réussi). L'auditeur aura du coup l'impression de se perdre dans les compositions, ne sachant plus vraiment où Throes of Dawn le mène. Si avec un
Opeth ou un
Anathema l'effet est garanti, il n'en est malheureusement pas le cas ici et l'homogénéité servie devient réellement lassante en fin d'album.
Surtout qu'en ce qui concerne la production, il est clair que les fameux Finnvox ont déjà été bien plus efficaces... Le chant paraît trop en avant, les guitares vraiment trop lointaines et la basse elle est quasi-inexistante! Seule la batterie s'en sort par ce son metallique à souhait...
Une déception de ce côté-là, surtout que la musique de Throes of Dawn aurait été captivante sans ces défauts-là...
Pour leur nouvel album, les finlandais ont carrément métamorphosé leur musique, ajoutant une bonne dose atmosphérico-mélancolique. Le résultat est forcément aérien, et même si sur certains titres la recette fonctionne ("We Have Ways to Hurt You", "Lethe" et "Ignition of the Grey Sky"), il est difficile de sortir totalement charmé par ce The Great Fleet of Echoes.
Souffrant d'un chant trop monotone, d'une production décevante et d'une fin d'album ennuyante, cet opus place Throes of Dawn dans les groupes intéressants mais sans plus, sans vraiment faire mouche à chaque écoute.
Une légère déception subsiste, espérons seulement qu'à l'avenir les finlandais sauront corriger leurs petits défauts...