C’est en 1995 que se forme
Thyrfing, fort de leur black pagan. Après avoir sorti 4 albums phénoménales chez
Hammerheart Records, c’est en 2005 que le groupe nous revient avec «Farsotsider plus remonté que jamais. Notons tout de même que le groupe change alors de label, confiant son bébé à Regain Record. Toutefois, malgré ce changement inopiné,
Thyrfing nous balance Farsotsider à la figure et n’est pas là pour déconner.
L’artwork nous ouvre progressivement les portes du sanctuaire dans lequel officie dignement
Thyrfing depuis de nombreuses années : sombre et dérangeant. L’arbre mort trônant fièrement sur la pochette nous dévisage de son œil noir et mauvais, est-ce un signe de défi ? Parviendrez vous à suivre cet album jusqu’au bout, sans succomber aux nombreuses déferlantes émotionnelles vous attendant au tournant ?
Nous entrons dans l’univers combatif de
Thyrfing avec le titre « Far At Helvete », le mysticisme propre au groupe nous envahit dès les premières notes de Farsotsider. On sent qu’une très forte décharge émotionnelle va être de mise, autant se préparer psychologiquement à l’encaisser..
Les morceaux se complètent les uns aux autres de façon harmonieuse. Encore une ruse des Vikings afin de nous retourner dignement les tripes.
Les membres du groupe semblent former une osmose parfaite. La guitare, menée ferment par Henrik Svegsjö entame un duel sordide, toutes épées dehors, avec la basse officiant dignement et fidèlement sous les doigts de Kimmy Sjölund. Les deux majestueux manches à cordes s’affrontent dans un combat à coups de riffs lourds et percutants. Peter Löf, derrière les fûts, nous sert toute une tripotée de rythmes tendant à rendre les morceaux encore plus forts et prenants, mêlant double pédale et rythmes plus lents. Toutefois, le clavier, quant à lui mené par Peter Löf, ajoute aux morceaux des touches symphoniques extrêmement bien placées, donnant ces éléments épiques que l’on affectionne tant au pagan. La bataille est lancée, les armées s’affrontent dans éternel respect des guerriers. Le champs de bataille nous ouvre dignement les bras, mais nous sommes toujours debout, malgré les attaques répétées de
Thyrfing, bien décidé à nous faire succomber à l’écoute de Farsotsider.
La technique est réellement présente au sein de l'album. En effet, on sent que les morceaux sont vraiment organisés. Chaque instrument possède une place qui lui est propre, le tout s’enchainant dans une harmonie et une synchronisation monstre. Sans avoir recours à la double pédale à tout va, nous faisant saigner les oreilles à trop forte dose. Chaque élément des morceaux s’enchainant naturellement, on n’a alors pas le temps de se reposer sur nos lauriers,
Thyrfing cherche à nous retourner les tripes, à tirer quelque chose de notre propre ressenti. Les Vikings ne sont pas près de nous laisser en paix, sachez le. Cette créature écrasante nous murmure de douces paroles à l’oreille engendrant notre inévitable tourment.
Les morceaux font preuve d’une diversité qui nous permet alors de ne pas piétiner sur place. Par exemple, le morceau « Farsotsider » qui n’a strictement rien à voir avec « Elddagjämming », de par leurs différences ces deux morceaux apportent une grande variété à l’album, ne serait ce que par leur disparité de rythme. De plus la puissance de ces deux morceaux n’est pas exploitée de la même manière, autrement dit
Thyrfing a su tirer profit de cette force qui le caractérise afin de nous offrir des morceaux tous basés sur la même puissance et énergie colossale.
Le mélange entre le black et le pagan est maîtrisé d’une main de maître. Le morceau « Tiden Läker Intet », les passages plus symphoniques se marient parfaitement avec le chant black que nous offre ici Thomas Väänänen. Le doux et entrainant passage de violon vient renforcer la puissance et la musicalité du morceau, nous offrant une fin d’album en beauté. Le repos après une bataille si durement menée à nous débattre dans ce tourbillon d’émotions fortes que nous a envoyé
Thyrfing avec Farsotsider ?
L’album est mené d’une main de forgeron du début à la fin, assenant à coups de marteaux des morceaux plus robustes les uns que les autres. De plus le juste milieu entre symphonique, pagan et black est parfaitement bien maîtrisé, ne nous assommant pas de claviers à tout va et de hurlements stridents et difformes. L’ennui n’a pas sa place dans Farsotsider, c’est chose faite. On comprend mieux pourquoi le groupe a laissé s'écouler 3 ans entre Vansinnesvisor et Farsotsider : les Vikings voulaient prendre leur temps afin de nous envoyer une tendre et terrible claque venue directement de Suède, c’est désormais chose faite et ce n’est pas pour nous déplaire !